Elle est géographiquement ou patriotiquement relative, et semble avoir une importance différente selon que le présumé innocent est en France ou à l’étranger. Ainsi Florence Cassez, dont on ne connait pas véritablement ni le dossier, ni les faits et gestes, est coupable et condamnée au Mexique, mais elle est, vue de France, plutôt innocente. La France qui ne commente pas les décisions de justice, en France, ne se gêne pas pour les commenter, ailleurs… Il en va de même de DSK, qui, vu de France est présumé innocent, mais tout de même « victime de la justice américaine ». Une justice Américaine, qui, vue de France, est coupable ! Coupable de bafouer la présomption d’innocence.

Elle est relative, par définition… Car si le présumé innocent est effectivement innocent, la présumée victime, elle, est de fait présumée coupable. Pourtant, il convient de la présumée, elle aussi, innocente. Ainsi, le bourreau présumé et la victime présumée devraient, tous les deux, être présumés innocents. Mais si tel était le cas, alors, c’est qu’il n’y a pas de crime. Et s’il n’y avait pas de crime, c’est que la présumé victime a menti, elle est donc coupable ! Quant au procureur, il serait coupable d’avoir présumé de la culpabilité du présumé bourreau, alors que la présumée victime était coupable, et coupable aussi d’avoir accablé un innocent, pourtant présumé.

Il n’est donc pas facile de reprocher des faits à un présumé innocent, en accablant la présumé victime, sans arriver à la conclusion, ce faisant, que la victime est présumée coupable…