Politique nationale

Quand recommencerons-nous à gouverner la France ?

Il y a des moments où le pays s’arrête, non pas parce qu’il trébuche, mais parce que ceux qui devraient le guider ont renoncé à marcher. L’adoption du budget de la Sécurité sociale pour 2026 en est un symbole brûlant : un instant où la politique, au lieu de s’élever, s’est réfugiée dans la pénombre, fuyant la lumière crue du réel.

Dans les vestiaires, avant le vote, on percevait un souffle ténu, presque tendre : le bruit feutré des vestes qui se retournent, comme des drapeaux qu’on replie avant de hisser leurs contraires. Un murmure de vêtements satisfaits d’avoir survécu à une nouvelle journée d’acrobaties.

Puis venait l’épreuve du tunnel : ce corridor qui relie l’immeuble Jacques Chaban-Delmas à l’hémicycle, … Lire la suite

Législatives : «Redessinons les circonscriptions non plus selon les habitants, mais selon les électeurs inscrits» [Le Figaro]

FIGAROVOX/TRIBUNE – Notre pays découpe sa carte électorale en parts égales selon le nombre d’âmes recensées. Une hérésie démocratique, alors que la France est une des nations les plus mobiles d’Europe, estiment l’ancien élu local, Yves d’Amécourt, et l’ancien militaire, Jean-Louis Grattepanche.

Il est des vérités si longtemps négligées qu’elles finissent par vous sauter au visage comme une évidence trop longtemps retenue. La France va peut-être renouveler son Assemblée nationale ; et pourtant, nous persistons à fermer les yeux sur un angle mort démocratique que chacun pressent sans jamais l’affronter franchement : nos circonscriptions législatives ne représentent pas les électeurs. Elles représentent des habitants. La nuance semble infime, presque administrative ; elle est en réalité abyssale.

Depuis des décennies, notre pays … Lire la suite

Baisse des rentrées de TVA : à qui la faute ? [Valeurs Actuelles]

TRIBUNE. Si cette taxe ne rentre pas aux niveaux prévus, c’est parce que la France crée moins de richesse qu’elle ne le proclame. En cause : sa politique économique désastreuse, souligne Yves d’Amécourt, porte-voix du parti Nouvelle Energie.

Par Yves d’Amécourt

Publié le 18 novembre 2025 à 15h00

On nous explique que la TVA s’évapore. Qu’elle ne rentre pas comme prévu. Qu’elle file comme du sable entre les doigts d’un État pourtant si habile à prélever. On s’étonne, on s’agace, on annonce de grandes « opérations de traque » à l’échelle de Bercy pour retrouver 10 milliards d’euros perdus dans les limbes comptables (1). Et si le mystère était plus simple qu’il n’y paraît ?

La TVA n’est pas un impôt … Lire la suite

Souvenons-nous, veillons, aimons la France !

Chaque 11 novembre, la France se recueille. Sous la pluie ou le soleil, dans la pierre des monuments et dans le silence des clairons, elle se souvient de ses fils tombés pour elle. C’est un moment de vérité où le passé éclaire le présent, où les morts parlent encore aux vivants. Je pense, en ce jour, à mon arrière-grand-père Henry , tombé sur le front en 1915, à cinquante-six ans, c’est mon âge aujourd’hui. Il avait tout pour rester à l’arrière ; il choisit de partir. Il repose aujourd’hui quelque part entre Reims et Verdun, parmi ceux qui donnèrent leur vie pour que la France demeure libre. À travers lui, c’est toute une génération que j’honore : celle du courage … Lire la suite

Être gaulliste en 2025 : la force du réel

Le 9 novembre 1970, meurt l’un des grands hommes de l’histoire de France, le général de Gaulle. Cinquante-cinq ans après sa disparition, quel est son héritage ?

Il y a des mots que l’histoire dépose comme des semences. Le gaullisme en fait partie. On le croit appartenir à un autre temps, à une génération disparue, à des combats clos. Mais chaque fois que la France doute d’elle-même, ce mot revient, chargé d’une force neuve. Le gaullisme n’est pas un souvenir : c’est une exigence. C’est la fidélité au réel, la primauté du courage, la conviction que la grandeur n’est pas un luxe, mais un devoir. C’est la certitude tranquille que la France n’est jamais condamnée tant qu’il reste des Français … Lire la suite

Les accords de 1968 à la lumière du présent

L’Assemblée nationale vient de voter la fin des accords franco-algériens du 27 décembre 1968¹. C’est un geste politique, certes symbolique, mais salutaire : il oblige la France à relire un texte devenu obsolète, et à rouvrir un dossier qu’on avait enfermé dans les archives de la mauvaise conscience. Un demi-siècle d’asymétrie, d’aveuglement et de faux-semblants : voilà ce que ces accords ont produit, sous le masque de l’« amitié franco-algérienne ».

1962 : la promesse trahie des accords d’Évian
Le 18 mars 1962, les accords d’Évian mirent un terme aux combats, mais non à la guerre². Les massacres, les départs, les règlements de compte prolongèrent la tragédie : l’exode des pieds-noirs, l’abandon des harkis, les drames de la rue … Lire la suite

Nouvelle Énergie : la clarté dans un temps de confusion

Comme toujours, Nouvelle Énergie agit avec cohérence et constance, fidèle aux convictions qui fondent notre engagement autour de David Lisnard : la responsabilité budgétaire, l’exigence républicaine, la liberté économique et l’autorité de l’État.

La déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu a confirmé, mardi, ce que les Français pressentaient depuis longtemps : le gouvernement n’a plus ni vision, ni cap, ni courage. Aucune baisse de dépense publique, aucune réforme structurelle, aucune mesure d’autorité. Seulement des prélèvements “ciblés” et “exceptionnels”, ces adjectifs de communication qui masquent toujours la même réalité : toujours plus d’impôts, toujours plus de dépenses, toujours moins de réformes.

La France est aujourd’hui à bout de souffle, non faute de moyens, mais faute de lucidité. On multiplie les … Lire la suite

“La parole vaut l’homme”, dit-on chez nous.

Quand Sébastien Lecornu a été nommé Premier ministre, je n’ai pas eu besoin d’attendre son discours pour comprendre qu’il ne tiendrait pas parole. L’histoire parle pour lui. En politique comme dans la vie, on juge un homme à ses fidélités — et celles de M. Lecornu sont à géométrie variable. Sébastien Lecornu confond rupture et trahison.

La bande du Bellota-Bellota

Sébastien Lecornu avant de prendre la lumière fut le collaborateur de Bruno Le Maire, dont il dirigea la campagne lors de la primaire de la droite et du centre en 2016. Après la défaite de son mentor, il rallia sans enthousiasme l’équipe de François Fillon — non par conviction, mais pour garder sa place. Autour de Bruno Le Maire et … Lire la suite

« La chute de l’agriculture française » [Atlantico]

Tribune publiée sur ATLANTICO.FR

Il y a des chiffres qui résonnent comme des coups de tonnerre. En 2024, l’excédent agricole français est tombé à 4,9 milliards d’euros, un plus bas inédit depuis plus de 20 ans. À la fin de l’été 2025, l’excédent cumulé — vins et spiritueux inclus — n’était plus que de 47 millions d’euros. Et pour la première fois depuis cinquante ans, un basculement historique est en passe de se produire : notre pays pourrait finir l’année avec un déficit agricole.

L’excédent commercial agricole, longtemps source de fierté nationale, jouait le rôle d’un bouclier stratégique : quand nos industries manufacturières reculaient et que le déficit commercial global se creusait, l’agriculture restait ce pilier qui tenait encore l’édifice. … Lire la suite

La taxe Zucman : un leurre pour éviter d’aborder les vrais sujets

La France a un talent rare : celui de transformer un problème réel en un symbole creux, une réforme en gesticulation, une politique publique en slogan.

La taxe dite Zucman, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale dans une ferveur quasi révolutionnaire, en est l’illustration parfaite.

Annoncée comme l’arme absolue pour « faire payer les riches », elle se présente comme un impôt annuel minimum de 2 % sur les très gros patrimoines, ceux supérieurs à 100 millions d’euros.

Mais derrière le vacarme des tribunes et la ferveur des plateaux télévisés se cache une réalité juridique et économique implacable : cette taxe ne verra jamais le jour sous la forme annoncée. Elle fondra comme neige au soleil, laissant derrière elle … Lire la suite

Rave-party · Danser sur les cendres

Quand la fête se fait sur les cendres, c’est que nous ne savons plus distinguer la vie de la mort, le respect du mépris. Analyse d’Yves d’Amécourt, viticulteur, ancien élu local de Gironde, référent ruralité de Nouvelle Énergie et membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More.

Ils sont venus par milliers, comme des insectes attirés par la lumière, s’installer au milieu des terres calcinées de l’Aude. Des hectares de forêts et de vignes partis en fumée, des collines noires comme des plaies ouvertes, nécrosées, et sur ce théâtre de désolation, les enceintes crachent leur vacarme. On danse dans les cendres. On boit, on se drogue, et on rit sur le cadavre encore fumant d’un paysage meurtri (l’incendie d’août a … Lire la suite

Politique énergétique : chaque gigawatt (GW) supplémentaire d’éolien ou de solaire entraîne une augmentation de +2,2 % de notre facture d’électricité !

Le 1er septembre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié un document de “clarification” sur les scénarios de développement du système électrique français. Deux jours plus tard, le Cérémé – Cercle d’Études Réalités Écologiques et Mix Énergétique – a réagi par un communiqué argumenté, chiffres à l’appui. Je tiens à saluer cette prise de position courageuse et salutaire, tant elle vient combler le vide laissé par des responsables politiques défaillants depuis maintenant huit ans.

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, la politique énergétique française s’est enfoncée dans une suite de contradictions, d’improvisations et de décisions dogmatiques. On a fermé Fessenheim, retardé la relance du nucléaire, subventionné massivement l’éolien et le solaire intermittents, commencé à démanteler notre parc hydraulique sous … Lire la suite

François Bayrou ou la sortie en trompe-l’œil

TRIBUNE. En sollicitant le vote de confiance de l’Assemblée nationale, le Premier ministre a choisi de quitter la scène politique en endossant le rôle du martyr, explique Yves d’Amécourt, porte-voix du parti Nouvelle Energie. Ce faisant, il abandonne la France engluée dans une situation à laquelle il a contribué.

Par Yves d’Amécourt

Publié le 28 août 2025 à 15h00 dans Valeurs Actuelles

La politique française n’est pas seulement un théâtre, c’est un vaudeville. On y voit des portes qui claquent, des amants qui se cachent dans les placards et des notables qui sortent en feignant d’être chassés. François Bayrou vient d’y ajouter une scène de choix : il quittera Matignon en prétendant qu’on l’en expulse, alors que c’est lui … Lire la suite

DNC : abattre, vacciner, isoler ?

Au fil des crises agricoles, un triste refrain revient : l’isolement des éleveurs, l’opacité des décisions sanitaires, et le poids des procédures administratives qui s’ajoute à la détresse. La dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie virale qui touche les bovins, s’est récemment invitée dans cette litanie. En France, un seul cas déclaré suffit à déclencher l’abattage total du troupeau, sans réelle prise en compte de l’état sanitaire global, du statut vaccinal ou de la nature de l’élevage. Et pourtant, ailleurs, d’autres approches existent. Plus proportionnées. Moins brutales.

Une maladie animale, pas une zoonose

La DNC, ou Lumpy Skin Disease (LSD) en anglais, est une maladie virale contagieuse, transmise par des insectes piqueurs (moustiques, mouches, tiques, taons), qui affecte essentiellement les bovins. … Lire la suite

Un DPE « climaticide » !

Le Diagnostic de performance énergétique (DPE), obligatoire depuis 2006, a changé de nature en 2021 : il est devenu opposable, autrement dit, il engage la responsabilité du vendeur ou du bailleur. Cette évolution aurait pu être salutaire si le DPE reflétait fidèlement les performances énergétiques et climatiques des logements. Mais il fait exactement le contraire.

Par un mécanisme opaque et abscons, le DPE pénalise lourdement l’électricité — y compris lorsqu’elle est d’origine nucléaire, hydraulique ou solaire — et valorise à l’inverse les systèmes de chauffage au gaz naturel ou au fioul, pourtant bien plus émetteurs de gaz à effet de serre. Un comble, à l’heure où la France prétend réduire de moitié ses émissions d’ici 2030.

Le cœur du problème … Lire la suite

Ultra-libérale, la France ? Ou bien plutôt… le dernier pays communiste du monde ?

Ah, la France… Cet enfer néolibéral où l’État prélève 57 % de la richesse nationale pour mieux la redistribuer à lui-même, où l’on recense plus de 360 impôts et taxes, où l’on croule sous 88 codes juridiques et près d’un demi-million de normes, où chaque décision doit s’aligner sur une circulaire, un décret ou une note de service. Et pourtant, à en croire Jean-Luc Mélenchon et les auteurs du dernier programme du Parti socialiste (photo / avril 2025), nous vivrions sous le joug d’un capitalisme sauvage, livré aux « puissances de l’argent »12. Il faut croire qu’ils vivent dans une autre France…

Une performance mondiale d’étatisme

Derrière les slogans se cachent des chiffres. Et quels chiffres !… Lire la suite

OPINION. « Pour une souveraineté agricole, énergétique et industrielle : relocaliser la production d’engrais et transformer nos récoltes en France » [La Tribune]

OPINION. La moisson 2025 est abondante, avec plus de 33 millions de tonnes de blé. Pourtant, les céréaliers français peinent à célébrer. Les cours s’effondrent, les coûts explosent, et la rentabilité s’effrite. Derrière des silos pleins, c’est un modèle agricole à bout de souffle.

La moisson 2025 s’annonce généreuse. Après une campagne 2024 désastreuse, la France renoue avec des rendements honorables. La récolte de blé devrait dépasser les 33 millions de tonnes. Et pourtant, les agriculteurs n’ont pas le cœur à la fête. (1)

Le contrat blé sur Euronext est passé sous la barre des 200 euros/tonne. En un an, ce sont plus de 45 euros/t qui ont été perdus. L’euro s’est fortement apprécié face au dollar, laminant la compétitivité … Lire la suite

Le cancer, la peur et la politique : pour une hiérarchie des risques fondée sur la science

Il y a des maladies plus graves que les maux qu’on instrumentalise, et des vérités plus têtues que les slogans. En matière de cancer, les chiffres sont implacables : le tabac, l’alcool, la sédentarité, l’obésité, l’âge et certaines infections expliquent l’immense majorité des cas. Pourtant, certains responsables politiques préfèrent mobiliser l’opinion sur les résidus de pesticides, comme l’acétamipride, dont la contribution réelle au risque cancéreux est infinitésimale. Pourquoi ? Parce qu’il est plus facile de désigner un coupable invisible que d’affronter les vrais défis de santé publique, qui supposeraient du courage, de la persévérance, et une action collective sur le long terme.

Dans une tribune parue le 26 juillet 2025 sur Atlantico, l’oncologue Jérôme Barrière lançait un cri d’alarme … Lire la suite

Prix d’orientation en viticulture durable : une avancée, deux risques

Le 15 juillet 2025, la Commission européenne a rendu un avis favorable sur un projet d’accord interprofessionnel innovant, porté par la filière viticole en Occitanie. Pour la première fois, un accord prévoyant la fixation de prix d’orientation pour les vins bio et HVE en vrac a été reconnu compatible avec le droit de la concurrence, sur la base de l’article 210 bis du règlement OCM.

Ce texte, introduit en 2021, autorise certaines dérogations aux règles classiques de concurrence dans le but de favoriser la durabilité environnementale, à condition que les restrictions soient strictement proportionnées aux objectifs poursuivis. C’est donc une révolution silencieuse mais significative : l’Union européenne reconnaît qu’un prix plus rémunérateur peut accompagner des pratiques agricoles plus vertueuses.… Lire la suite

Cryptoactifs : une monnaie à la hauteur de notre intelligence

« Les cryptomonnaies ne sont pas de simples actifs financiers, mais l’expression technologique de principes fondamentaux » David Lisnard dans l’Opinion le 23 juillet 2025.

Cette révolution n’est pas sans précédent historique. Lorsque les accords de Bretton Woods furent signés en 1944, ils consacrèrent l’hégémonie du dollar, adossé à l’or, comme pivot d’un nouveau système monétaire mondial¹. La convertibilité fut rompue en 1971 par Richard Nixon, mais l’influence du dollar persista, portée par la force de l’économie américaine. Aujourd’hui, les États-Unis expérimentent une nouvelle forme d’ancrage : des cryptoactifs régulés, parfois adossés à des actifs tangibles ou à des devises officielles. Cette architecture rappelle, toute proportion gardée, celle du franc CFA, lui-même adossé à l’euro via le Trésor français². Dans les … Lire la suite

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