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A peine arrivée à Sauveterre, elle avait entrepris d’organisé au Café des Arcades, des « cafés Philo », ces cafés philo elle en organisa aussi à Créon, à Langon, à Bordeaux … Des moments joyeux où on échangeait sur le sens de vie, sur le sens des choses …

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Puis elle entreprit avec François-Xavier Lacroux et l’Association des Amis de la Bastide de nous faire connaître la musique baroque. Geneviève aimait la musique baroque, elle l’avait découverte en écoutant William Christie et les Arts Florissants…. Elle fut tellement fière de pouvoir accueillir à Sauveterre Michel Laplénie, l’un des disciples de William Christie et sa formation Sagittarius.

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Ce festival était pour Geneviève une façon de rendre hommage à la musique baroque… mais surtout de rendre hommage aux «baroqueux».

Ce mouvement qui refusant la musique telle qu’on la leur livrait : intouchable, classique, formatée, dite, écrite, a cherché l’essence même de cette musique, est retourné à la source pour mieux la comprendre, a nettoyé les interprétations, a recherché les instruments de musique originels, et, ce faisant, cheminant sur la route d’une plus grande compréhension de ce qu’ils interprétaient, derrière les commentaires et les discours des « sachant », ceux qui savent, et des « doutant », ceux qui doutent, ont retrouvé en grattant, en ponçant, en cherchant, la couleur originelle de cette musique, le sens de ses enchainements, l’odeur de ses rythmes. Et le plus important, ont retrouvé des points d’appui pour bâtir un nouvel espace de liberté…

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Prouvant à tous les septiques que la musique baroque n’était pas celle qu’ils croyaient, ils entrainèrent derrière eux des générations de philosophes, de musiciens, d’écrivains, de médecins, qui allaient revisiter leur art et revenir aux sources… pour construire de nouveaux espaces, suivre de nouveaux chemins. Parmi eux, Geneviève Raba.

Le mouvement de ceux qui, comme Geneviève, préfère la connaissance au savoir. Le cheminement au fait accompli. Les questions aux réponses.

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Comme pour les Café Philo, Geneviève souhaitait que ce festival fasse irruption dans la vie municipale et qu’il suscite l’intérêt du plus grand nombre. Chaque festival comprenait des « master classes » et des rendez-vous pour les enfants des écoles.

Connaître ou « naitre avec », c’était le moteur de Geneviève dans tout ce qu’elle entreprenait… pour donner un sens à sa vie, donner un sens à nos vies et donner un sens à sa mort, aussi. Elle avait préparé son départ depuis longtemps. Geneviève cachait ses souffrances sous un large sourire.

Elle avait choisi le lieu de sa dernière maison ici à coté de l'Eglise Saint Christophe de Puch. Le jour où nous avions régler cette question elle m’avait dit : « Désormais, tout peut m’arriver, car je sais où je vais reposer »

Quant à l'autre maison, là-haut, elle n’y croyait pas vraiment. Alors elle avait appris à l’imaginer, puis appris à l'espérer, alors, elle avait commencé à y croire un peu, à y croire finalement, à y croire simplement, à y croire tout bonnement.

Pendant ce cheminement, pour répondre à ses doutes, elle avait choisi de venir jouer de l’orgue, à Notre-Dame, tous les Dimanches, tout près de celui qui avait les réponses aux questions qu’elle se posait.

Elle avait choisi d'en faire le pari, comme Blaise Pascal avant elle.

Geneviève nous a tellement appris !

Que tous ses amis, et ils sont nombreux, sa famille, reçoivent ici l’expression de nos sincères condoléances.

A Sauveterre-de-Guyenne - Eglise Notre Dame, le 12 novembre 2014.