La France dispose d’une des toutes premières ressources en chêne au monde, prisée depuis toujours. C’est une chance, un atout !

Aujourd’hui il est reproché aux producteurs de privilégier l’exportation de cette ressource plutôt que l’approvisionnement des scieries françaises. Ces dernières tirent la sonnette d’alarme et évoquent une pénurie de matière première. Il nous paraît donc important de clarifier certains points.
Les volumes de sciages feuillus en France ne cessent de baisser, depuis 15 ans il a connu une chute de 60 %. Est-ce imputable au manque de matière première ? Non. C’est le manque d’investissement, la capacité à innover dans les outils pour augmenter la création de valeur ajoutée et surtout une vieille tradition qui fondait le modèle économique des scieries autant sur le négoce du bois que sur la production de sciage. Ce qui n’est plus viable aujourd’hui du fait de la concurrence mondiale.

La demande chinoise est là et c’est un fait. Attention cependant à ne pas accentuer le phénomène et à bien se référer aux chiffres de la filière. Ce n’est pas 20 % de la récolte de chêne qui est exportée vers la Chine, comme annoncé par l’Union des Fabricants Européens de Parquet mais presque deux fois moins. Plus exactement 11 % (chiffre de 2016).

Faut-il s’en alarmer ? Non. La demande chinoise contribue localement à une consolidation des prix et des mises en vente accrues de bois. La récolte induite par ces exportations est alors valorisable pour l'entretien de la forêt et constitue une source supplémentaire de revenus utilisables pour reconstituer le patrimoine forestier.

Un atout supplémentaire pour la filière car aujourd’hui il n’existe plus d’aide incitative pour le reboisement.

Mesdames et messieurs les parlementaires, nous pouvons agir ensemble !

  • Avec vous nous pouvons agir pour promouvoir la contractualisation qui permettra d’augmenter la récolte de bois en adéquation avec les besoins de l’industrie. C’est pourquoi nous sommes solidaires et totalement engagés dans la campagne de communication de la filière avec France Bois Forêt : « Pour moi, c’est le bois » et vous encourageons à y participer à nos côtés.
  • Avec vous nous pouvons travailler à lever les freins et obstacles à la récolte. Pour cela nous faut agir ensemble sur l’acceptabilité des coupes, la prise en compte des bois dans les documents d’urbanisme, et la promotion des documents de gestion.
  • Avec vous nous devons rechercher des sources de financement simples et dédiés au renouvellement forestier pour les forêts pauvres, sinistrées où les revenus de la coupe ne payent pas la replantation, voir la prise en compte du travail pour son propre compte des forestiers qui agissent. Et il faut aussi que nous réussissions à ce que les dégâts de gibiers soient pris en compte car par endroit ils empêchent tout renouvellement.

Alors avançons ensemble pour créer de la valeur ajoutée sur nos territoires et développer tout le potentiel promis par notre filière forêt-bois, locale, durable et rentable !

Antoine d’Amécourt
Président de Fransylva