Dans la cour, le labrador est couché et regarde passer les voitures. Sa tête ne bouge pas , mais quand il voit passer quelqu’un, il le suit du regard, d’un air de dire : « Contrairement aux apparences, je ne dors pas ». L’iris se promène au milieu des yeux. Au dessus des yeux apparaissent des sourcils en forme d’accents circonflexes.

Quand il entend un bruit suspect, le labrador décolle une oreille, puis l’autre… Si le bruit suspect a une origine sérieuse, il s’assied. Regarde autour de lui. Puis se lève, fait quelques pas. Si le bruit se confirme comme suspect. Il aboie, une fois, parfois deux… Un aboiement sourd et grave qui trouve son origine au plus profond de sa cage thoracique. Bref, du sérieux !

Derrière la porte de la cuisine, les teckels ont entendu le labrador aboyer. Ils hurlent à gorge déployée. Ils n’ont rien vu, rien entendu du bruit suspect, mais peu importe, ils aboient… Ils ne savent pas ce qu’ils aboient d’ailleurs. Dehors, le labrador s’est tu. Alors ils s’aboient eux même. Comme ils ne s’entendent pas, qu’ils ne s’écoutent pas : ils s’aboient.

Un enfant s’approche de la porte, comme pour la leur ouvrir. Là, la frénésie les emporte. L’excitation redouble d’intensité. Ils aboient, ils grognent, ils s’agressent l’un l’autre, ils feignent de grimper sur la porte… Comme si de l’autre côté quelque chose d’important se tramait.

En fait, il n’en est rien. Ils sont désormais la source, la cause et l’effet, de tout ce vacarme.

Le labrador s’interroge. Il n’entend qu’eux. Mais il a benoitement repris sa place sur la pelouse pour s’éloigner du bruit et il observe. Il a compris qu’il n’y avait plus rien à comprendre.

L’enfant tourne la clenche, entrouvre la porte, laissant un interstice apparaitre entre la porte et le dormant. Les teckels sont survoltés, ils n’en peuvent plus…C’est l’hystérie !

L’enfant ouvre la porte. Les teckels sautent littéralement dehors et courent vers le labrador. Tiens, voilà le facteur. Les teckels, la queue entre les jambes, rentrent dans la cuisine au galop en gloussant comme des pintades.

Le labrador, lui, va saluer poliment le visiteur et lire avec la truffe quelques lettres olfactives, des odeurs nouvelles.

Moralité : Chien qui aboie, ne sait pas forcément pourquoi …

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2 commentaires sur “Le labrador et les teckels”

  1. Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris l’histoire du labrador, mais je pense qu’aujourd’hui l’UMP file « un mauvais cocon ». L’EPAD, la suppression du juge d’instruction, la taxe carbone, la prime aux élèves pour aller étudier, la réforme des collectivités locales associée à la suppression de la T.P., le grand emprunt alors que le déficit et la dette explosent, tout cela m’inquiète et me fait penser à de la frénésie sans réflexion approfondie. Notre pays a un besoin urgent de réformes profondes menées en s’appuyant sur les citoyens une fois ceux-ci pleinement informés, et non sur les hommes politiques qui trop souvent privilégient leur intérêt personnel.

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