Rappelant que, « aujourd'hui, un local commercial sur dix est inoccupé », la ministre a jugé que la désertification des centres urbains « est inquiétante » et qu’il « n'est plus possible de continuer ». Ainsi, 1 million d'euros du Fisac (Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce) financera « dès que possible les stratégies de développement urbain, les nouveaux partenariats entre les acteurs publics et privés, et le développement du management de centre-ville », a déclaré Martine Pinville.

Reprenant une partie des recommandations du rapport de l’IGS et du CGEDD, elle préconise « d'intégrer le commerce de centre-ville au sein des stratégies d'urbanisme dans leur globalité », notamment dans les schémas de cohérence territoriale, les plans locaux d'urbanisme intercommunal et les schémas régionaux d'aménagement du territoire.

« C'est aux décideurs locaux d'aider chacun à trouver sa place », a estimé la secrétaire d’État, préconisant une concertation plus grande entre les structures publiques, les élus et les organisations de commerçants. Pour faciliter ce dialogue, elle propose la création d'un site internet dédié où les acteurs pourraient échanger et retrouver l'ensemble des contacts dont ils ont besoin.

Le taux de vacance commerciale - les locaux commerciaux ne trouvant pas preneur - ne cesse de s'accentuer depuis plusieurs années en France. Il a atteint en 2015, les 10,4 % sur l'ensemble du territoire contre 6,1 % en 2001, selon le rapport remis hier. Ce mouvement est particulièrement marqué dans les villes moyennes, avec un taux de vacance qui dépasse les 10 % dans 55 % d'entre elles. Mais ce phénomène de dévitalisation commerciale est aussi global, avec 87 % des centre-villes français qui ont vu leur taux de vacance commerciale augmenter entre 2001 et 2015.

Le cadre législatif et réglementaire en matière d'installation commerciale, qui a « permis l'installation massive de grandes surfaces commerciales » en périphérie des villes concurrençant directement les petits commerçants urbains, doit être « réétudié », selon Martine Pinville. « Nous devons trouver dans la cadre européen, ou s'il le faut en le faisant modifier, des leviers pour adapter notre réglementation de l'urbanisme commercial pour les villes moyennes », estime-t-elle.

La secrétaire d’État souhaite valoriser davantage les initiatives individuelles prises par certaines collectivités, comme la nomination de managers de centres-villes, chargés d'animer et de réallouer les locaux commerciaux de centre-ville.

Par ailleurs, elle prévoit de réunir fin novembre une commission de concertation du commerce, dont une thématique sera consacrée aux centre-villes. Des États généraux du développement des centres-villes devraient également avoir lieu début 2017.(Avec AFP)

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