
À chaque vague de chaleur, c’est le même scénario dans certaines communes françaises : on ferme les écoles, on renvoie les enfants chez eux à 10 h du matin, on annule les activités périscolaires ou sportives, « à cause du climat ». Mais plutôt que d’adapter les bâtiments ou d’investir dans des solutions modernes – climatisation, ventilation, ombrage – on préfère s’en remettre à l’idéologie, à la pénitence, voire au renoncement. Imaginez le sourire de nos compatriotes des Outremers lorsqu’ils regardent les informations !
Le gros mot du moment : “la clim”, au nom de l’écologie. On empêche les collectivités de s’en doter. Résultat : la France est l’un des pays les moins bien équipés d’Europe⁴. Et pourtant, c’est en France que la climatisation est probablement la plus respectueuse de l’environnement.
Dans plusieurs grandes villes dirigées par des majorités dites « écologistes » comme Strasbourg, Tours ou La Charité-sur-Loire, les maires ont choisi de fermer les écoles l’après-midi, ou de demander aux parents de garder leurs enfants. Cette décision, présentée comme une mesure de protection, cache mal une posture dogmatique. La climatisation y est perçue comme un symbole de gaspillage, de surconsommation, voire de provocation envers la nature. Peu importe si cela met en péril l’accueil des enfants et la continuité du service public.
Cette vision est non seulement fausse, mais dangereuse.
Il est devenu courant d’entendre que la climatisation est une « catastrophe pour le climat ». Cela peut être vrai dans les pays où l’électricité est produite à base de charbon ou de gaz, comme en Allemagne ou en Chine. Mais pas en France. Ici, l’électricité est massivement décarbonée¹, grâce au nucléaire, à l’hydraulique et, l’été, au solaire.
L’été, la production solaire atteint ses pics au moment où la demande est faible. En journée, nous avons des excédents d’électricité que nous revendons à perte sur les marchés européens². Le soleil se lève plus tôt, se couche plus tard, les besoins en éclairage et en chauffage sont réduits, ce qui diminue la consommation globale d’électricité hors climatisation. L’État achète pourtant cette électricité à des prix bien supérieurs au marché (jusqu’à 180 €/MWh pour certains contrats photovoltaïques)³. Ne vaudrait-il pas mieux la consommer utilement pour rafraîchir nos écoles, nos hôpitaux, nos maisons de retraite ?
Refuser d’utiliser cette énergie décarbonée pour climatiser nos bâtiments, c’est nier les atouts de notre pays et saboter la résilience que notre modèle énergétique nous offre. Car en matière d’électricité, la France est encore un modèle !
Les enfants sont les premières victimes de cette incohérence : ce sont eux qu’on renvoie chez eux, souvent dans des logements mal isolés, sans jardin, sans fraîcheur. Là où l’école pourrait être un refuge, elle devient un lieu interdit. Loin de « penser global, agir local », selon la devise de l’écologiste Jacques Ellul, cette écologie déconnectée oublie d’agir localement et se contente de brandir la menace climatique globale pour justifier son inaction. Les écolos pensent global quand il faut agir local, et local quand il faut agir global !
Il est temps de remettre les pieds sur terre. De cesser de culpabiliser ceux qui cherchent à s’adapter. De reconnaître que la France a construit, à grands frais, un système électrique respectueux du climat, et qu’il est absurde de s’interdire de l’utiliser. D’assumer que la climatisation peut être une solution raisonnée, au service du bien commun.
En 2025, face aux canicules répétées, les irresponsables ne sont pas ceux qui installent des climatiseurs : ce sont ceux qui les interdisent.
Face à tant d’incurie et d’irresponsabilité, il y a lieu de devenir écolo-sceptique.
Non pas contre la nature, mais contre ceux qui en détournent la défense pour imposer leurs interdits. Non pas pour nier les défis écologiques, mais pour refuser les fausses solutions, les dogmes, les injonctions contradictoires. Pour oser, enfin, une écologie du discernement, fondée sur la science, la technologie et le bon sens.
Notes et références :
- RTE, Bilan électrique 2023 : la production française d’électricité était en 2023 décarbonée à plus de 90 %, principalement grâce au nucléaire et à l’hydraulique.
👉 https://www.rte-france.com/eco2mix - RTE, Données temps réel et exportations solaires en été : les excédents photovoltaïques sont régulièrement bradés à prix négatifs sur les marchés de gros européens.
- CRE, Appels d’offres photovoltaïques : certains contrats de rachat de l’électricité solaire conclus jusqu’à 180 €/MWh, alors que le marché oscille entre 50 et 80 €/MWh.
👉 https://www.cre.fr/Actualites/Appels-d-offres-photovoltaique - Statista (2022), Taux d’équipement en climatisation en Europe : la France est en queue de peloton avec un taux inférieur à 10 %, contre plus de 80 % en Italie, Espagne ou Grèce.
👉 https://fr.statista.com/statistiques/1180733/climatisation-europe/
