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Mesdames, Messieurs, chers amis,

Avons de vous lire les quelques mots que j’ai écris à votre attention, permettez-moi de vous demander d’observer une minute de silence à la mémoire du soldat Français qui est mort ce matin au Mali pour défendre la liberté.

(…)

Nous avons commémoré ce matin l’armistice du 8 mai 1945, et comme chaque année nous l’avons fait dans les 4 communes qui constituent Sauveterre-de-Guyenne depuis 1965 : Le Puch, Saint-Léger de Vignague, Saint-Romain-de-Vignague, et la Bastide de Sauveterre. Devant chacun de ses monuments, la sonnerie aux morts a retenti, grâce au talent d’Anna Myers, que je remercie de sa présence parmi nous.

A Notre-Dame de Sauveterre nous nous sommes recueilli et nous avons prié pour les enfants de Sauveterre morts pour la France, et je remercie de Père Christophe Picault d’accepter, chaque année, de célébrer une messe à leur intention.

A coté du collège Robert Barrière, nous avons baptisé une rue « Rue du Souvenir Français » en l’honneur de l’association du Souvenir Français qui est à Sauveterre aujourd’hui et qui œuvre dans toute la France pour que soient entretenus les lieux de mémoire.

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Chacun sait combien la mémoire d’un peuple est fragile. Chacun sait aussi que la mémoire des peuples repose sur la mémoire des hommes.

Les commémorations telles que nous les effectuons chaque année, les dates inscrites dans les agendas, dans les calendriers, l’entretien des lieux où nos anciens ont choisi d’élevé des monuments, des stèles, d’apposer des plaques, de graver des noms, la lecture des programmes scolaires, des livres, l’écoute des histoires que l’on se raconte en famille, sont autant de moyens de se souvenir, de comprendre, d’apprendre, de transmettre… autant de moyens de ne pas oublier. Autant de moyen d’empêcher l’histoire de « repasser les plats » ou de « bégayer »…

Je remercie l’association du Souvenir Français qui nous fait l’honneur de sa présence aujourd’hui, son Président Guy Lenormand et la délégation qui l’accompagne, dont Françoise Guichard l’épouse du Général Guichard, qui chaque année nous accompagnait lors des commémorations ici à Sauveterre-de-Guyenne, et qui, avec l’association du Souvenir Français, avait œuvré avec la municipalité pour la rénovation de nos monuments aux morts.

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Je voudrais que cette année 2014 nous ayons une pensée toute particulière pour deux personnes qui se sont éteintes il y a quelques jours.

Michel Leclerc de Hautecloque, le fils du Maréchal, qui était venu à Sauveterre en 2004, il y a 10 ans, à l’occasion des commémorations des faits de résistance de 1944, ici, dans le canton de Sauveterre : près de l’abbaye de Blasimon, ou les maquisards ont été fusillés, sur la place de Blasimon où Roger Teillet a été pendu, à Mauriac, ou l’abbé Greciet a été immolé par le feu, à Saint Martin du Puy, ou des maquisards sont morts dans un combat contre les miliciens de Vichy, à Saint-Léger de Vignague, enfin, ou des résistants ont été surpris par les Allemands au moment ou ils prépareraient l’accueil d’un parachutage des alliés. La ferme de la famille Bry avait été incendiée.

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Et puis je souhaite que nous ayons une pensée pour Albert Escabasse, qui est parti cette semaine, que nous avons accompagné hier après-midi, vers sa dernière demeure. Albert Escabasse, ancien résistant, nous accompagnait chaque année sur les routes du canton pour faire le tour des stèles commémoratives de tous ces actes de barbarie. Albert Escabasse a été pendant de longues années Président de l’Association Cantonale des Anciens Combattants de la Résistance. C’était un pèlerin de la mémoire et du souvenir.

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Voilà mesdames, messieurs, pourquoi nous sommes réunis aujourd’hui, avec vous tous,

  • Les écoles et le collège ;
  • Les jeunes Sapeurs Pompiers ;
  • Les représentants de la Gendarmerie et des Pompiers ;
  • Les plus anciens d’entre nous, témoin directs ou indirects de cette barbarie ;
  • Les associations d’anciens combattants ;
  • L’association du Souvenir Français ;

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Notre commune a payé du sang de ses enfants, la victoire sur la barbarie des Nazis et des miliciens du gouvernement de Vichy. Non loin d’ici, au péril de leur vie, des familles Française ont accueilli des familles juives recherchées par l’ennemi. Ici des enfants sont morts, d’autres ont été sauvé.

Sauveterre était sur la ligne de démarcation qui en 1940, coupait la France en 2 : la France « libre » d’un coté –qui ne le restera pas-, la France occupée de l’autre.

L’année dernière, des collégiens de Sauveterre de Guyenne se sont rendus à Londres dans les lieux ou s’est reconstruit autour du Général de Gaulle, le France Libre, puis ils se sont rendus sur les plages du débarquement. Ils sont de nouveaux témoins de cette période.

Le 18 juin prochain nous accueilleront à Sauveterre 250 collégiens Belges qui font le tour de France en vélo. Nous commémorerons ensemble l’appel du Général de Gaulle, le 18 juin, sur les ondes de la BBC.

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Le 18 juin prochain, avec ces collégiens Belges, nous dévoilerons une plaque sur un immeuble de Sauveterre ou, au début de la seconde guerre mondiale, du 25 au 28 juin 1940, notre commune a accueilli le gouvernement belge en exil, d'Hubert Pierlot.

Le Conseil des Ministres s'y réunira à plusieurs reprises. A l'annonce de la présence des Allemands aux portes de la ville, il quittait Sauveterre-de-Guyenne pour Pellegrue, Limoges, Vichy. Puis certains, dont le 1er Ministre Hubert Pierlot, prirent la décision de rejoindre Londres, où ils reconstituèrent, au cœur de la bataille, un gouvernement qui plaça définitivement la Belgique dans le camp des vainqueurs.

Il est important que Sauveterre se souvienne de cette période, et que cette histoire soit gravée dans la pierre, avant que les vagues du temps n’efface tout cela de la mémoire des hommes. Les récits des faits sont autant de point d’ancrage de l’histoire dans la mémoire des hommes, ils sont l’assurance que le temps qui passe n’effacera pas l’histoire de la mémoire des peuples…

Et la mémoire des peuples permet le maintien de la paix !

Alors poursuivons le chemin que nous nous sommes assignés ensemble.

Commémorer souvent, raconter encore, pour se souvenir toujours.

Pardonner, mais se souvenir.

Pardonner et ne jamais laisser notre vigilance s’endormir, afin que plus jamais la bête immonde ne se réveille en Europe, et voir de nouvelles générations se lever avec le sourire.

Vive la République, Vive la France, Vive l’Europe !

(photo : Chloé d'Amécourt)