Où en est un pays qui est capable de siffler son propre ministre de la culture ? Où est passé l’humanité dans tout cela ? On peut être d’avis différent. Mais l’humanité c’est d’abord le respect de l’autre ?

Lorsqu’on reçoit quelqu’un, ne doit-on pas le respecter et le faire respecter. Ce n’est pas toujours facile, mais n’est-ce pas de notre responsabilité collective de le faire ?

Il y a quelques mois, j’ai été meurtri d’apprendre que le petit prince du raï, le chanteur Faudel, avait été brocardé par une partie de son public, et par des organisateurs de concert, parce qu’il avait soutenu Nicolas Sarkozy aux dernières présidentielles. Des dates de concert ont été annulées, et Faudel a amorcé une dépression.

Il ya quelques jours, je lis dans une interview, que l’acteur Christian Clavier est souvent raillé dans son milieu professionnel, car il affiche son amitié personnelle avec le Président de la République…

Yannick Noah n’avait-il pas promis que si Nicolas Sarkozy était élu, il quitterait le pays… Promesse qu’heureusement il n’a pas tenue.

Mais qu’est ce donc que ce pays ? Qu’est ce donc que ce délit d’opinion, cette pression que l’on fait porter aux Ministres, aux artistes, aux gens de culture ? Faut-il être « de gauche » pour être artiste ? N’a-t-on pas le droit de s’intéressé à la culture si l’on vote à droite ?

Et moi, élu « de droite », ai-je imaginé un jour de boycotter les films d’Emmanuelle Béart. Ai-je jamais jeté à la poubelle les disques de Renaud, de Cali, de Yannick Noah, de Carla Bruni (avant Sarkozy) ? Ai-je cessé d’apprécier les saillies de l’acteur Pierre Arditi ? Refuserai-je de lire un livre de Sylviane Agazinski ?

Comment parler culture avec autant d’a priori ? Qu’est ce que la culture, si avant même d’en débattre on la réduit ? Où sont les humanistes aujourd’hui ?

Lire la dépêche AFP sur cet incident