Comme quoi deux des piliers du statut de la fonction publique, à savoir le "devoir de réserve", et le "droit d'intégrité" ont vraiment du plomb dans l'aile !

En lisant le journal, je me suis souvenu d'une de mes premières expériences de Conseiller Général, lorsque j'avais vu à Nantes, sur le stand du Conseil Général de la Gironde, une fonctionnaire du Conseil Général - et non des moindre - chanter l'international, la main sur le coeur, au passage de Nicolas Sarkozy ! J'avais ressenti la même gène qu'en ouvrant le journal ce matin...

Je savais que Bruno Fourny était candidat, je ne pensais pas qu'il serait élu. Je faisais confiance au sens de l'intégrité des militants socialistes. J'en avais parlé à certain d'entre eux qui étaient contre cette candidature.

Que les cabinets des élus, intègrent des militants du parti majoritaire, c'est une chose que chacun peut comprendre... Que les attachés parlementaires soient impliqués dans la campagne de leurs élus est bien naturel... Mais que les fonctionnaires territoriaux dirigent les partis politiques dont sont issus leurs élus responsables est pour le moins inquiétant !

En effet, le principe de neutralité du service public interdit au fonctionnaire de faire de sa fonction l’instrument d’une propagande quelconque... Quelques soient les qualités de Bruno Fourny - et on me dit qu'elles sont grandes - comment voulez vous qu'il n'y ait pas d'interactions entre ses deux fonctions : l'une , DGS de la ville de Langon, qui se veut apolitique et au service de tous et l'autre Secrétaire de Section du PS, dont l'objectif est la propagande et le service des militants ?

Quant au devoir d'intégrité,si dans l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire est amené à se prononcer sur une affaire dans laquelle il peut avoir un intérêt personnel de nature à compromettre son indépendance, il doit en informer son supérieur hiérarchique. De quelle indépendance parle-t-on ici ? Qui le DGS devra-t-il informer ? Qui informera un fonctionnaire de Langon qui n'est pas au PS s'il était objet de pressions ?

Il est vrai que l’obligation de réserve est une construction jurisprudentielle complexe qui varie d’intensité en fonction de critères divers (place du fonctionnaire dans la hiérarchie, circonstances dans lesquelles il s’est exprimé, modalités et formes de cette expression). Les textes sont flous. Mais nous avons affaire ici à un DGS, qui exerce sur le territoire même où il devient secrétaire de section d'un parti !

Ce qui se passe en Gironde est de très mauvais augure. Jamais le PS n'oserait pareilles choses s'il se pensait en danger en Gironde... Ce qui se passe est caractèristique d'un parti qui a pris tous les pouvoirs et qui se permet l'intollérable.

Il est urgent de retrouver dans notre région les valeurs essentielles qui fondent l'action politique !