08-mai-08

Discours prononcé à l’occasion de la commémoration du 8 mai 1945

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer tous ceux, femmes et hommes qui sont morts pour que la France recouvre sa liberté.

Ces hommes, ces femmes étaient des soldats, des civils venus de France ou d’outre mer, de Pologne, d’Arménie, de Hongrie, d’Espagne, d’Italie.

  • Le 8 mai prenait fin le Reich prévu par Hitler pour mille ans, et le plan d’asservissement des démocraties, la négation de la valeur de l’être humain, des droits de l’homme de la liberté et de l’égalité.
  • Le 8 mai prenait fin la dictature d’un régime fasciste violent, raciste, antisémite, imposé à nos amis Allemands de 1933 à 1944.
  • Le 8 mai prenait fin la tentation de la violence, de l’exclusion, de la collaboration dans le pays des droits de l’homme… entre 1940 et 1944.
  • Le 8 mai commençait une amitié durable entre le pays du siècle des Lumières, de Voltaire, de Diderot et le pays de Goethe, de Schiller, de Bach, de Mendelsohn…

La guerre est la forme la plus brutale de la violence collective : plus il y a de morts, plus il est difficile à vivre avec ces blessures, plus grands sont les ravages, plus est désespérée la perspective de réconciliation. Mais la guerre montre que, si des circonstances extrêmes libèrent le côté le plus obscur de l’homme, elles libèrent aussi ce qui il y a de mieux en lui.

  • Je pense à tous ceux qui sont restés anonymes, des hommes et des femmes qui ont continué le combat, animés par l’esprit de solidarité, de fraternité, d’abnégation et de courage.
  • Je pense à ceux qui ont dit « non », les armes à la main, sur les champs de bataille d’Afrique, d’Italie, de France, d’Allemagne
  • Je pense aux 80 parlementaires, dont 5 girondins, qui ont dit « non » au gouvernement de Pétain,

Je pense à ceux qui ont dit « non » à l’occupation.

  • Je pense à ceux qui, pas très loin d’ici, on dit « non » à la barbarie et qui ont accueilli au péril de leur vie des familles juives.
  • Je pense en particulier au couple Cadapaud de Cazaugitat qui a recueilli une famille Juive, et qui vient de rejoindre le panthéon des « justes parmi les nations », et dont le nom sera gravé sur le mur mémorial de Yadvashem.
  • Je pense à ceux qui ont appris à se taire, à ne plus voir leurs amis, à renoncer à leur profession, à leur famille, parfois même, à leur existence.
  • Je pense à ceux qui ont soufferts en silence derrière des barbelés, ceux qui sont morts dans les camps de concentration ou d’extermination, à Dachau, à Buckenwald, à Auschwitz, à Neuengame.
  • Je pense à ceux qui sont morts durant l’année 1944, alors que l’espoir renaissait: à Oradour sur Glane, ou sur le mont Valérien
  • Je pense à ceux qui ont entretenu cette flamme de la résistance, initiée par le général de Gaulle. Sans eux, les forces de la liberté n’auraient pas pu s’imposer face aux forces de la barbarie.
  • Je pense à ceux qui ont organisé la résistance, le Général de Gaulle, le conseil national de la résistance où siègaient toutes les formations politiques, tous ceux qui avaient refusé la capitulation, la collaboration.

Le 8 mai est le début d’un renouveau, renouveau d’un pays qui a retrouvé sa liberté, mais renouveau aussi d’une Europe qui se réconciliait enfin.

Cependant, la guerre mondiale ne se termine pas avec la capitulation de l’Allemagne nazie… Le Japon, allié à Hitler, poursuit un combat désespéré contre les Américains dans l’océan Pacifique. C’est seulement avec la capitulation du Japon le 2 septembre 1945, près de quatre mois après celle de l’Allemagne, que prend donc véritablement fin la Seconde Guerre mondiale.

A l’heure où chacun se sent européen, nous avons un message à transmettre à ceux qui nous suivent : celui des valeurs de la république, de la démocratie, de l’attachement aux droits de l’homme, du sens du devoir.

Que les enfants se souviennent, du 8 mai 1945, renouveau de tout un peuple divisé, occupé, martyrisé, mais fier d’avoir combattu et de s’être libéré lui-même, grâce à la résistance, grâce au Général De Gaulle, grâce aux alliés.

Chers enfants, souvenez-vous que la violence, la haine, le sectarisme ne résolvent jamais rien.
Seuls la tolérance, la considération, le respect des autres, permettent le lien entre les hommes pour qu’ils s’entraident au lieu de se combattrent.

La fraternité républicaine ne doit pas être pour nous un vain mot.

  • Aujourd’hui nous commémorons le 8 mai 1945.
  • Demain, le 9 mai, nous fêterons l’Europe ! Que la Communauté Européenne soit pour nous tous, l’occasion de vivre en paix dans une Europe élargie.
  • Après demain, le 10 mai, nous fêterons l’abolition de l’Esclavage en France.

Que ces 3 dates soient pour nous l’occasion de souhaiter que les hommes deviennent plus raisonnables, que l’esclavage soit aboli, et que la paix règne dans le monde.

Vive l’Europe, Vive la France !

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