L’annonce par France-Telecom de la fin de son programme haut débit dans la région (Journal Sud-Ouest du 9 Avril 2007) ne doit pas faire oublier les disparités territoriales qui subsistent. Il reste, en effet, sur tout le territoire rural de la Gironde, des zones géographiques, éloignées des répartiteurs téléphoniques, qui ne bénéficient pas du haut débit et sur lesquels des boîtiers multiplexeurs sont installés pour pallier la carence des câbles disponibles, qui empêchent toute possibilité d’accès à internet.

Faisant le constat d’une carence de desserte haut débit par l’ADSL, le Conseil Général de la Gironde a crée, fin 2006, une structure publique fédérant tous les partenaires en matière d’acheminement du haut débit dans le Département : le syndicat mixte Gironde Numérique. Notre groupe a soutenu cette initiative et le travail de Madame Keiser, à l’unanimité. Pour ma part, j’ai soutenu, dès mon élection en 2004, la création d’un réseau départemental haut débit en Gironde et la Communauté de Communes du Pays de Sauveterre a été la première en Gironde à adhérer à « Gironde Numérique ».

Aujourd’hui, Gironde Numérique doit franchir une nouvelle étape : le choix de délégataires de service public. Dès lors, la rédaction du cahier des charges et des procédures d’appel d’offre est déterminante. Celle-ci devra, me semble-t-il, se faire sur la base d’un objectif de couverture et non sur la recherche de performances. Cela permettra tout à la fois, de disposer de la technique la mieux appropriée à chaque cas posé, et d’exercer une saine concurrence entre les opérateurs. Cette consultation se devra d’être ouverte à toutes les technologies existantes ou à venir.

Dans l’article du Sud Ouest du 9 Avril 2007, la technologie Wimax est présentée comme étant la seule solution pour couvrir les zones blanches avec l’ADSL. Il est écrit : « Il va falloir déployer un réseau « Wimax » pour approcher un couverture à 100% ». Pourtant, d’autres technologies alternatives existent : qu’il s’agisse de technologies sans fil (Wifi), des courants porteurs en ligne (Internet circulant par réseau électrique), des solutions filaires amplifiées (cuivre, optique) ou encore des offres satellitaires… Parmi les innovations notables, il y a le développement du réseau hertzien existant (GSM)* qui, à ce jour, est loin d’être optimal en Gironde. Pourtant, le chef de projet « zones blanches » du Conseil Général de la Gironde a été nommé sur un autre projet…

Nous pensons que les choix économiques, règlementaires et technologiques devront absolument être guidés par des objectifs de couverture, d’équité et d’attractivité du territoire (couverture maximale, développement d’une offre haut débit compétitive, amélioration de la qualité des services offerts, réponse aux attentes très haut débit de certaines zones d’activités, émergence du nomadisme) pour répondre de manière optimale aux attentes de nos concitoyens.

Pour optimiser le déploiement des technologies haut débit, atteindre, dans les meilleurs délais, l’objectif d’un territoire 100% numérique et pour faire du « haut débit pour tous » une réalité, il nous semble qu’un d’appel d’offre « multi-technologies » doit être proposé. Pour cela, il doit être basé sur un cahier des charges « fonctionnel » et non sur un cahier technique avec un a priori de solution… D’autant qu’en ce domaine, les innovations sont plus rapides que les procédures administratives d’appel d’offre !

(*) Evolutions au niveau du téléphone cellulaire (GSM, GPRS, 3G+, EDGE, HTTPA) susceptibles d’être utilisées pour l’Internet dans le futur.