Politique nationale

Les flammes ne lisent pas le Code de l’environnement ; elles se nourrissent de nos renoncements.

Publié dans LA REVUE PARLEMENTAIRE / Enjeux et débats.

Par Yves d’Amécourt, viticulteur et sylviculteur, ancien élu local de Gironde*

“Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires”. La formule de Montesquieu résonne aujourd’hui avec une singulière actualité. Chaque été, lorsque les colonnes de fumée obscurcissent le ciel du Médoc, du Var, de la Corse ou de l’Anjou, lorsque les Canadair sillonnent le ciel et que les sapeurs-pompiers accomplissent des prodiges pour sauver des villages entiers, la France redécouvre sa vulnérabilité. Les habitants sont évacués, les hectares détruits se comptent par milliers, les ministres promettent de « tirer toutes les leçons » de la catastrophe. Puis vient l’automne, les commissions remettent leurs rapports, l’hiver apaise les inquiétudes, et l’été suivant la forêt … Lire la suite

Les incendiaires allument les flammes. La bureaucratie les nourrit [Valeurs Actuelles]

TRIBUNE. Quatre ans après les gigantesques incendies de Gironde, les mêmes feux reviennent avec les mêmes débats et les mêmes retards. Yves d’Amécourt pointe une responsabilité trop souvent esquivée : derrière les incendiaires, c’est l’inflation normative et la paralysie administrative qui permettent aux flammes de prendre une telle ampleur.

Les incendiaires allument les flammes. La bureaucratie les nourrit.

Je mesure le caractère provocateur de cette formule. Je ne prétends évidemment pas que les fonctionnaires mettent le feu aux forêts. Je dis simplement qu’à force d’empêcher ceux qui les entretiennent de les protéger, notre administration finit parfois par créer les conditions de la catastrophe.

Les incendies qui ravagent aujourd’hui le Médoc, le Var, la Corse et d’autres régions françaises ne sont … Lire la suite

Quand la forêt brûle, c’est l’État qui se consume [La Nouvelle Revue Politique]

Article publié par la Nouvelle Revue Politique le 27 huillet 2026

Chaque été désormais, les mêmes images reviennent. Les colonnes de fumée obscurcissent le ciel du Médoc, du Var, de la Corse ou de l’Anjou. Les Canadair tracent leurs sillons au-dessus des flammes. Les pompiers accomplissent des prodiges. Les habitants sont évacués. Les chaînes d’information diffusent les mêmes cartes, les mêmes commentaires, les mêmes promesses gouvernementales. Puis vient l’automne. Les commissions d’enquête remettent leurs rapports. Les ministres annoncent qu’ils tireront « toutes les leçons » de la catastrophe. Et l’été suivant, la forêt brûle de nouveau.

Nous croyons assister à une succession de catastrophes naturelles. Nous nous trompons.

Les grands incendies que connaît aujourd’hui la France révèlent moins une crise … Lire la suite

La forêt brûle. L’État réglemente [Boulevard Voltaire]

Le gouvernement promet de « tirer toutes les leçons » des incendies. Pourtant, les leçons sont connues depuis longtemps. Article publié sur le site BOULEVARD VOLTAIRE le 27 juillet 2026

Chaque été, la France découvre qu’elle brûle. Les Canadair sillonnent le ciel du Médoc, du Var ou de la Corse. Les pompiers accomplissent des miracles. Les habitants fuient. Les hectares partent en fumée. Et, comme chaque été, le gouvernement promet de « tirer toutes les leçons » des incendies. Pourtant, les leçons sont connues depuis longtemps.

Après les gigantesques feux de Gironde de 2022, les forestiers, les élus, les pompiers, les sénateurs1 ont dressé le même diagnostic : davantage de prévention, davantage de pistes DFCI, davantage de réserves d’eau, … Lire la suite

«Notre pays sait empêcher les professionnels de protéger la forêt mais pas stopper ceux qui la brûlent» [Le Figaro]

Un hélicoptère de lutte contre les incendies déverse de l’eau sur une zone touchée par un incendie de forêt près de Cotignac, le 23 juillet 2026. Manon Cruz / REUTERS

FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors que plusieurs incendies exceptionnels embrasent le Sud-Ouest et le Var, le viticulteur Yves D’Amécourt, également membre de Nouvelle Énergie, dénonce notre incapacité à tirer les leçons de l’été 2022 et les injonctions contradictoires formulées aux forestiers.

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Yves d’Amécourt, ancien élu local de Gironde (conseiller général, maire, président d’EPCI, conseiller régional) est viticulteur et sylviculteur, référent agriculture-forêt-ruralité et porte-voix de Nouvelle Énergie, ingénieur de l’école des mines d’Alès. Il est l’auteur de L’humain, l’écologie, la politique (Éditions du Bien Commun, avril 2026).

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Pendant que les pompiers … Lire la suite

Charges sociales et impôt de production.

Publié le 24 juillet2026 par La Nouvelle Revue Politique

Par Karine Charbonnier, auteure de “Patrons, tenez bon !” et Yves d’Amécourt, vigneron, élu local de Gironde, porte-voix de Nouvelle Énergie, auteur de “L’humain, l’écologie, la politique”.

Alors que le gouvernement prépare le budget 2027, une même question revient chaque jour dans le débat public : où trouver plusieurs dizaines de milliards d’euros pour préserver notre modèle social sans étouffer davantage le travail ? Après l’OCDE, qui a appelé le 8 juillet à un redressement « important et durable » des finances publiques en France, c’est au tour du Fonds monétaire international (FMI) de sérieusement hausser le ton.

Les pistes se multiplient. Réduction des exonérations de cotisations sociales, maîtrise des dépenses … Lire la suite

Après le vote de la loi Duplomb

Article publié dans la Revue Politique et Parlementaire le 21 juillet 2026

« L’agriculture n’est que l’expression, à un moment donné et dans le champ agricole, de l’état d’une société. » Edgar Pisani

Il est des lois qui prétendent bouleverser le monde et ne déplacent pas une motte de terre. Il en est d’autres, plus modestes, qui ne changent pas tout, mais qui changent le sens du mouvement. Le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles appartient peut-être à cette seconde catégorie.

Adopté par l’Assemblée nationale après un accord trouvé entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire, il doit encore achever son parcours parlementaire. N’en faisons donc ni un aboutissement, ni une révolution. Mais reconnaissons-lui … Lire la suite

L’eau ne disparaît jamais, elle voyage.

On parle beaucoup d’eau cet an-ci. On parle de pénuries, de sécheresses, de retenues, d’irrigation, de centrales nucléaires, de conflits d’usage. Mais on parle rarement de ce qui devrait pourtant être le point de départ de toute réflexion : le cycle de l’eau.

Nous raisonnons souvent comme si l’eau disparaissait. Elle ne disparaît presque jamais.

Chaque année, la France métropolitaine reçoit environ 500 milliards de mètres cubes d’eau sous forme de pluie ou de neige. C’est un volume considérable. Sous l’action du soleil, une partie, 300 milliards, retourne naturellement dans l’atmosphère par évaporation des sols, des rivières et des océans, mais surtout par l’évapotranspiration des plantes. Une autre partie s’infiltre et recharge les nappes phréatiques. Le reste alimente les ruisseaux, … Lire la suite

Le dernier 14 Juillet d’Emmanuel Macron. Enfin !

Il y a des symboles qui valent davantage que de longs discours.

Ce 14 juillet 2026 est, sauf événement imprévu, le dernier d’Emmanuel Macron en tant que président de la République. Dans quelques mois, les Français choisiront celui ou celle qui lui succédera.

Et je dois l’avouer : cette perspective m’inspire moins de nostalgie que de soulagement.

Enfin. Enfin parce que dix ans, c’est long.

Dix années durant lesquelles beaucoup de Français ont eu le sentiment que le pouvoir politique s’effaçait peu à peu derrière une technocratie devenue omniprésente. Les ministres se succédaient comme les candidats de « Tournez manège ». Les Premiers ministres défilaient. Les doctrines changeaient. Les discours se contredisaient. Les majorités se recomposaient. À force, on ne … Lire la suite

David Lisnard ou le refus des faux choix

Il y a des entretiens qui ressemblent à une succession de réponses. Et puis il y a ceux qui révèlent une manière de penser. Celui que David Lisnard vient d’accorder à Technikart appartient à cette seconde catégorie.

À première vue, les sujets s’enchaînent sans rapport : le Festival de Cannes, la culture, l’école, l’industrie, l’immigration, la sécurité, les drogues… En réalité, il n’est question que d’une seule chose : comment gouverner une société devenue infiniment complexe.

La première qualité que lui prête le journaliste est d’ailleurs révélatrice. Il écrit que, chez David Lisnard, « le réel précède le phrasé ». Puis il ajoute qu’il est de ceux « qui administrent avant de pérorer » et « qui préfèrent les preuves Lire la suite

Cinquante ans après la loi de 1976 : le temps de l’évaluation.

La loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature est de celles-là. Elle a consacré un principe simple : certaines espèces, devenues rares ou menacées, méritaient une protection particulière. Cinquante ans plus tard, la tribune de Bertrand Alliot et Romain Lasseur publiée dans Le Figaro nous invite à nous interroger : cette politique n’a-t-elle pas, sur certains points, si bien réussi qu’il est temps d’en réévaluer les modalités ?

La question mérite d’être posée.

Car, à mes yeux, le problème n’est pas tant la loi de 1976. Le problème est ce que nous avons construit depuis cinquante ans.

Au fil des directives européennes, des lois, des décrets, des circulaires et des jurisprudences, nous avons progressivement changé … Lire la suite

Le rapport de l’Institut Thomas More : une aide au choix du prochain président de la République

Le plus grand enseignement de ce rapport est peut-être celui-ci : si cinquante décisions ont contribué au déclassement de la France, c’est que cinquante autres décisions peuvent engager son redressement. La démocratie n’est donc pas impuissante ; elle nous confie, à chaque élection, une part du destin national.

À moins d’un an de l’élection présidentielle, chacun s’interroge. Les candidats se déclarent, les sondages se succèdent, les promesses s’accumulent. Beaucoup de Français, pourtant, doutent encore. Ils ont parfois le sentiment que rien ne change vraiment, que les alternances se ressemblent, que leur bulletin de vote ne pèse plus sur le cours des choses.

C’est précisément pour cette raison que je recommande la lecture du dernier rapport de l’Institut Thomas More : … Lire la suite

Le temps des projets

Il est des élections où les Français choisissent une majorité. Et puis il est des élections où ils choisissent une direction. Je crois que l’élection présidentielle de 2027 appartient à cette seconde catégorie.

Depuis près d’un demi-siècle, notre pays alterne les majorités sans jamais vraiment changer de cap. Les gouvernements passent, les ministres se succèdent, les lois s’empilent, les administrations se multiplient. Chaque alternance promet un nouveau départ ; chacune ajoute finalement une couche supplémentaire à un édifice devenu si complexe que plus personne n’en possède véritablement le plan.

La France ressemble parfois à ces grandes demeures familiales que chaque génération a voulu améliorer. Ici, on a ouvert une porte. Là, on a ajouté une aile. Plus loin, on a … Lire la suite

Les ONG environnementales : un pouvoir sans contre-pouvoir ?

L’enquête publiée récemment par Le Point sur les méthodes de l’association Canopée mérite mieux qu’une polémique de quelques jours. Elle pose une question de fond sur l’évolution de certaines ONG environnementales. Selon l’hebdomadaire, des balises GPS acquises par l’association auraient été retrouvées sur des engins forestiers. L’enquête judiciaire ouverte après la découverte de l’une d’elles a été classée sans suite, faute d’avoir pu établir un lien avec des actes de dégradation.

Les faits ne constituent donc pas une condamnation. Ils interrogent néanmoins sur les méthodes employées. Car il ne s’agit plus seulement de sensibiliser l’opinion.

Depuis une vingtaine d’années, certaines ONG sont devenues de véritables acteurs politiques. Elles mènent des campagnes de communication sophistiquées, produisent des rapports, organisent des opérations … Lire la suite

Traverser la brèche

La grandeur d’une civilisation ne se mesure pas à la puissance qu’elle exerce sur la mort, mais à la fidélité avec laquelle elle demeure aux côtés de la vie, jusqu’à son dernier souffle.

Il est des débats politiques qui ne portent pas d’abord sur une loi, mais sur l’idée que nous nous faisons de l’homme. Le débat sur la fin de vie est de ceux-là.

Depuis le vote de l’Assemblée nationale ouvrant un droit à l’aide à mourir, je pense à une phrase de Xavier Bichat : « La vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort. » ¹

Cette définition est magnifique. Elle dit davantage qu’une vérité biologique. Vivre, ce n’est pas seulement respirer. C’est résister. Résister … Lire la suite

David Lisnard, candidat aux élections présidentielles 2027, a visité une unité de méthanisation en Sarthe

Pierre Paterne, maire de Bouessay ; Pascal Lelièvre, maire de Solesmes ; Antoine d’Amécourt, maire d’Avoise et candidat aux sénatoriales ; Yves d’Amécourt, responsable du projet agricole de Nouvelle Énergie et porte-voix de David Lisnard, étaient présents lors de cette visite.

Lire l’article sur ACTU.FR

L’esprit de Bayeux contre l’impuissance française

Il est des discours qui commentent l’actualité. Il en est d’autres qui cherchent à éclairer l’avenir. Le discours prononcé par David Lisnard à Bayeux appartient incontestablement à cette seconde catégorie.

Dans une époque saturée de petites phrases, de réactions immédiates et de polémiques éphémères, il est rare qu’un responsable politique accepte de remonter à la source des problèmes. Plus rare encore qu’il ose parler d’institutions, sujet réputé austère, alors même qu’il conditionne tout le reste.

À Bayeux, il y a quatre-vingts ans, le général de Gaulle ne parlait pas de fiscalité, de sécurité, d’immigration ou de croissance. Il parlait de l’État. Il savait qu’aucune politique publique durable ne pouvait être menée sans institutions solides. David Lisnard a choisi de reprendre … Lire la suite

« La terre, premier capital de la nation » [La nouvelle revue politique]

Il est des mots que notre époque prononce avec gêne : propriété, capital, transmission. Comme s’ils étaient devenus suspects. Pourtant, en 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen place la propriété au cœur des droits naturels et imprescriptibles, aux côtés de la liberté, de la sûreté et de la résistance à l’oppression¹. Ce n’est pas un détail d’histoire. C’est une architecture politique. Sans propriété protégée, la liberté devient dépendance. Sans capital, l’économie devient fragile. Sans transmission, la nation s’épuise. Et c’est peut-être dans nos campagnes que cette vérité apparaît aujourd’hui avec le plus de netteté.

Publié le 15 juin 2026 sur la Nouvelle Revue Politique

Le capital est né dans les champs.

Le mot « capital » … Lire la suite

[ENTRETIEN] « Une partie de la crise écologique est une crise de la transmission »

Yves d’Amécourt présente son nouveau livre, une ode à la France.

Entretien publié le 14 juin 2026 par Boulevard Voltaire

Yves d’Amécourt, bien connu des lecteurs de BV, est vigneron et élu local en Gironde. Dans son dernier livre, L’Humain, l’Écologie et la Politique (aux Éditions du Bien commun), il met à profit son expérience pour proposer une réflexion politique et philosophique sur l’écologie, la transmission et la place de l’Homme dans la société. Entretien avec un homme d’action amoureux de la France.

Chloé Pineault. Vous attachez une grande importance à « la vérité du monde réel », qui est le titre d’une des parties de votre ouvrage. Quelle part de votre expérience d’élu de terrain avez-vous mise Lire la suite

Quand le pape rappelle aux politiques ce qu’ils ont oublié

Il est des discours qui passent presque inaperçus, et qui pourtant devraient être lus, médités, annotés, discutés. Le discours prononcé par le pape Léon XIV devant le Parlement espagnol est de ceux-là.

Dans une Europe fatiguée, inquiète, traversée par les colères, les peurs et les renoncements, le pape n’est pas venu donner une leçon de morale. Il est venu rappeler une évidence oubliée : la politique n’est pas seulement l’art de gouverner les choses. Elle est d’abord l’art de servir les hommes.

Et pour servir les hommes, encore faut-il savoir ce qu’est l’homme. Voilà, au fond, le cœur de son message.

Nos sociétés légifèrent beaucoup. Elles réglementent, encadrent, corrigent, compensent, interdisent, subventionnent. Elles produisent des normes comme d’autres produisaient jadis … Lire la suite

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