Or, personne n’est bien sûr de la façon dont se sont déroulés les scrutins un peu partout dans le Pays. Ceux qui ont déjà vu des missions de surveillance de l’ONU, savent que les contrôleurs passent plus de temps dans leur hôtel, que dans la brousse.

Et puis, avons-nous ce droit d’ingérence dans la politique intérieur d’un Pays ? Ce signe de la communauté internationale n’est-il pas, à lui seul, un danger pour le Côte d’Ivoire, et pour l’Afrique ?

Le fait que la 1ère décision d’Alassane Ouattara est de maintenir le 1er Ministre de Laurent Gbagbo en place peut être pris comme un signe, une volonté, de réconciliation nationale, il peut aussi être pris comme une façon d’acheter un scrutin truqué dans les provinces du Nord du Pays et le souhait de se maintenir à tout prix, me souhait d’être, plus que le souhait d’agir.

Comment démêler le vrai du faux ? Comment faire confiance à Alassane Ouattara ? Comment faire confiance à Laurent Gbagbo ? Et ces questions doivent-elle-même être posées ?

Dans certains pays, ne confond-t-on pas la démocratie et le suffrage universel, la poule et l’œuf, l’objectif et le moyen ? L’élection du Président de la République au suffrage universel, est-elle possible partout ? Est-elle souhaitable ?

Comment, et c’est la question principale, faire appliquer le « droit des peuples à disposer d’eux même », et comment désigner des représentants -une représentation- du peuple dignes de faire appliquer ce droit, au nom du peuple, avec des méthodes et des procédures d’élection adaptée à la culture de chaque Pays ? C'est-à-dire respectueuse des usages et des coutumes, et surtout, garantes de la stabilité et de la confiance entre un peuple et ses représentants -sa représentation-…

Dans ce domaine, il me semble que l’innovation est possible, notamment en Afrique, en se libérant des codes du droit Français, qui est souvent de droit en Afrique Francophone mais rarement d’usage, et en réécrivant une constitution culturellement plus proche des usages, de l'histoire et du droit coutumier Africain.

Quant à nous, Européens d'Europe et des Etats-Unis, il convient que nous cessions de nous méler de tout, de regarder le monde avec toujours les mêmes lunettes, celles que nous ont procuré notre histoire, mais qui nous rendent tantôt myopes, tantôt astigmates, parfois daltoniens, lorsque l'on regarde l'histoire des autres !