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Remise de la CROIX DU COMBATTANT au Caporal Sébastien Bonnet 8ème RPIMA qui a combattu en Afghanistan.

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Remise du drapeau de l'UNC section ENTRE-DEUX-MERS au porte-drapeau.

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Dépôt de gerbe avec le Président de l'UNC, le Général Martial, le Général Caille et Monsieur Rocher, adjoint au Maire de Langoiran.

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Lecture du message du secrétaire d'Etat aux anciens combattants par Pierre Tomada, adjoint au Maire.

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Un public nombreux s'était associé à ces commémorations. Merci !

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Recueillement.

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La Marseillaise.

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Remerciements aux porte-drapeaux et au récipiendaire.

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Dépôt de bouquets par les enfants...

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... sous le regard attendri des adultes !

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Mesdames, Messieurs, chers amis,

Permettez-moi de saluer le Général Caille, le Général Martial, le Président de l’UNC, Monsieur Rocher, adjoint au Maire de Langoiran pour leur présence. Permettez-moi de remercier les portes drapeaux, les élus, les Sapeurs Pompiers, les Jeunes Sapeurs Pompiers, le représentant de la Gendarmerie, Monsieur le Principal Adjoint, Monsieur le Directeur de l’Ecole Elémentaire, les représentants des Associations, vous tous , nombreux, présents aujourd’hui.

Avant de vous lire les quelques mots que j’ai écris à votre attention, permettez-moi de vous demander d’observer une minute de silence à la mémoire de deux femmes d’exception, deux témoins des atrocités qui eurent lieu ici sur le sol de notre commune durant la guerre 1939-1945, deux femmes qui nous ont quitté cette année.

  • Simone Bry, épouse Barbe ;
  • Marie-Louise Chevassier, épouse Ducos ;

(…)

  • Marie-Louise Ducos nous a quittés alors qu’elle venait d’avoir 100 ans. Commerçante à Sauveterre durant la dernière guerre, son mari était prisonnier, et son domicile avait été réquisitionné par l’Armée Allemande pour loger 3 Allemands ; Pendant l’absence des soldats, ou bien la nuit, elle tamponnait des laissez-passer pour le compte de la résistance. En 1940, lorsque la ligne de démarcation, coupant la France en deux, passait par Sauveterre, Marie-Louise aide des personnes à passer en zone libre. Elle transporte du courrier arrivant d’Angleterre dans ses vêtements, sous la selle de son vélo, dans les pneus ; Afin de pouvoir passer librement la ligne de démarcation son supérieur la nomme « inspecteur des succursales de la zone libre ».

Marie-Louise a donné beaucoup à notre commune par son dynamisme. Dans quelques jours nous fêterons les 50 ans de la fusion des 4 communes qui constituent Sauveterre aujourd’hui. Marie-Louise fut un ardent défenseur de cette fusion. Sa fille Mady est avec nous aujourd’hui.

  • Simone Barbe avait 17 ans lorsque dans la nuit du 10 au 11 juillet 1944, après que deux avions larguent 32 containers de 200 kilos chacun, le Maquis est attaqué par une colonne Allemande aidée de quelques policiers et de plusieurs membres du corps des volontaires français. Maxime Lafourcade, Elie Juzanx, Roger Mahieu sont fait prisonniers puis fusillés. Les Allemands brutalisent Auguste Bry, son épouse Marguerite et sa fille Simone, puis incendient leur ferme. Il y a quelques années elle a écrit un petit opuscule qui relate les évènements de Pénic. Ce petit livret « J’avais 17 ans » se termine ainsi : « Dans ma tête cela défile souvent et je n’oublierai jamais ».

Cher Amis,

Comme Simone Barbe et Marie-Louise Ducos, n’oublions jamais !

Nous commémorons le 8 mai 1945, et comme chaque année nous le faisons dans les 4 communes qui constituent Sauveterre-de-Guyenne depuis 1965 : Le Puch, Saint-Léger de Vignague, Saint-Romain-de-Vignague, et la Bastide de Sauveterre.

A Notre-Dame de Sauveterre nous nous sommes recueilli et nous avons prié pour les enfants de Sauveterre morts pour la France. Je remercie le Père Richard Gay, aumônier de la prison de Gradignan et le Père Christophe Picault d’avoir accepté, de célébrer une messe à leur intention.

Que l’on soit croyant ou pas, ce moment de recueillement partagé avec nos anciens, ce moment de communion avec leur histoire, est un moment privilégié de revitalisation de nos mémoires. Nous leur devons bien ça, et bien plus encore !

Les commémorations telles que nous les effectuons chaque année, les dates inscrites dans les agendas, dans les calendriers, l’entretien des lieux où nos anciens ont choisi d’élevé des monuments, des stèles, d’apposer des plaques, de graver des noms, la lecture des programmes scolaires, des livres, l’écoute des histoires que l’on se raconte en famille, sont autant de moyens de se souvenir, de comprendre, d’apprendre, de transmettre… autant de moyens de ne pas oublier.

Autant de moyen d’empêcher l’histoire de « repasser les plats » ou de « bégayer »…

Tout cela n’est anodin. Tout cela n’est pas un détail…

Voilà mesdames, messieurs, pourquoi nous sommes réunis aujourd’hui, avec vous tous, les enfants, les jeunes Sapeurs Pompiers, les représentants de la Gendarmerie et des Pompiers, les plus anciens d’entre nous, témoins directs ou indirects de cette barbarie, les associations d’anciens combattants …

Notre commune a payé du sang de ses enfants, la victoire sur la barbarie des Nazis et des miliciens du gouvernement de Vichy.

Non loin d’ici, au péril de leur vie, des familles Française ont accueilli des familles juives recherchées par l’ennemi. Ici des enfants sont morts, d’autres ont été sauvé. Des hommes et des femmes sont passés en faisant le bien. D’autres ont pactisé avec l’ennemi.

Tout à l’heure, pendant la cérémonie religieuse, les servants de messe s’appelaient Saïf et Youssif, deux enfants d’une famille Irakienne originaire de Mossoul réfugiée à Sauveterre-de-Guyenne depuis quelques jours.

Ils s’appellent Saïf et Youssif, leur prénom est à consonance Arabe. A cela, rien d’étonnant car leur langue maternelle est l’Arabe. Pourtant ils sont Chrétiens. Je formule cette remarque à l’intention de Robert Ménard, le Maire de Bézier. Méfions-nous des amalgames, des raccourcis, des statistiques trop rapides.

Le sort qu’ils ont subit avec leur famille à Mossoul ne me parait pas bien différent du sort qu’ont subi les enfants juifs pendants la seconde guerre mondiale, ici, en France. L’histoire de Simone Barbe et de Marie-Louise Ducos, les récits des faits sont autant de point d’ancrage de l’histoire dans la mémoire des hommes, ils sont l’assurance que le temps qui passe n’effacera pas l’histoire de la mémoire des peuples…

Et la mémoire des peuples permet le maintien de la paix !

Alors poursuivons le chemin que nous nous sommes assignés ensemble : Commémorer souvent, raconter encore, pour se souvenir toujours.

Pardonner, mais se souvenir.

Pardonner et ne jamais laisser notre vigilance s’endormir, afin que plus jamais la bête immonde ne se réveille en Europe, ou quelque part dans le monde, sous une forme ou sous une autre…

Pardonner et ne jamais laisser notre vigilance s’endormir, pour toujours voir de nouvelles générations se lever avec le sourire.

Vive la République, Vive la France, Vive l’Europe !

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(photo : Chloé d'Amécourt)