Le Père Abbé et le moinillon

Un jour dans une abbaye, alors qu’il pleuvait, pleuvait, un jeune moinillon postulant, pris la décision de quitter ses fonctions. La vie était trop dure dans le monastère. Trop austère pour qu’elle dure.

Après les matines et le petit déjeuner, le moinillon se prépare, fait sa valise, et demande au père Abbé une audience. « En fin d’après midi » lui dit-on.

Il va travailler à l’atelier, ne dis rien à personne… Dehors, il pleut, il vente, il fait froid. Le moinillon n’a qu’une hâte : quitter cet endroit !

Et puis la fin d’après midi arriva. Il va dans l’antichambre du bureau du prélat et attend patiemment, un peu de peur au ventre… Pas si facile à dire qu’on a envie de partir.

Quand enfin il entre le père Abbé est tout sourire : « Je t’écoute… »

1 heure durant, le moinillon raconte sa vie, ses doutes, ses envies, … puis fini par le dire il souhaite quitter la robe et rejoindre au dehors la vie qui, vu d’ici, se dérobe…

Le père Abbé a tout entendu, tout écouté, tantôt avec le sourire, tantôt inquiet.

Puis il prend la parole : « Je comprends tes envies, je comprends tes passions. J’ai écouté tes dires, jeune moinillon. Bien sûr tu peux partir vaquer à d’autres occupations, tu nous manqueras c’est sûr. Je te demande une seule chose, ce sera ma condition. Attend pour partir que le soleil brille et que la pluie s’arrête. Attend qu’il y ait plus de chaleur, dans notre grande maison. »

Le moinillon pris acte de la décision et promis d’attendre la belle saison.

Mais quand la belle saison arriva… Le moinillon resta !

30 ans plus tard il était encore là, lorsque le Père abbé a rejoint sa dernière maison.

Le moinillon, devenu moine, devint « Père Abbé ». Ce jour là, dehors, il pleuvait, il ventait, il faisait froid…

Ce jour là, le nouveau Père Abbé a écrit dans son journal : « Ne pense jamais que tes décisions ne dépendent que de toi. L’homme n’est qu’une partie infime de l’univers, ses propres décisions dépendent énormément de son environnement, et chaque environnement, est compris dans un environnement plus grand… Tous ces environnements sont inter dépendants, de « l’infiniment petit », à « l’infiniment grand » ! »

A lire aussi sur ce blog, d’autres fables :

Une fable chinoise :

Des histoires plus « technologiques » :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.