Le magnolia de la Maillardière et celui de la Galissonière

C’est en 1711 que le premier Magnolia Grandiflora fait son apparition en France. René Darquistade (Maire de Nantes entre 1735 et 1740) a récupéré un magnolia sur un bateau en provenance des Amériques et l’a installé dans son orangerie de La Maillardière aux Sorinières.

Considéré comme une plante tropicale sous nos climats, ce magnolia restera dans cette orangerie pendant près de 20 ans sans jamais fleurir.

Voyant qu’il n’y avait plus d’espoir René Darquistade décide de le faire détruire.

Mais la femme du jardinier persuade son mari de la replanter dans la propriété. Et là, surprise, la plante se pare de nombreuses fleurs odorantes et devient bientôt un sujet de discussion pour tous les botanistes de l’époque.

En 1764 grâce à un rameau ramené par un jeune apothicaire, le sieur Louvrier, François Bonamy identifie le « laurier tulipier » ou « Magnolia grandiflora » planté vers 1731 à la Maillardière par Darquistade.

Le sujet de la Maillardière gravement endommagé pendant la Révolution survivra malgré tout pendant quelques décennies. Un courrier de 1793, rédigé par les administrateurs du District de Nantes à l’intention du District de Clisson, atteste des soins donnés au Magnolia de la Maillardière pendant les soubressauts de la Révolution. Malgré cela, vers 1840, l’arbre commence à dépérir et s’éteint définitivement en 1849 en laissant malgré tout une nombreuse descendance qui marque le début de l’histoire des Magnolias nantais.

L’antériorité du Magnolia de la Maillardière, ne doit pas faire passer sous silence une seconde introduction due à Roland Michel Barin de la Galissonnière.

C’est dans le cadre de ses fonctions de Gouverneur de Louisiane que Barin de la Galissonnière fit procéder à de nombreuses introductions et créa un véritable arboretum dans sa propriété du Pallet (en Bretagne, actuelle Ille-et-Vilaine) et de la Galissonnière près de Nantes. Avec le tulipier, le liquidambar et le sassafras, il introduisit un nouveau clône de magnolia.

On sait peu de choses sur l’histoire de ce second magnolia si ce n’est qu’il serait arrivé dans la région entre 1741 et 1749.

Plus vigoureux que son aîné, le Magnolia de la Galissonnière le surpassa en réputation. C’est actuellement le cultivar le plus commercialisé sous le nom de «Magnolia grandiflora galissonniensis».

De ces histoires reste qu’aujourd’hui la région de Nantes est le berceau de nombreuses variétés et qu’en 1992, Nantes a été désigné pour gérer la collection nationale de référence du Magnolia.


Liquidambar et Tulipier de Virginie

En savoir plus

2 commentaires sur “Le magnolia de la Maillardière et celui de la Galissonière”

  1. bonjour,

    Très intéressé par cet article, je vous signale que LE PALLET, patrie de la famille Barin de le Galissonnière, est en Loire Atlantique, dans le vignoble Nantais. Le chateau et domaine de la Galissonnière, entre MONNIERES et le PALLET produit du muscadet.
    LE PALLET est aussi la patrie d’Abélard, amant d’Héloîse.

    Amicalement

    Gilles HEURTIN

  2. Bravo pour ce travail !
    Je lis dans l’ouvrage de M. Sardet sur le Jardin botanique de Rochefort, que l’amiral Barin de La Galissonnière « a développé, dans son village de Vendée (celui d’Abélard), l’un des plus grands jardins botaniques d’Europe. »
    Auriez-vous des infos sur ce jardin ?
    Cordialement,
    Daniel Lemonnier
    à la recherche de l’histoire des roses venues des Indes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.