Il se passe quelque chose autour de David Lisnard et de Nouvelle Énergie. Quelque chose que les réseaux sociaux ont commencé à mesurer, que nos réunions publiques permettent de constater, que les adhésions confirment, que les élus observent sur le terrain, mais que notre petit monde politico-médiatique semble encore avoir du mal à regarder.

Les chiffres, pourtant, commencent à parler fort.
Au 4 octobre, Nouvelle Énergie comptait 39 966 adhérents, contre 13 180 au 1er janvier. En trente jours seulement, du 5 septembre au 4 octobre, 11 262 Français ont rejoint le mouvement : deux fois plus que pendant toute l’année 2025.[1] Et précisons-le : il ne s’agit pas de cliquer gratuitement sur une pétition ou de laisser son adresse électronique sur un site. Adhérer à Nouvelle Énergie coûte 20 euros.[2]
Près de 40 000 Français ont donc accompli une démarche volontaire, nominative et payante pour rejoindre un mouvement politique. En septembre 2025, Nouvelle Énergie enregistrait 11 nouveaux adhérents par jour. Un an plus tard, ils sont 265. Depuis le 1er septembre, le rythme est même monté à 363 adhésions quotidiennes.[1] Ce n’est plus un frémissement. C’est une accélération.
Et surtout, ce n’est plus un phénomène cannois ou azuréen. Sur les trente derniers jours étudiés, 94 départements ont enregistré au moins dix nouveaux adhérents.[1]
Dans le TOP 10 de cette accélération : Paris, les Alpes Maritimes, les Hauts de Seine, le Rhône, le Var, les Bouches du Rhône, la Gironde, le Nord, les Yvelines, la Loire-Atlantique.
La même accélération apparaît sur les réseaux sociaux. Entre le 9 février et le 5 octobre, David Lisnard est passé de 387 654 à 772 988 abonnés cumulés sur Facebook, Instagram, LinkedIn, X et YouTube. Sur la seule semaine achevée le 5 octobre : +86 401 abonnés.[1]
Un abonné n’est pas un électeur, bien sûr. Mais lorsque les indicateurs s’additionnent, il devient intéressant de les regarder. Car les réseaux sociaux ne signent pas un bulletin d’adhésion. Mais près de 40 000 personnes l’ont fait.
Les réseaux sociaux ne sont pas maires, conseillers municipaux, départementaux ou régionaux. Pourtant, 480 nouveaux élus ont rejoint Nouvelle Énergie depuis janvier et le mouvement rassemble désormais 2 396 élus adhérents.[1]
Il y a plus. Pour être candidat à l’élection présidentielle, il faut recueillir 500 présentations d’élus répondant aux règles fixées par la loi. Dès le 2 septembre, David Lisnard annonçait avoir déjà reçu 500 formulaires de promesses de parrainage.[3] La procédure officielle devra naturellement les confirmer le moment venu : les promesses recueillies aujourd’hui ne sont pas encore les présentations officielles validées pour l’élection présidentielle.[3]
Mais sur le terrain, le mouvement continue. Des élus appellent spontanément les équipes pour demander où et comment transmettre leur promesse de parrainage.[4]
Et ce ne sont plus seulement des militants ou des élus. Des chefs d’entreprise, des agriculteurs, des médecins, des enseignants, des ingénieurs, des artisans, des fonctionnaires, des professions libérales, des experts de toutes sortes se rapprochent des équipes avec, souvent, les mêmes questions : « Comment aider ? » « Comment participer ? »[4]

Alors oui : il se passe quelque chose. Cela ne dit pas ce que sera le résultat de l’élection présidentielle. Mais cela devrait au moins éveiller la curiosité.
Or un paradoxe demeure. David Lisnard est candidat déclaré à l’élection présidentielle. Pourtant, il reste relativement peu testé dans les sondages. Un observatoire qui dépouille les questionnaires de premier tour publiés au cours des quatre-vingt-dix derniers jours recensait, début octobre, 85 questionnaires : David Lisnard n’apparaissait que dans 10 d’entre eux, soit 11,8 %.[5]
Lorsqu’il est testé, ses résultats peuvent sensiblement varier selon les hypothèses. Une enquête Cluster17 réalisée les 15 et 16 septembre auprès de 1 943 personnes l’a notamment mesuré à 5,2 % dans la configuration testée.[6] Cela ne permet évidemment aucune prédiction. Un sondage n’est pas un vote. Mais encore faut-il être proposé aux personnes interrogées pour pouvoir être mesuré.
Les institut testent des personnalités qui ne sont pas candidates, ou rêvent de l’être. Mais ne testent pas David Lisnard qui a déclaré sa candidature, dispose d’un projet politique ambitieux, d’une équipe opérationnelle, d’un parti politique de bientôt 40 000 adhérents à jour de cotisation, et d’une association de financement.
Dans le même temps, les plateaux accueillent régulièrement des personnalités qui ne sont pas candidates : Bruno Le Maire, Jean-François Copé, Thierry Breton… Qu’ils soient invités est légitime. Ils ont une expérience, des idées et une parole publique.
Mais pourquoi ne pas entendre aussi, et au moins autant, ceux qui sont effectivement candidats, qui constituent leurs équipes, élaborent leur projet, sillonnent la France, réunissent leurs promesses de parrainage et souhaitent présenter leurs solutions aux Français ? Ce n’est pas réclamer un privilège. C’est poser la question du pluralisme.
Et peut-être faut-il aller plus loin. Les journalistes aiment descendre dans la rue. Ils installent une caméra à la sortie d’un marché, devant une gare, à la terrasse d’un café. Ils demandent aux Français ce qu’ils pensent. Certaines chaînes constituent des panels de citoyens et les invitent sur leurs plateaux. C’est utile.
Mais il serait peut-être temps aussi de descendre dans l’arène des réseaux sociaux. Non pour croire tout ce qui s’y raconte. Non pour confondre un « like » avec un bulletin de vote. Simplement pour regarder. Écouter. Observer ce qui monte. Car le monde a changé.
On entend parfois sur les grandes chaînes cette remarque un peu condescendante : les jeunes ne regardent plus la télévision, ils ne lisent plus les journaux. Certes. Mais ils s’informent. Autrement. Ils regardent YouTube. Ils écoutent des podcasts. Ils suivent des comptes spécialisés. Ils découvrent une conversation par un extrait sur Instagram ou TikTok avant d’aller regarder l’entretien complet. Et ils écoutent.
Dans le train. Dans le métro. En faisant du sport. En voiture. Le podcast est devenu un média de masse. Au seul premier trimestre 2026, l’ACPM a certifié 96,5 millions de téléchargements de podcasts, en progression de 2,4 % sur un an.[7]
Et regardons ce qu’ils écoutent : dans le classement ACPM d’août 2026, Les Actus du Jour d’HugoDécrypte dépassent 2,19 millions de téléchargements mensuels. L’Heure du Monde approche les 900 000. Code source du Parisien dépasse les 500 000.[8] Autrement dit, les nouveaux usages n’ont pas fait disparaître l’appétit pour l’actualité.
Ils en ont changé les chemins. Et, curieusement, les émissions de fond ne sont plus forcément là où on le pense.
Regardons Legend. Créé en 2023 par Guillaume Pley, ce média rassemble désormais 3,7 millions d’abonnés sur YouTube et 8 millions d’auditeurs mensuels en podcast.[9] Et que propose-t-il ? Trois interviews par semaine. D’une heure. Deux heures parfois.[9]
Des responsables politiques aussi différents que Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Fillon ou Jordan Bardella y ont accepté ces longues conversations.[9] Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui nous expliquent depuis des années que les nouvelles générations ne seraient plus capables de se concentrer au-delà de quelques minutes. Elles peuvent écouter une conversation pendant deux heures.
Le problème n’était donc peut-être pas leur capacité d’attention. Peut-être était-ce ce qu’on leur donnait à écouter.
Le paradoxe devient saisissant en politique. On demande parfois à un candidat à l’élection présidentielle de résumer en quelques minutes son projet pour la France : l’école, la dette, le travail, l’immigration, la sécurité, l’agriculture, l’énergie, la santé, l’Europe, la défense, les institutions… Dix minutes, montre en main. Une page de pub. Puis viennent journalistes, éditorialistes, sondeurs, communicants et experts qui peuvent consacrer beaucoup plus de temps à analyser ce qu’il vient de dire.

Quelques minutes pour celui qui propose. Beaucoup plus pour ceux qui commentent. Cette mécanique tient aussi aux règles particulières qui encadrent le temps de parole politique à la télévision : la parole du candidat est comptabilisée, quand celle des journalistes, éditorialistes et experts relève d’un autre régime. Le résultat est parfois paradoxal : on rationne la parole politique que l’on consacre ensuite beaucoup de temps à commenter.[11]
Les nouveaux médias proposent parfois exactement l’inverse : moins de commentaires, davantage de conversation.
Le succès de Legend suscite d’ailleurs un débat sur ses méthodes d’interview et le degré de contradiction proposé aux invités.[9] « Il est trop poli » « Il ne conteste pas assez » « Il sourit » … Mais son succès nous apprend quelque chose d’essentiel : les Français, et notamment les plus jeunes, n’ont pas renoncé à comprendre. Ils veulent parfois simplement qu’on leur laisse le temps de le faire. Ils veulent entendre quelqu’un développer son raisonnement avant qu’on leur explique ce qu’ils doivent en retenir. Ils veulent se faire leur propre opinion.
Nous sommes passés d’un monde où il fallait être invité pour être entendu à un monde où il faut aussi être intéressant pour être écouté. C’est une transformation considérable.
Cyril Hanouna, qui dit regarder « énormément les réseaux sociaux », l’a remarquée à sa manière. Constatant récemment que David Lisnard était, selon lui, celui « qui y progresse le plus », il a sorti 50 euros et parié sur son élection à la présidence de la République.[10] Cause ou conséquence, sur les marchés prédictifs en ligne, la cote de David Lisnard connaît une progression spectaculaire. [12]
Le geste fait sourire ceux qui croient savoir. Les paris en ligne ne constituent en rien des sondages.
Le pari ne prédit rien. Mais le signal mérite qu’on le regarde. Car l’histoire politique récente des démocraties nous a offert quelques résultats qualifiés, le lendemain du scrutin, de « surprises ». Surprises pour qui ? Car il arrive que ce qui surprend les commentateurs soit beaucoup moins surprenant pour ceux qui avaient pris le temps d’observer ce qui se passait ailleurs.
Gardons-nous donc de toute prophétie !
Mais 40 000 adhérents payants ne sont pas un algorithme. 500 promesses de parrainage ne sont pas des « likes ». Des élus qui appellent spontanément pour demander comment parrainer un candidat ne sont pas des vues YouTube. Des professionnels qui viennent proposer leurs compétences et demander « comment aider ? » ne sont pas des abonnés Instagram. Et lorsque tous ces phénomènes se produisent en même temps, ils ne permettent certes pas de prédire une élection. Mais ils permettent de constater une dynamique.
Alors cessons peut-être de sourire lorsque les jeunes disent qu’ils ne regardent plus la télévision. Demandons-leur ce qu’ils regardent. Cessons de déplorer qu’ils n’achètent plus le journal. Demandons-leur ce qu’ils lisent. Et demandons-leur quel podcast ils écoutent pendant leurs trajets.
Nous découvrirons qu’ils ne se sont pas éloignés de l’information. L’information a simplement changé d’adresse.
Alors, que les journalistes continuent à descendre dans la rue, sur les marchés et dans les gares. Mais qu’ils descendent aussi dans cette nouvelle arène. Qu’ils regardent qui les Français choisissent d’écouter lorsqu’aucune grille de programmes ne choisit à leur place. Quels entretiens regardent-ils pendant deux heures ? Quels discours partagent-ils ? Quelles personnalités découvrent-ils ? Quelles idées commencent à circuler ?
La dynamique actuelle de Nouvelle Énergie ne dit pas ce que sera le résultat de l’élection présidentielle. Elle dit simplement qu’il se passe quelque chose. Cela devrait suffire à provoquer chez ceux dont le métier consiste à observer, interroger et raconter la France une chose très simple : la curiosité.
Le monde a changé. Les Français aussi. Leurs manières de s’informer, de découvrir, d’écouter et de choisir également.
Il se passe quelque chose et il serait dommage que notre petit monde politico-médiatique, dont c’est le métier, soit le dernier à s’en apercevoir.
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Notes et références :
[1] L’accélération David Lisnard – Tableau de bord de la dynamique Nouvelle Énergie, données arrêtées aux 4-5 octobre 2026 : évolution du nombre d’adhérents, répartition départementale, élus adhérents et audiences cumulées sur les réseaux sociaux.
[2] Nouvelle Énergie, formulaire officiel « Adhésion et soutien 2026 ». La cotisation individuelle est fixée à 20 €.
[3] AFP, 2 septembre 2026 ; Le Parisien, « Présidentielle 2027 : le maire de Cannes David Lisnard assure avoir déjà recueilli les 500 promesses de parrainages », 2 septembre 2026. David Lisnard déclare avoir reçu 500 formulaires de promesses ; ces soutiens devront être confirmés lors de la procédure officielle de présentation des candidats.
[4] Informations remontées aux équipes nationales de Nouvelle Énergie, septembre-octobre 2026 : appels spontanés d’élus souhaitant transmettre une promesse de parrainage et propositions de participation émanant de professionnels de différents secteurs. Ces éléments qualitatifs sont mentionnés comme observations internes et non comme données issues d’une enquête représentative.
[5] DiLeviathan, Observatoire des candidats à la présidentielle 2027, consultation du 7 octobre 2026. Sur 85 questionnaires de premier tour publiés au cours des 90 jours précédents, David Lisnard est testé dans 10, soit 11,8 %. L’observatoire précise que cet indicateur mesure la présence d’un nom dans les questionnaires et non une probabilité de candidature.
[6] Cluster17, enquête présidentielle, terrain des 15-16 septembre 2026, 1 943 personnes ; données reprises par Polifra : David Lisnard 5,2 % dans l’hypothèse considérée. Les résultats dépendent de la configuration des candidatures testées et comportent les marges d’incertitude habituelles des enquêtes d’opinion.
[7] ACPM, « Les tendances de l’audio digital au premier trimestre 2026 », 26 avril 2026 : 96,5 millions de téléchargements de podcasts, +2,4 % par rapport au premier trimestre 2025.
[8] ACPM, Classement Podcasts – août 2026. « Les Actus du Jour – HugoDécrypte » : 2 197 687 téléchargements monde ; « L’Heure du Monde » : 895 622 ; « Code source » : 516 491. Périmètre des podcasts certifiés ACPM.
[9] Le Monde, « Les dessous de “Legend”, le média en ligne de Guillaume Pley qui pourrait peser dans la campagne présidentielle », 25 juin 2026 ; et « Guillaume Pley, visage du média “Legend”, entre goût du trash et interviews complaisantes », 25 juin 2026. Le média comptait alors près de 3,7 millions d’abonnés YouTube et annonçait 8 millions d’auditeurs mensuels en podcast ; il diffuse notamment trois entretiens d’une à deux heures par semaine.
[10] Tout beau tout neuf, septembre 2026, propos de Cyril Hanouna repris par 21 News, 26 septembre 2026 : l’animateur déclare observer fortement les réseaux sociaux, souligne la progression de David Lisnard et mise 50 € sur son élection.
[11] Arcom, règles relatives au pluralisme politique et au décompte des temps de parole et d’antenne. La parole des candidats et de leurs soutiens fait l’objet d’un décompte spécifique ; les interventions des journalistes, éditorialistes et experts relèvent d’un régime distinct, sous réserve notamment de leur positionnement politique explicite.
[12] Données publiques Polymarket et Kalshi, septembre-octobre 2026 ; analyse des transactions publiée le 6 octobre 2026 par Journal du Coin. La cote de David Lisnard a connu deux poussées, de début à mi-septembre puis début octobre.
