Mesdames, Messieurs, chers amis,

Nous avons commémoré aujourd’hui la capitulation du 8 mai 1945.

A Puch, à Saint-Léger de Vignague, à Saint-Romain de Vignague, devant chacun de ses monuments, la sonnerie aux morts a retenti, grâce au clairon de l’UNC qui nous accompagne désormais à chacune de nos commémorations, je le remercie de sa présence parmi nous.

Devant chaque monument les drapeaux de la nation se sont inclinés grâce à la présence des porte-drapeaux des associations d’anciens combattants et des amis de la résistance. Je les remercie de leur présence parmi nous. Devant chaque monument l’hymne national a été chanté par les personnes qui ont suivi ces commémorations que je remercie de leur présence nombreuse aujourd’hui.

Nous avons rendu hommage au soldat inconnu, celui dont la sépulture se trouve dans le cimetière de Saint Léger de Vignague. Nous avons déposé des fleurs sur sa tombe puis nous avons fredonné le chant des partisans, le chant de la libération, surnommé « la Marseillaise de la Résistance » écrit en 1943 par Joseph Kessel et Maurice Druon, sur une musique d’Anna Marly.

Nous avons fait chacun les mêmes gestes, aujourd’hui, dans toute la France.

A Notre-Dame de Sauveterre nous nous sommes recueillis et nous avons prié pour les enfants de Sauveterre morts pour la France, et je remercie Monsieur le Curé d’avoir accepté de célébrer une messe à leur intention.

Les commémorations telles que nous les effectuons chaque année, les dates inscrites dans les agendas, dans les calendriers, l’entretien des lieux où nos anciens ont choisi d’élevé des monuments, des stèles, d’apposer des plaques, de graver des noms, la lecture des programmes scolaires, des livres, l’écoute des histoires que l’on se raconte en famille, sont autant de moyens de se souvenir, de comprendre, d’apprendre, de transmettre… autant de moyens de ne pas oublier.

La mémoire sous toutes ses formes est le 1er opposant des dictateurs ! Mais la mémoire est fragile. Chacun de nous peut donc s’opposer aux dictatures, aux extrémismes, en entretenant la mémoire, les mémoires, comme on entretien un jardin, avec passion.

C’est là notre devoir, notre devoir de mémoire. Le Général de Gaulle disait à la libération :
« Il n'y a de réussite qu'à partir de la vérité. » notre devoir de mémoire est justement de dire la vérité et de la transmettre.

  • Souvenons-nous que Sauveterre était sur la ligne de démarcation qui en 1940, coupait la France en 2.
  • Souvenons-nous du passage à Sauveterre du gouvernement Belge en exil et du 1er Ministre Hubert Pierlot.
  • Souvenons-nous de 1944, ici, dans le canton de Sauveterre : près de l’abbaye de Blasimon, ou les maquisards ont été fusillés, sur la place de Blasimon où Roger Teillet a été pendu, à Mauriac, ou l’abbé Greciet a été immolé par le feu, à Saint Martin du Puy, ou des maquisards sont morts dans un combat contre les miliciens de Vichy, à Saint-Léger de Vignague, enfin, ou des résistants ont été surpris par les Allemands au moment ou ils prépareraient l’accueil d’un parachutage des alliés. La ferme de la famille Bry avait été incendiée.

Les témoins de ces atrocités disparaissent chaque année … Guy Mercadier, Simone Barbe, Marie-Louis Ducos, Madame Meyran ... Nous avons eu la chance de les connaître, d’en parler avec eux, de lire leurs lettres et leurs écrits. C’est inestimable. Notre mission est de transmettre tous leurs témoignages au plus grand nombre.

Je vous raconte cela car, nous, il nous faut poursuivre leur œuvre, l’œuvre des anciens résistants, des anciens combattants, celle des amis de la résistance, des déportés, des compagnons de la Libération.

La flamme du souvenir, est comme la flamme olympique, elle doit se transmettre pour ne jamais s’éteindre. Dans ce processus, les associations d’anciens combattants ont une mission particulière.

Merci à l’UNC de l’Entre-deux-Mers qui participe, avec nous, à l’organisation de ces commémorations.

Merci à la FNACA de sa présence en cette fin d’après-midi, pour la gerbe qu’elle a déposé au monument au mort de Sauveterre.

Merci à l’ANACR de sa présence à chacune de nos commémorations.

Merci aux nombreux porte-drapeaux, qui chaque année, honorent de leur présence les enfants de Sauveterre mort pour la France.

A vous tous, aux soldats de la France, d’hier et d’aujourd’hui, je voudrais lire cette citation d’Antoine de Saint-Exupéry dans « Terre des Hommes » (1939) :

« Le soldat n’est pas un homme de violence. Il porte les armes et risque sa vie pour des fautes qui ne sont pas les siennes. Son mérite est d’aller sans faillir au bout de sa parole tout en sachant qu’il est voué à l’oubli. »

Nous civils, faisons en sorte qu’on ne les oublie pas !

Et à l’avant-veille des élections européennes, à la veille de l’anniversaire de l’Europe, n’oublions pas combien la construction de l’Europe a participé à la construction de la paix !

Le 9 mai 1950, en effet, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français, dans le Salon de l'Horloge du Quai d'Orsay, à Paris, inspiré par Jean Monnet, premier commissaire au Plan, proposait la création d'une organisation européenne chargée de mettre en commun les productions françaises et allemandes de charbon et d'acier.

Cela peut paraître anodin aujourd’hui… Mais ces richesses nationales, depuis des décennies étaient à l’origine de la guerre.

Cette idée simple fut suivie d’effet et ce fut le 1er pas vers la paix. Une paix, qui depuis, n’a cessé de se construire et de grandir. Notre mission est de la conserver !

Vive l’Europe, Vive la République, Vive la France !

Yves d’Amécourt