
Il faut parfois un mot inattendu pour dire l’essentiel. En déclarant à l’AFP que « le prochain président sera punk », David Lisnard ne cherche ni la provocation ni l’effet de manche. Il pose un diagnostic lucide sur l’état du pays et sur ce que nécessitera son redressement : une rupture nette, un changement radical, une énergie neuve. La France ne se relèvera pas avec des compromis flous ni avec des « arrangements de notables ». Elle a besoin de clarté, de volonté, et d’un courage assumé pour agir.
Dix mesures pour un sursaut
Dans un entretien accordé à l’AFP ce 24 juillet, David Lisnard, maire de Cannes, président de l’Association des maires de France et fondateur de Nouvelle Énergie, appelle toutes les sensibilités de la droite – du centre-droit à la droite assumée – à se rassembler autour de dix mesures fortes, simples, précises. Non pas un catalogue de promesses, mais un socle d’engagements concrets, à la hauteur des défis de notre temps.
Il cite, parmi ces mesures :
- La retraite par capitalisation, pour sauver un système qui ne tiendra pas sans diversification ;
- La suppression du principe de précaution inscrit dans la Constitution, remplacé par un principe de responsabilité, fondé sur l’action raisonnée plutôt que sur la peur ;
- Un référendum sur l’immigration, pour que la France retrouve sa souveraineté face aux jurisprudences européennes et aux décisions de cours supranationales.
Ces exemples ne sont pas anecdotiques : ils montrent un cap, une colonne vertébrale, une volonté de reprendre le contrôle de notre destin collectif.
Une méthode pour unir la droite
Ce n’est pas seulement sur les idées que Lisnard innove : c’est aussi sur la méthode. Constatant que les primaires ouvertes ne séduisent pas aujourd’hui les grandes figures de la droite , il propose une autre voie. Construire d’abord un programme commun, puis désigner celui ou celle qui le portera le mieux.
Il ne renonce pas aux primaires – bien au contraire, il les préfère –, mais il insiste sur l’ordre logique : d’abord les idées, ensuite les candidats. Car l’essentiel, dit-il, est qu’il y ait « zéro ambiguïté sur le contenu ».
Voilà une exigence salutaire, dans un pays qui sort exsangue de huit années de flou macroniste, où le « en même temps » est devenu le masque d’un immobilisme coûteux, d’un État impuissant, d’un pouvoir sans cap. La droite ne peut pas gagner sans clarté, ni espérer gouverner sans cohérence.
Mais au fond, qu’est-ce qu’un « président punk » ?
Il ne s’agit pas ici de piercings ou de guitares électriques. David Lisnard parle d’un état d’esprit, d’un style de gouvernance qui tranche avec l’époque. L’esprit punk, au sens noble, c’est :
- Refuser le conformisme ambiant, celui d’un pouvoir mou, obsédé par la communication et l’évitement ;
- Casser les codes établis, ceux des routines institutionnelles, des postures sans courage, des tabous technocratiques ;
- Parler vrai, décider vite, assumer l’impopularité quand l’intérêt général l’exige ;
- Gouverner avec une exigence morale et une énergie de rupture, qui force le respect et mobilise les forces vives du pays.
De ce point de vue, Charles de Gaulle fut punk, et à deux reprises. D’abord en 1940, seul contre tous, lorsqu’il osa dire non à la défaite. Puis en 1958, lorsqu’il fit table rase des institutions impuissantes de la IVe République pour refonder la République sur la responsabilité exécutive. Winston Churchill, en 1940 également, l’était tout autant, dans son langage direct et sa résistance sans concession au nazisme. Plus tôt dans l’histoire, Mozart le fut à sa manière : libre, insolent, baroque au sens révolutionnaire du terme, refusant l’académisme de son temps pour faire entendre une musique neuve, foisonnante, humaine.
On pourrait dire aussi que Coluche, ou Pierre Desproges, dans un autre registre, apportèrent par leur humour et leur engagement une forme de salubrité punk à une société endormie. Ce fut le cas, aussi, de Thierry Ardisson, dans la manière qu’il a eu de casser les codes de la télévision.
Ce que Lisnard veut dire, c’est que le prochain président devra rompre franchement avec le macronisme, qui fut le contraire de tout cela : une tentative de plaire à tout le monde, une gouvernance hors-sol, un pouvoir sans consistance. La France ne veut plus d’un président marketing. Elle attend un président de conviction.
La France est mûre pour la rupture
La formule du punk dit aussi l’urgence. Elle parle à une génération lassée de l’impuissance publique, de l’inflation législative sans effets, des promesses diluées dans la comédie démocratique. Le pays souffre d’un excès de mots et d’un manque de décisions. Il faut un cap, un contenu, une méthode. Il faut plus d’action et moins de bavardage !
Et si l’on commence par dix mesures simples, assumées, irréversibles, alors le rassemblement devient possible. Non pas un alignement forcé, mais une union sur le fond, ce que la droite n’a pas su faire depuis trop longtemps.
Nous avons besoin d’un président punk
Oui, il nous faut un punk à l’Élysée. Pas un amuseur public. Un esprit libre. Un réformateur énergique. Un chef d’équipe capable d’embarquer la nation dans un projet lisible et courageux. Ce ne sera pas le plus lisse qui l’emportera, mais le plus clair. Pas celui qui cherche à éviter les conflits, mais celui qui affronte les blocages.
Et puisque la France aime ceux qui osent, il est temps d’oser. Alors oui, « le prochain président sera punk » !
