Le Président du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, vient d’écrire au Commissaire européen à l’Agriculture pour lui proposer une rencontre avec les élus et les professionnels viticoles de la région, tous très inquiets devant les propositions de réforme de la Commission. Les mesures proposées dans le cadre de la réforme de l’OCM vin « risqueraient de remettre en cause le potentiel économique de notre région face au marché prometteur européen et mondial. De plus, l’abandon de la vigne, culture la plus adaptée aux terres agricoles et au climat méditerranéen, serait une véritable catastrophe écologique amplifiant les risques naturels (inondation et incendie, …). La vigne en Languedoc-Roussillon représente un pan essentiel de notre activité économique, une tradition, une culture profondément enracinée dans nos terroirs, nos paysages …». Monsieur Frêche n'a pas du lire les propositions du commissaire européen... Pas plus d'ailleurs que Monsieur Boesch, Président du vignoble Alsacien (vice Président de la CNAOC) qui a fait il y a peu les même remarques.

Que propose Madame Fischer Boel ?

- à moyen terme, de mettre fin à la régulation de la production (octroi de droits de plantation, primes d'arrachage, primes de distillation). Or, ce système très couteux est, selon moi, responsable de la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui.

  1. L'octroi de droits de plantation a écarté les viticulteurs de la notion de "choix d'entreprise". Pendant 30 ans, la question que chacun se posait était la suivante : "dois je prendre ma part des droits de plantation proposés par l'europe". Alors qu'elle aurait du être la suivante : "ai-je besoin de planter pour développer mon entreprise"
  2. L'octroi de primes d'arrachage a incité un certain nombre de région (notamment en Espagne et en Italie) à planter "sans droits" pour arracher "avec des primes"!
  3. L'octroi de primes de distillation, qui devait permettre de distiller les excédents et réguler les stocks, a inciter certains pays (notamment l'Espagne) à cultiver la prime, au lieu de cultiver la vigne...

- à court terme, de mettre le paquet sur la table afin de mettre notre production au niveau de la commercialisation en arrachant (pour la dernière fois), 10% du vignoble européen soit 400 000 ha. Mais n'oublions pas le corrolaire de cette proposition : la libéralisation des plantations en 2013.

- de simplifier l'offre. Vins d'AOC, d'AOCVDQS, d'IGP, vins de Pays, vins de table... le consommateur n'y comprend plus rien il faut simplifier. Pour simplifier il faut supprimer, regrouper, imaginer, faire tomber certaines frontières... C'est ce que propose Madame Fischer Boel en ne laissant subsister que 2 catégories : Vins de Qualité et Vins de Table !

- de libéraliser les pratiques oenologiques... "no comment", c'est une vieille revendication !

- d'aider à vendre les productions plutôt qu'à les détruire... Cela va poser un problème en France avec cette satanée loi Evin ! Mais dans le reste du monde la communication est possible. Encore faut-il que notre offre soit assez simple à présenter pour que la communication soit une aide à la vente, et non une aide à la compréhension de la complexité de l'offre française, qui dissuade le consommateur de consommer : "trop compliquer" !

- ...

En conclusion, il ne s'agit pas, comme le dit Georges Frêche, Monsieur Boesch, etc ... de supprimer la vigne ! Bien au contraire. Dans son rapport, Madame Fischer Boel constate que la filière viticole européenne est tout à la fois le premier employeur de l'europe ("1,5 millions d'équivalent temps plein" rien que dans la vigne sans compter l'amont et l'aval de la filière) et le premier exportateur viticole du monde (15 milliards d'euros) !

Mais Madame Fischer Boel constate que le systeme actuel a échoué.
Face à l'évolution de la consommation, elle propose de le faire évoluer en passant du collectivisme désuet, au social-libéralisme.

Certes, la proposition de Madame Fischer-Boel est une "petite révolution", mais la refuser en serait une autre !

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