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(photos Gustave d'Amécourt)

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Nous sommes réunis aujourd'hui pour commémorer tous ceux, femmes et hommes qui sont morts pour que la France recouvre sa liberté. Pour nous souvenir de tous ceux qui n’ont pas accepté le projet d’Adolphe Hitler, des Nazies, et plus largement des forces de l’axe. Tous ceux qui n’ont pas accepté que dans une période de crise grave, on choisisse de faire porter la responsabilité des malheurs d’un pays, d’un continent, les malheurs du monde à un peuple, à une culture, à un culte, à une religion.

Chers amis, la méthode dites du « bouc émissaire » consiste, quand quelque chose ne va pas, dans une période de crise, à choisir un coupable, à le charger de tous les péchés, de tous les malheurs, des raisons même de la crise, à le convaincre qu’il est coupable, puis à s’unir contre lui pour expier les péchés, tenter d’expier la crise, en laissant croire au peuple qu’en s’unissant uniformément contre lui, on va retrouver la paix, la quiétude et un monde meilleur.

Tout cela est un leurre, la paix est éphémère et la crise nouvelle, qui touche l’homme dans son cœur, ne résout rien. Elle l’accable au contraire.

Faisons bien attention, dans la période que nous vivons, à cette pièce que l’on souhaite nous rejouer. Celle du "bouc émissaire". Faisons attention à tous ceux qui nous présenteraient sur un plateau, le responsable de tous nos maux.

N’ayons pas peur de l’autre. Bien au contraire, sachons l’accueillir, le comprendre, en faire un allier, et trouver ensemble, des solutions pour construire un monde meilleur. Prenons exemple sur ces hommes et sur ces femmes, ces soldats, ces civils venus de France ou d'outre mer, de Pologne, d'Arménie, de Hongrie, d'Espagne, d'Italie qui se sont organisés pour libérer la France, l’Europe, le Monde.

La guerre est la forme la plus brutale de la violence collective : plus il y a de morts, plus il est difficile de vivre avec ses blessures, plus grands sont les ravages, plus est désespérée la perspective de réconciliation. Mais la guerre montre que, si des circonstances extrêmes libèrent le côté le plus obscur de l’homme, elles libèrent aussi en lui ce qui il y a de meilleur. Cependant, la guerre mondiale ne se termine pas avec la capitulation de l'Allemagne nazie le 8 mai 1945... Elle se terminera réellement beaucoup plus tard.

Le Japon, allié à Hitler, poursuit un combat désespéré contre les Américains dans l'océan Pacifique. Le Japon capitulera le 2 septembre 1945, près de quatre mois après l'Allemagne.
Les pays de l’Europe de l’Est, passés sous le joug soviétique au lendemain de la 1ère guerre mondiale, enfermés derrière le « rideau de fer » ne retrouveront leur liberté qu’avec la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989.

Le mur « de la honte » a séparé physiquement en deux la ville de Berlin en pendant plus de vingt-huit ans, et constitue le symbole le plus marquant d'une Europe coupée en deux. Pendant que l’Europe de l’Est construisait des barrières pour empêcher la circulation des hommes et des femmes, à l’ouest dès le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, lance l'idée d'une Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA).

Il amorce ainsi le rapprochement franco-allemand et l'Union européenne, cinq ans seulement après la Seconde Guerre mondiale. En plaçant la sidérurgie allemande, la plus puissante d'Europe, sous une tutelle commune, le plan neutralise les préventions des autres Européens à son égard. Il permet aussi à la France à renoncer à ses ambitions sur la région frontalière de la Sarre.

Pour construire la paix Robert Schuman propose de mettre en commun les raisons de la guerre, les richesses situées sur les frontières !

La CECA commence son activité en 1951, avec l'Allemagne, la France, l'Italie et le Benelux. Le 10 août 1952, Jean Monnet prend la présidence de la Haute Autorité de la nouvelle institution, à Luxembourg.

En 1950 éclate la guerre de Corée, qui ravive la menace d'une invasion de l'Europe par les Soviétiques. Les six pays de la CECA envisagent alors une Communauté Européenne de Défense (CED) avec 40 divisions sous le même uniforme. Mais cette idée trouve de nombreux opposants car elle impliquerait de réarmer l'Allemagne. Il est trop tôt. L'Assemblée Nationale française ne votera jamais ce traité de défense commune.

Les partenaires de la CECA se concentre sur un marché commun et signent à Rome, le 25 mars 1957, le traité d'où est issue l'actuelle Union européenne. Une union européenne qui se pose à nouveau la question d’une communauté européenne de défense.

Tout ce processus est une leçon pour nous tous.

A l'heure où chacun se sent européen, nous avons un message à transmettre à ceux qui nous suivent : celui des valeurs de la république, de la démocratie, de l’attachement aux droits de l’homme, du sens du devoir. Le message que quelques mois après la guerre, la paix est possible pourvu qu’on la veuille ardemment !

  • Aujourd’hui nous commémorons le 8 mai 1945.
  • Demain, le 9 mai, nous fêterons l’Europe ! Cette grande idée de Robert Schuman, que la Communauté Européenne soit pour nous tous, l’occasion de vivre en paix dans une Europe élargie.
  • Après demain, le 10 mai, nous fêterons l’abolition de l’Esclavage en France.

Que ces 3 dates soient pour nous l’occasion de souhaiter que la paix règne dans le monde et que chacun de nous, chaque jour en soit l’acteur principal. La paix se construit d’abord avec son voisin.

Vive l’Europe, Vive la France !