Lundi soir, nous recevions à la Mairie de Sauveterre-de-Guyenne le Président de l'UNITA (Union Nationale pour l'Indépendance Totale de l'Angola), Isaias SAMAKUVA. Une forte délégation l'accompagnait.

Cette délégation venait à Sauveterre dans le cadre d'un voyage d'étude sur l'organisation de la démocratie en Angola et la préparation des élections locales. L'UNITA a rencontré la semaine dernière les représentants de l'ONU, de la cour pénale internationale de La Haye, de la commission de Bruxelles, du Quai d'Orsay à Paris.

Le but de notre rencontre était de parler de l'organisation de la démocratie à l'échelle d'une commune. Pourquoi à Sauveterre ? Tout simplement parce qu'un habitant de notre commune, Fernando Goncalves-Ribeiro, a habité longtemps en Angola et est membre de l'UNITA. C'est lui qui avait fait la démarche auprès de nous.

Comment s'organise le scrutin, qui vote ? Comment est réalisée la liste électorale, par qui ? Comment les résultats sont-ils collectés au niveau du gouvernement ? Pourquoi et comment la télévision peut-elle annoncer les résultats alors que tous les bulletins ne sont pas dépouillés ? Comment est entretenu le registre d'Etat Civil ? Les questions de la délégation étaient nombreuses. Le débat fut riche d'enseignement pour eux, comme pour nous, Maires et Conseillers Municipaux présents. Nous leur remettions un certain nombre de documents.

Nous comprenions le travail qui a été fait par nos prédecesseurs au fil des siècles, pour établir des règles incontestables du suffrage universel, sur lesquelles la démocratie peut s'appuyer. Les membres présents de l'UNITA comprenaient, eux, combien il restait de chemin à parcourir, et de travail à réaliser, pour mettre en place le suffrage universel en Angola.

Je les mettais en garde quant à la fragilité du processus, s'il peut être contesté le jour des résultats. Je prenais comme exemple les récentes élections en Côte d'Ivoire et les élections au sein de l'UMP le 1er parti politique de France en novembre dernier. En effet, si l'organisation des élections est contestable, alors, le processus démocratique peut produire le contraire de ce pourquoi il a été créé.

Je précisais que le "suffrage universel" est un outil au service de la démocratie, mais que la démocratie ne saurait se limiter à l'exercice du suffrage universel.

Sans doute l'Angola, avant d'organiser des élections locales, doit-elle organiser sur les territoires, des état généraux, afin de mettre en place le matériel électoral qui permettra d'organiser des élections au suffrage universel : listes électorales validées par tous, bureau de vote, propagande... Les états généraux pourraient impliquer les représentants de la société reconnus par tous, par la coutume, par la société civile (associations et entreprises), par les partis politiques...

Nous avons conclu notre réunion en parlant de l'organisation de l'Etat en France : répartition des compétences entre les différents niveaux de collectivités, collecte de l'impôt auprès des citoyens, des entreprises, ... Comment est alimenté le budget d'une commune, d'un département, d'une région ? Qui est le représentant de l'Etat dans une commune ? Quelles sont les relations avec l'Etat ? Qui paye l'impôt, comment? C'est un autre volet de la démocratie auquel l'UNITA tient particulièrement : la fiscalité, mise en place auprès des citoyens, afin que chacun participe à la vie de la nation.

Nous nous quittions heureux de ces quelques heures passées ensemble, pour un échange très riche au service de la démocratie. Nous nous promettions de nous revoir bientôt ! Peut-être à l'occasion d'un voyage au Congo-Brazzaville, pays voisin de L'Angola.

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