Madame,
Monsieur,
Chers amis,

Je vous demande d’excuser Yves d’Amécourt, le Maire de Sauveterre, qui, vous le savez, aurait aimé être avec vous aujourd’hui puisque vous avez organisé cette cérémonie avec lui et les services municipaux.

Yves est actuellement à SOTTRUM, en Allemagne, avec une délégation d’élus de la communauté des communes pour l’anniversaire des 50 ans de la Communauté des Communes de SOTTRUM qui est jumelée avec la notre.

Il m’a demandé de représenter la commune pour cette cérémonie d’aujourd’hui.

Chers amis,
Chers anciens combattants,
Cette cérémonie est à la fois un aboutissement et un commencement !

  • Un aboutissement car, aujourd’hui, nous concrétisons une demande légitime et ancienne. La carte 62-64 était une attente ancienne - très ancienne - relayée par l’ensemble des associations du monde combattant et par de nombreux parlementaires. Nous savons tous, ici, combien le Général Guichard a œuvré pour cela. Permettez moi de remercier son épouse Françoise pour sa présence parmi nous.
  • Un commencement car vous êtes parmi les premiers, aujourd’hui, et depuis le mois d’avril dernier, parmi plusieurs milliers de frères d’armes, à recevoir la carte du combattant dite 62-64.

Il n’y a qu’une catégorie d’anciens combattants, celle que la République reconnaît, celle que la Nation honore.

Il y a 20 ans, la République reconnaissait officiellement le caractère de guerre aux « événements » d’Algérie.

Depuis, de nombreuses étapes ont jalonné la reconnaissance des anciens combattants d’Algérie.

Aujourd’hui, nous franchissons une nouvelle étape, et nous redonnons à tous ces combattants la place qui est la leur dans l’histoire. Parce qu’il n’y a rien de pire que l’indifférence et l’oubli.

Chers récipiendaires, nous sommes heureux de vous accueillir à Sauveterre-de-Guyenne aujourd’hui !

Après le cessez-le-feu du 19 mars 1962, les combats ont perduré en Afrique du Nord.

  • Le nombre de morts ou de disparus français après cette date se monte à plusieurs dizaines.
  • L’interdiction a été faite aux autorités militaires de ramener en France les harkis et leur famille, avec les conséquences que l’on sait.
  • Les dispositions administratives prises par la France, au titre de l’Algérie, s’échelonnèrent jusqu’au 1er juillet 1964.

La mémoire de cette guerre demeure vivace dans les mémoires et dans le cœur de ceux qui l’ont vécue.

Aujourd’hui, la Nation française se souvient enfin des forces françaises déployées dans l’Algérie indépendante de juillet 1962 à juillet 1964, conformément aux accords d’Evian.

Aujourd’hui, la République se souvient enfin des jeunes hommes qui sont « morts pour la France » dans cette période. Leurs noms figurent aux côtés de milliers d’autres sur le monument du Quai Branly.

Entre 1962 et 1964, plusieurs milliers de jeunes hommes ont fait leur devoir sous le drapeau français. Ils ont pris des risques, ils ont porté les armes, ils ont porté l’uniforme à Tizi Ouzou, Arzew, Oran, Zeralda et à Alger.

Jusqu’à présent, vous n’étiez pas considérés comme des combattants comme les autres.

Aujourd’hui, La République met un terme à cette injustice !
Je suis heureuse et fière de participer à cet évènement à vos cotés !

Ensemble, transmettons le souvenir de la guerre d’Algérie, expliquons-la, favorisons la connaissance.

Comme le dit notre maire : « La flamme du souvenir est comme la flamme des jeux olympiques, elle ne doit jamais s’éteindre pour être transmise »

Je vous remercie.