Maire d'Epinal il a su en transformer les images. Ministre de talent, Président inoubliable de l'assemblée nationale, Président charismatique de la cour des comptes, ce rebel du gaullisme n'était pas un homme de salon, ni un homme de réseau... C'était un Gaulliste "pur sucre", dans ses choix, dans ses coups de gueule, dans ses prises de position, comme dans ses renoncements et ses claquages de portes ! C'était "qui m'aime me suive" ! Nous étions nombreux à l'aimer. Philippe Seguin était l'un des plus populaires des dirigeants du RPR. Il parlait au coeur des gens.

Je me retrouvais dans sa démarche, le plus souvent rejetée par la classe politique, faite de rigueur, de conviction et de fidélité. Nous avons été un certain nombre a souhaité que Philippe Seguin occupe en 1995 les fonctions de Premier Ministre. Sa fidélité à Jacques Chirac pendant cette campagne là, avait été exemplaire. Mais Jacques Chirac, s'il l'admirait, ne lui faisait pas confiance... Le "canard dans la couvée de poussins" a eu souvent raison, trop tôt, ou trop tard. Mais en 1995, il avait eu raison, tout simplement. Comme il avait eu raison en 1981, comme Jacques Chirac, de soutenir l'abolition de la peine de mort.

Philippe Seguin avait un caractère bien trempé. Il avait un charisme remarquable, il avait une voix profonde, comme sa pensée. Autour de lui ont émmergé un certain nombre d'élus et de leader, d'autres ont disparus. On se souvient du mouvement des rénovateurs initié par lui -pour lui ?- en juin 1989. C'est dans son sillage que c'est élevé une personnalité discrète et pourtant si importante de la France d'aujourd'hui : François Fillon.

A lire de Philippe Seguin :
- Itinéraire dans la France d'en bas, d'en haut et d'ailleurs
- Napoléon III

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En juin 1989, le mouvement des rénovateurs (RPR-UDF).

Hommage de François Fillon à Philippe Seguin, ce matin.