Il y a quelques mois Emmanuel Macron avait parlé à Quimper du Nationalisme comme d'une "lèpre" qui menace nos civilisations, alors, que, selon moi, la Nation est au cœur de notre civilisation !

Il a venté ensuite les mérites de l'ONU dont je rappelle qu'il s'agit de l'Organisation des "Nations" Unies ! Pour Organiser les Nations, encore faut-il qu'elles existent !

En opposant "patriotisme" et "nationalisme", le président, me semble-t-il se fourvoie ! "Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme. Le nationalisme en est la trahison." Cette phrase est sans doute bien balancée, mais au fond, elle ne veut rien dire !

Ainsi, selon le Président de la République, la France du début du siècle dernier, «porteuse de valeurs universelles» a été «exactement le contraire de l’égoïsme d’un peuple qui ne regarde que ses intérêts» … Je crois au contraire que la première guerre mondiale a été le résultats de décisions hasardeuses prises par des dirigeants européens très éloignés du peuple … Le résultat de cette "grande guerre" a été la fin des régimes qui en était à l'origine et le retour en force des peuples et des Nations !

Le propre de la Nation est de placer le "bien public", l'intérêt de la Nation, au dessus des intérêt particuliers, et même, de l'intérêt général. Ne diluons pas la Nation dans je ne sais quel concept fumeux, car, la Nation a des frontières dans laquelle chacun se reconnait. Elles sont physiques, morales, législatives, … La Nation, c'est du concret ! En France, par exemple, c'est un cadre qui permet à chacun de savoir où se situe sa liberté, comment se construit l'égalité, comment s'exercer la fraternité, en quoi consiste la laïcité.

3 jours avant la prise de la Bastille, le 11 juillet 1789, Lafayette présenta une motion à l'Assemblée Nationale qu'il avait préparé avec l'aide de Thomas Jefferson, ambassadeur des Etats-Unis et auteur de la Déclaration d’Indépendance américaine. En voici l'article 5 : "Le principe de toute souveraineté réside dans la nation.". Cette motion fait partie des textes fondamentaux qui ont servi de base à l'écriture de la déclaration des droits de l'homme et de citoyens.

Il est à noter que Lafayette a remplacé le droit divin par la Nation comme source de souveraineté. Il excluait ainsi de fait toutes théocraties comme candidat à la gouvernance de la France. C'était un avant-goût de la laïcité !

Chacun d'entre nous a besoin de la Nation pour exister car elle régit nos relations avec les autres. Le patriotisme n'est pas la négation de la Nation, c'est l'un de ses moteurs !

La Déclaration comporte un préambule et dix-sept articles, qui mêlent des dispositions concernant les droits de plusieurs catégories juridiques de personnes :

  • les « droits des hommes » (tous les hommes, français, étrangers, prisonniers, ennemis), qui reprennent des dispositions du droit des gens,
  • les « droits des citoyens » (sous-entendu les citoyens français), qui définissent les droits civiques, rappellent ou renforcent les libertés publiques,
  • les « droits de la Nation » (la Société) ; ils comportent la souveraineté, le droit de faire des lois, d'organiser la force publique, de voter les contributions, d'avoir une représentation, de demander des comptes à ses agents, de diviser les pouvoirs publics, et sont à proprement parler constituants, au sens où ils organisent les différents pouvoirs entre eux.

Faut-il rappeler que la Déclaration est un des trois textes visés par le préambule de la Constitution française du 4 octobre 1958. Sa valeur constitutionnelle est reconnue par le Conseil constitutionnel depuis 1971. Ses dispositions font donc partie du droit positif français, et se placent au plus haut niveau de la hiérarchie des normes en France.

Du latin natio (dérivé du verbe nasci «naître»), le terme national renvoie originellement à l'idée de «naissance, d'un ensemble d'individus nés dans un même lieu». La "nation", c'est le droit du sol !

En conspuant la Nation, Emmanuel Macron tourne le dos à notre histoire et à la constitution !

Comme je l'écrivais en juin dernier : "la nation n'est pas une maladie, c'est la voie de la guérison !"