Accueil des 150 élèves du collège Saint-Remacle de Stavelot en Belgique qui, cette année, ont participé à nos commémorations.

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Accompagnés des cadets de Cadillac-Béguey (Fanfare et Majorettes) et des portes drapeaux, nous partons vers le monument au morts.

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Maire et adjoints portent l'écharpe de la République.

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Dépôt de gerbe avec deux collégiens de Stavelot en Belgique.

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Marie-José Lawther lit le message de Kader Arif, Ministre aux Anciens Combattants.

Les Cadets de Cadillac-Béguey jouent la Marsailleise, puis les collégiens de Stavelot, la main sur le cœur chante l'hymne du Royaume de Belgique (La Brabançonne) :

Ouvrons nos rangs à d'anciens frères,
De nous trop longtemps désunis;
Belges, Bataves, plus de guerres.
Les peuples libres sont amis.
À jamais resserrons ensemble
Les liens de fraternité
Et qu'un même en' nous rassemble :
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Noble Belgique, ô mère chérie,
À toi nos cœurs, à toi nos bras!
À toi notre sang, ô Patrie!
Nous le jurons tous tu vivras!
Tu vivras toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle:
Le Roi, la Loi, la Liberté!

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Pierre Tomada lit l'appel du 18 du Général de Gaulle.

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Major, Mon lieutenant, Mesdames, Messieurs, chers amis,

Nous nous retrouvons comme chaque année ici à Sauveterre-de-Guyenne pour commémorer le 18 juin 1940.

Habituellement, nous nous retrouvons sur la Place qui porte le nom « Général de Gaulle : appel du 18 juin » à Saint-Romain-de-Vignague.

Mais cette année nous avons saisi l’opportunité du passage à Sauveterre-de-Guyenne des collègiens du collège Saint-Remacle de STAVELOT, en Belgique, qui parcourt la France en vélo, pour les associer à cette commémoration.

Pourquoi me direz-vous ?

Et bien parce que Sauveterre-de-Guyenne en 1940 est entrée dans l’histoire de la Belgique.

En 1940, la Belgique s’est insérée, un bref instant, dans celle de Sauveterre-de-Guyenne…

En effet, comme le rappelait José GOTOVITCH, professeur à l’Université de Bruxelles, dans une publication de 1999 et prononcée à Sauveterre à l’occasion du Colloque de l’Entre-Deux-Mers : « du 25 au 28 juin 1940, le gouvernement Belge tint cinq séance au 1er étage d’un bar-tabac, autour d’un billard et relié au monde par un seul téléphone ».

Le 17 juin, un diplomate Français, Paul Bargeton, arrive à Sauveterre pour préparer l’arrivée du gouvernement Belge. Le même jour, le Maréchal Pétain demande l’armistice à l’Allemagne et déclare sur les ondes : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui, qu’il faut cesser le combat ».

Le 18 juin le gouvernement Belge est à Bordeaux, où un navire Belge est ancré qui lui offre un morceau de « territoire national ». Le Général de Gaulle, arrivé à Londres appel à poursuivre la lutte : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la Résistance ne doit pas s’éteindre, et ne s’éteindra pas »

Les 23 et 24 juin, le gouvernement Belge tient encore deux séances à Bordeaux. Marcel-Henri Jaspar, Ministre de la Santé Publique et Responsable des Réfugiés est exclu du gouvernement. Il s’est embarqué pour Londres.

Le 25 juin, le gouvernement d’Hubert Pierlot et ses plus proches collaborateurs arrivent sur la place de Sauveterre. Il y confirme sa position : « s’occuper des réfugiés, attendre les réponses aux messages envoyés au gouvernement français et vers Bruxelles ».

Le 26 juin une séance d’un quart d’heure réunit neuf des 15 Ministres. Un seul point à l’ordre du jour : la rédaction d’un message à adresser au Roi.

Le 27 juin, les ministres consacrent 1 heure aux affaires. Le gouvernement met au point le message qu’il fera connaître sur les ondes. Les techniciens des radios belges se trouvent à proximité. C’est l’annonce de la fin, la reconnaissance de l’armistice, le retour vers la Belgique.

Le 28 juin, le gouvernement apprend que les Allemands sont aux portes de Sauveterre. Le Conseil refuse le contact avec les troupes d’occupation et décide de quitter la ville sur le champ vers Pellegrue, puis Vichy.

Le Ministre des Colonies parti pour le Congo est dévié vers Londres. Le 2 août le Ministre des Finances s’envole lui aussi pour Londres. A la fin du même mois, le 1er Ministre Hubert Pierlot et le Ministre des Affaires Etrangères quittaient Vichy pour un très long trajet.

Le 31 octobre, ils reconstituaient à Londres, au cœur de la bataille, un gouvernement de 4 excellences qui plaça définitivement le Belgique dans le camp des vainqueurs !

Le 17 juin 1940, le diplomate Français chargé d’accueillir le gouvernement Belge à Sauveterre, se posait la question : « Comment a-t-on pu désigner un pareil trou comme siège du gouvernement ? »

José GOTOVITCH apporte une réponse à cette question à la fin de sa publication.

Parlant des Ministres, il écrit : « Dans ce long cheminement, Sauveterre avait sans doute connu le plus profond de leur effondrement. Mais à ce moment de crise politique profonde, il est curieux de relever que ne correspond dans les mémoires qu’un souvenir lié à la chaleur de l’accueil reçu dans la ville et sa région. »

Ainsi donc, c’est à Sauveterre que le gouvernement Belge, grâce à l’accueil qui lui avait été réservé, a retrouvé un chemin à emprunter vers la victoire !

Cette parcelle d’histoire de Sauveterre, et de la Belgique, nous voulions qu’elle soit gravée dans les murs de notre bastide.

Le passage ce 18 juin 2014 de quelques 250 collégiens venu de Belgique était un signe que le moment était venu de le faire !

Il est important que Sauveterre se souvienne de cette période, et que cette histoire soit gravée dans la pierre, avant que les vagues du temps n’efface tout cela de la mémoire des hommes. En cette année du 70ème anniversaire du débarquement et des libérations qui s’en suivirent, les récits des faits sont autant de point d’ancrage de l’histoire dans la mémoire des hommes, ils sont une assurance que le temps qui passe n’effacera pas l’histoire de la mémoire des peuples…

Et la mémoire des peuples permet le maintien de la paix !

C’est dans cet esprit que le 4 juillet prochain, avec l’ANACR et son Président Guy Mercadier, qui est à côté de moi, nous parcourrons les lieux où se sont accomplis les faits de résistance, en 1944, ici, dans le canton de Sauveterre : près de l’abbaye de Blasimon, ou les maquisards ont été fusillés, sur la place de Blasimon où Roger Teillet a été pendu, à Mauriac, ou l’abbé Greciet a été immolé par le feu, à Saint Martin du Puy, ou des maquisards sont morts dans un combat contre les miliciens de Vichy, à Saint-Léger de Vignague, enfin, ou des résistants ont été surpris par les Allemands au moment ou ils prépareraient l’accueil d’un parachutage des alliés. La ferme de la famille Bry avait été incendiée.

C’est dans cet esprit que je proposerai, vendredi prochain, au Conseil Municipal de Sauveterre, qu’une rue de notre commune porte le nom du « 27 mai - Journée Nationale de la Résistance » puisque depuis 2013, cette date a été choisie à l’unanimité par l’assemblée nationale, en souvenir du 27 mai 1943, date de la première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR) dirigé par Jean Moulin.

Alors poursuivons le chemin que nous nous sommes assignés ensemble.

Commémorer souvent, raconter encore, pour se souvenir toujours.

Pardonner, mais se souvenir.

Pardonner et ne jamais laisser notre vigilance s’endormir, afin que plus jamais la bête immonde ne se réveille en Europe, et voir chaque jour de nouvelles générations se lever avec le sourire.

Vive la Belgique, Vive la France, Vive l’Europe !

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Au moment du verre de l'amitié, les collégiens belges entament une farandole sous les arcades sur l'air des "Sardines" de Patrick Sébastien.

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