Elle s’appelait Anne-Lorraine Schmitt

« Bien sûr, comme tout le monde, j’avais été choqué et ému dimanche, en entendant à la radio qu’une jeune étudiante en journalisme avait été retrouvée en fin de matinée, agonisante, dans une rame du RER D en gare de Creil, après avoir été frappée de nombreux coups de couteau. Et relativement soulagé d’apprendre, dès le lendemain, que son assassin, blessé au cours de l’agression, avait été arrêté avant de passer aux aveux. Mais le pire, pour moi, restait à venir. Le pire, je l’ai appris hier après-midi. Le pire, c’est que je connaissais cette jeune fille… »

Un hommage à Anne-Lorraine Schmitt sur le blog de Gérard Gachet

6 commentaires sur “Elle s’appelait Anne-Lorraine Schmitt”

  1. Cet article est super, il me laisse sans commentaire et plein de respect. Cela mérite de la part de l’épiscopat français une demande de béatification pour ce courage et cet exemplarité.

    Maintenant, la récupération politique de la part de SARKO est bien triste car comme ministre de l’intérieur pendant l’ère CHIRAC, il avait le devoir d’agir pour la sécurité de manière efficace et non en faisant des promesses assimilables à de la poudre aux yeux.

  2. yves d'Amécourt

    Veuillez trouver ci-dessous un message de M. SCHMITT, envoyé par Philippe COUVRAT.

    "A tous nos amis

    La fête de Noël a été particulièrement éprouvante. Alors que l’assistance reprenait en coeur les chants lors de la messe de la nuit de la nativité dans la cathédrale de Senlis, nous étions partagés entre une grande espérance – celle de savoir notre Anne – Lorraine dans l’intimité du Seigneur – et une infinie tristesse : C’est dans ces jours marqués par les rendez-vous familiaux qu’on ressent le plus les absences et les places vides.Anne – Lorraine est si présente dans la maison familiale par une multitude de détails …

    Comme je m’y suis engagé auprès de son cercueil, je me suis activé pendant ce mois de décembre en commençant à rencontrer des associations de victimes, des parlementaires, des politiques.Je remercie dès à présent ceux d’entre vous qui m’apportent leur soutien en interpellant leur député et/ou leur sénateur.Vous pouvez continuer à le faire , merci d’avance.

    Le dialogue est poli mais difficile. Je leur parle de protection des jeune filles et femmes, de prévention à l’encontre de récidivistes potentiels mais repérés, on me répond réinsertion, libération conditionnelle étant entendu que ceux-ci ne conçoivent plus de conserver à perpétuité des détenus condamnés même très dangereux. D’ailleurs la discussion en commission du projet de loi dont le parlement débattra début janvier est édifiant.

    Par ailleurs deux questions soulèvent une réaction de gêne alors que je suis certain de la réponse si ces questions étaient posées directement à l’opinion publique :

    1/ Les "experts" ne doivent -ils pas être responsables de leur diagnostics comme les autres médecins et les juges d’application des peines de décisions mettant autrui en danger?

    2/ Ne peut-on pas remettre en cause le principe des réductions de peine ou des mesures de libération conditionnelle pour les récidivistes. C’est cela , à mon avis, le principe de précaution : donc un meurtrier condamné à 25 ans de détention par une cour d’assises doit effectuer vraiment 25 ans.

    Au delà des mots convenus et de l’émotion, je suis très moyennement optimiste et je vais bientôt agacer. Je ne suis pas sûr qu’il existe une volonté et le courage pour prendre cette question à bras le corps :
    Les délinquants sexuels récidivistes peuvent être tranquilles, ils ont encore de beaux jours en perspective : ce n’est plus le cas d’ANNE – LORRAINE.

    Vous pouvez diffuser ce texte"

  3. Compte rendu du débat sur le centre de sureté. Intervention de Jean-Paul GARRAUD député de la Gironde.

    *M. le président.* Dans les explications de vote sur l’exception
    d’irrecevabilité, la parole est à M. Jean-Paul Garraud, pour le groupe
    de l’Union pour un mouvement populaire.
    *M. Jean-Paul Garraud
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267424.asp&gt;.* Au nom
    du groupe UMP, je m’élève bien entendu contre l’exception
    d’irrecevabilité déposée par le groupe socialiste. Et je tiens à dire
    les choses telles qu’elles sont. Quand on nous dit que ce texte est une
    sorte de monstruosité juridique, je réponds d’abord et avant tout : mais
    où sont les monstres ? Les monstres, ce sont ces grands prédateurs
    contre lesquels il n’existe pas encore assez d’outils juridiques. Nous
    savons tous, tous les professionnels de la justice et tous ceux qui
    travaillent au sein de l’institution judiciaire savent qu’il y a un vide
    juridique dans le traitement de ces individus particulièrement
    dangereux, qui, lorsqu’ils sortent de la maison centrale ou de la maison
    d’arrêt à l’issue de leur peine, sont toujours très dangereux, et le
    sont parfois même plus que lorsqu’ils y sont entrés.
    *M. Serge Blisko
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/542.asp&gt;.* Quel aveu !
    *M. Jean-Paul Garraud
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267424.asp&gt;.* Je
    voudrais resituer la problématique, parce que le discours de notre
    collègue, Dominique Raimbourg a entretenu une sorte de confusion.
    Je tiens à dire, tout d’abord, que ce projet de loi constitue une très
    sérieuse avancée pour les droits des victimes. Il rééquilibre même la
    place de la victime dans le procès pénal. Quand on parle de la
    déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental,
    c’est une grande avancée, parce que toute une série de conséquences
    seront entraînées par ce texte.
    Quand vous nous faites la leçon à propos des droits de l’homme, par une
    sorte de perversion de la théorie des droits de l’homme, je vous réponds
    que les droits de l’homme, ce sont aussi les droits des victimes. Il ne
    faut pas les oublier. Nous sommes là aussi pour en parler, et pour
    trouver des solutions. /(Applaudissements sur les bancs du groupe de
    l’Union pour un mouvement populaire.)/
    En second lieu, nous avons tous bien compris que ce qui vous gêne
    d’abord et avant tout, c’est ce fameux centre de sûreté, qui est un
    centre fermé.
    Sur ce point, il faut d’abord vous rappeler l’existence d’un vide
    juridique. Car enfin, que proposez-vous ?
    *M. Lionnel Luca
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/2011.asp&gt;.* Rien !
    *M. Jean-Paul Garraud
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267424.asp&gt;.* Nous
    devrions attendre ?
    *M. Lionnel Luca
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/2011.asp&gt;.* Bien
    sûr ! Attendre, toujours attendre !
    *M. Jean-Paul Garraud
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267424.asp&gt;.* Vous
    nous avez dit tout à l’heure qu’il était surtout urgent de ne rien
    faire, et qu’il fallait attendre. /(Protestations sur les bancs du
    groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)/ Or, nous ne
    vivons pas dans un monde parfait. Je voudrais bien, mais ce n’est pas le
    cas. Alors, la prochaine fois qu’un crime affreux sera commis, quand on
    vous tendra le micro, vous le saisirez, et vous direz que oui, oui, vous
    soutenez les victimes.
    *M. Serge Blisko
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/542.asp&gt;.* Quelle
    caricature !
    *M. Jean-Yves Le Bouillonnec
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267835.asp&gt;.* On
    connaît la méthode !
    *M. Jean-Paul Garraud
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267424.asp&gt;.* Vous
    vous draperez dans une sorte d’angélisme béat, mais par contre, rien ne
    se fera.
    *M. Serge Blisko
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/542.asp&gt;.* Nous ne
    sommes pas à la télévision, ici !
    *M. Jean-Marie Le Guen
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/1880.asp&gt;.* Et vous,
    vous êtes majoritaires depuis cinq ans : qu’avez-vous fait ? Démagogue !
    *M. Jean-Paul Garraud
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267424.asp&gt;.* Mais
    moi, mesdames et messieurs les membres de l’opposition, je peux vous
    dire que j’ai connu dans ma carrière professionnelle des individus qui
    avaient été condamnés à des peines lourdes, et notamment un qui avait
    été condamné trois fois à perpétuité. Ne pensez-vous pas que c’était
    deux fois de trop ?
    Cet individu-là a bien entendu manifesté une exceptionnelle dangerosité.
    *M. Jean-Yves Le Bouillonnec
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267835.asp&gt;.* Non,
    justement ! La dangerosité, ce n’est pas le passage à l’acte.
    *M. Jean-Paul Garraud
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267424.asp&gt;.* Et le
    texte qui nous est soumis a justement pour but, non pas d’ajouter une
    peine à une autre peine, mais d’instaurer une mesure de sûreté.
    Nous sommes ici à l’Assemblée nationale, il nous arrive quand même de
    faire un peu de droit. La mesure de sûreté, ça existe, et ça existe
    depuis plusieurs années maintenant. Il existe des mesures de sûreté en
    milieu ouvert, et il en existe en milieu fermé. Le projet de loi propose
    une mesure de sûreté en milieu fermé. Et toutes les caractéristiques de
    la mesure de sûreté sont réunies par toute une série de dispositions.
    Vous avez évoqué la Convention européenne des droits de l’homme, et vous
    avez eu tout à fait raison. Mais je vous ferai remarquer que des pays
    comme les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique ont mis en place des
    systèmes similaires.
    *M. Jean-Yves Le Bouillonnec
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267835.asp&gt;.* Non,
    pas similaires ! Parce que chez eux, ce sont des peines !
    *M. Jean-Paul Garraud
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267424.asp&gt;.* Ces
    pays sont membres de l’Union européenne. Leurs systèmes n’ont jamais été
    jugés contraires à la Convention européenne des droits de l’homme.
    Pourquoi seule la France serait-elle condamnée alors que les autres pays
    ne l’ont pas été ?
    On nous fait une sorte de procès en sorcellerie en nous disant que nous
    légiférons sous le coup de l’émotion. L’émotion, ce sont plutôt les
    victimes qui la ressentent, et avec beaucoup de dignité. Elles
    réagissent en faisant confiance en la justice de leur pays et en la loi.
    Il n’est donc pas vrai que nous légiférions sous le coup de l’émotion.
    *M. Jean-Marie Le Guen
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/1880.asp&gt;.* Vous
    n’avez pas le monopole des victimes ! Vous avez même plutôt une tête de
    coupable ! /(Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un
    mouvement populaire.)/
    *M. le président.* Monsieur Le Guen, je vous en prie !
    *M. Jean-Paul Garraud
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267424.asp&gt;.* Ce qui
    est dit m’importe peu, monsieur le président.
    Ce texte est l’aboutissement d’un travail auquel nous nous consacrons
    depuis des années. Les dispositions qu’il comporte ne datent pas
    d’aujourd’hui, et ne sont pas du tout proposées sous le coup de l’émotion.
    On a cité d’excellents rapports réalisés dans le passé, qui ont formulé
    un certain nombre de préconisations très importantes…
    *M. le président.* Merci de conclure, monsieur Garrraud.
    *M. Jean-Paul Garraud
    <http://www.assemblee-nationale.fr/tribun/fiches_id/267424.asp&gt;.* Le
    groupe UMP s’élève contre cette exception d’irrecevabilité. Il y a,
    derrière toute règle de droit, des règles de bon sens. Nous savons que
    des gens très dangereux vont être relâchés, et vont récidiver. Le
    dispositif proposé par le texte est encadré par toute une série de
    conditions très limitatives. C’est notre responsabilité d’élus de
    prendre cette décision. Le débat qui va s’instaurer est très important,
    mais les responsabilités, nous, nous les prendrons. /(Applaudissements
    sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du
    groupe Nouveau Centre.)

  4. (Voici un message reçu par e-mail de la Famille Schmitt)

    Chers amis,

    Grâce à votre formidable mobilisation et à vos interventions auprès de vos parlementaires, l’assemblée nationale a adopté un projet de loi qui devrait entraver la possibilité pour les prédateurs sexuels de récidiver. =ous avez contribué à ce que le texte initial qui limitait la portée des mesures aux agresseurs de mineurs de moins de 15 ans soit généralisés à =ous les agresseurs.
    MERCI

    Maintenant le texte va être discuté au Sénat et je porte maintenant mon effort de sensibilisation sur les membres de la Haute – assemblée. Ceux qui le désirent peuvent m’accompagner en contactant les sénateurs de leur département. Le débat sera difficile car des personnalités influentes – dont un ancien garde des sceaux – espèrent faire reculer le Gouvernement.

    Nous espérons néanmoins que le texte sera voté et que le conseil constitutionnel ne le remettra pas en cause.Alors le sacrifice d’Anne – Lorraine n’aura pas été vain.

    Certes, ce texte est sûrement perfectible, mais il va dans le bon sens.

    Sans haine, ni esprit de vengeance, mais avec la conviction qu’il sauvera des vies, nous souhaitons son adoption.

    Où il y a une volonté, il y a un chemin !

    Amicalement

    Elisabeth & Philippe SCHMITT

  5. Elisabeth & Philippe SCHMITT

    La décision du Conseil Constitutionnel, malgré ses réserves, est un succès pour tous ceux qui défendent la vie d’innocentes et une défaite pour les criminels sexuels et ceux qui les soutiennent.
    Nous sommes en partie soulagés.

    Pour autant qui aura le courage d’assumer la récidive des criminels actuellement emprisonnés quand ils vont être libérés et qu’ils repasseront à l’irréparable ?

    Elisabeth & Philippe SCHMITT
    Parents d’Anne – Lorraine

  6. APACS Paris, le 25 février 2008

    ——————————————————————————–
    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    L’APACS soutient la loi relative à la rétention de sûreté.

    Elle se tient à la disposition de la Cour de Cassation

    pour étudier le traitement des criminels déjà incarcérés.

    ——————————————————————————–

    L’APACS, Association pour la Protection contre les Agressions et Crimes Sexuels, présidée par M. Jean-Pierre ESCARFAIL, réaffirme son soutien à la loi sur la rétention de sûreté.
    Le Conseil Constitutionnel indique « que la rétention de sûreté n’est ni une peine, ni une sanction ayant le caractère d’une punition ». Il considère qu’il est nécessaire que « la personne condamnée ait effectivement été mise en mesure de bénéficier, pendant l’exécution de sa peine, de la prise en charge et des soins adaptés au trouble de la personnalité dont elle souffre ».
    L’APACS regrette que le problème reste entier pour ceux qui n’ont pas voulu ou pu bénéficier de soins appropriés, alors qu’ils étaient condamnés à plus de 15 ans de réclusion criminelle et vont sortir dans les mois à venir après avoir passé moins de 9 ans en prison, compte tenu des grâces et remises de peine automatiques. L’Association se tient à la disposition de la Cour de Cassation et du Ministère de la Justice pour leur faire part de ses réflexions sur les possibilités de traitement des criminels déjà incarcérés.

    L’APACS rappelle qu’elle a organisé il y a un an un colloque sur ce sujet avec l’Institut de Criminologie de Paris, Jean-Paul GARRAUD, député, auteur du rapport parlementaire «Réponses à la dangerosité» et Alvaro Gil ROBLES, ancien Commissaire aux Droits de l’Homme au Conseil de l’Europe.

    L’APACS – Association Pour la Protection contre les Agressions et Crimes Sexuels.

    Contact:

    APACS – Jean-Pierre ESCARFAIL

    35, rue de Chaillot – 75116 PARIS

    06 60 15 88 99

    aapacs@hotmail.fr

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