En effet, depuis 1 siècle :

  • les cépages couramment cultivés ont changés : par exemple, le merlot a remplacé le cabernet sauvignon dans de nombreux vignobles bordelais… Or le merlot est un cépage précoce, tandis que le cabernet sauvignon est un cépage tardif. Leur date de récolte est espacée de quasiment 2 semaines.
  • le « porte greffe » apparu après le phylloxéra a un impact sur la physiologie de la vigne, notamment dans la perception qu’à la plante des stress auxquels elle est soumise, son rapport au sol et sur la date de récolte,
  • les styles de vin produits ont changé et les dates de récoltes choisies par les viticulteurs pour obtenir les produits ne sont plus les mêmes : l’évolution du taux de sucre, la courbe de maturité phénolique ne sont plus les seules courbes de maturité observée.
  • les pratiques agricoles ont changé, notamment l’outillage de récolte, ce qui a un impact certain sur la façon d’organiser le processus des vendanges.

Et puis notons, que dans les équations qui régissent la photosynthèse, le taux de CO2 dans l’atmosphère a au moins autant d’importance que l’ensoleillement ou la température qu’il fait.

En conclusion, si l’observation historique des dates de récolte est un indicateur intéressant pour donner une idée de l’évolution du climat, il ne saurait devenir la preuve recherchée du réchauffement climatique…

Notons qu’en utilisant ce type d’observations, les reconstitutions montrent que la Bourgogne a connu entre 1370 et 1850 (période communément appelée Petit Age Glaciaire) plusieurs périodes aussi chaudes que dans les années 1990 ! Par contre, ce modèle montre que l'année 2003 apparaît comme une anomalie, de loin l'année la plus chaude qu'ait connue la Bourgogne, devant l’année 1523, une autre anomalie !

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