Entouré de plus d'une vingtaine de conseillers généraux de droite et du centre, M. Sauvadet, président du conseil général de Côte d'Or qui est parti en guerre depuis plusieurs semaines contre ce redécoupage, a de nouveau dénoncé "un charcutage" au cours d'une conférence de presse à l'Assemblée.

"On est en train d'organiser une mise à mort des territoires ruraux", a-t-il lancé, disant même craindre "des réactions violentes". Il a dénoncé "les exemples nombreux de redécoupage sans règles" avec des "intercommunalités" et "des bassins de vie ignorés". A ce jour selon lui, 45 départements ont déjà fait l'objet du redécoupage.

La loi du 17 mai 2013 a réformé le mode de scrutin en prévoyant l'élection dans chaque canton d'un binôme, homme et femme et prévoit la division par deux du nombre de cantons. De son côté, Bruno Sido, président du conseil général de Haute-Marne, a critiqué l'absence de concertation: "Tout se passe dans le bureau de M. Colmou", conseiller politique de Manuel Valls. "Ce charcutage ne respecte rien sauf les intérêts du parti socialiste", a-t-il dénoncé.

Il a également mis en garde contre "une réduction des gendarmeries" et "des services publics" à l'avenir, qui seront calqués sur cette nouvelle carte. "Ce n'est qu'un début du désossage complet du milieu rural", a-t-il dit.

Ils ont ensuite décerné le prix des "ciseaux d'or du tripatouillage électoral" aux départements les plus malmenés selon eux: Loire-Atlantique (catégorie "ciseaux métropolitains"), Deux-Sèvres ("ciseaux ruralicide"), Ariège ("ciseaux droiticide"), Haute-Saône ("ciseaux fous et puzzle territorial"). M. Sauvadet a promis "un livre noir" du redécoupage pour le mois de janvier. Lundi, le président (UMP) du conseil général du Bas-Rhin, Guy-Dominique Kennel, avait annoncé que les 41 départements dirigés par la droite allaient contester devant le Conseil d'Etat le redécoupage en cours. Il n'avait alors pas caché que l'idée était d'empêcher le gouvernement de "sortir le décret définitif dans les temps, en mars prochain", c'est-à-dire un an avant la date prévue du prochain scrutin cantonal.

Le département de la Gironde a reçu une "mention spéciale du jury" pour la création du canton de Pineuilh : 90 communes (soit un 6ème des communes du département) et 44000 habitants.

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