Lettre aux Conseillers Communautaires

Madame, Monsieur, chers collègues,

Merci à tous pour votre présence à Saint-Martin-de-Lerm le 28 mars. Merci à Jean-Paul Poujon pour son accueil. Merci à ceux d’entre vous qui m’ont reçu dans leur mairie pour échanger. Merci à ceux qui m’ont apporté spontanément leur soutien.

Le 7 avril prochain aura lieu le conseil communautaire d’installation de nos instances dirigeantes. Il se tiendra à Blasimon. Après l’adoption du compte rendu de la dernière séance, aura lieu l’élection du Président de notre communauté de communes pour les six années à venir.

J’ai l’honneur de vous présenter ma candidature.

J’ai 57 ans. Je suis marié, père de six enfants et grand-père de deux petits-enfants. Je suis vigneron à Sauveterre depuis 1998. Je suis conseiller communautaire élu à Sauveterre-de-Guyenne (415 voix).

Secrétaire général du Syndicat des Bordeaux (2002-2006), puis conseiller général du canton de Sauveterre (2004-2015), j’ai été maire de Sauveterre (2008-2020), président de la communauté de communes de Sauveterre, puis du Sauveterrois lorsque les communes du canton de Pellegrue et de Monségur nous ont rejoints, puis enfin président de la communauté des communes rurales de l’Entre-deux-Mers après la fusion avec la CDC de Targon. J’ai également été conseiller régional (2015-2021).

Depuis six ans, j’observe notre communauté de communes et je constate, avec gravité, une dérive préoccupante de nos finances et de notre fonctionnement.

Entre 2020 et 2025, les dépenses de gestion sont passées de 6,231 millions d’euros à plus de 8,517 millions d’euros (+ 2,285 millions d’€ soit +37%). Les charges de personnel sont passées d’environ 1,977 millions d’euros à près de 2,804 millions d’euros (+ 826 k€ soit +42%).

Les conséquences sont visibles :

augmentation de la fiscalité (TH, TFNB, TFB et CFE),

baisse du budget d’entretien des routes (passé de 1 398 000 € en 2020 à 840 000 € en 2025) et retour de l’entretien de certaines routes aux communes ;

fermeture des centres de loisirs de Mourens et plus récemment de Mauriac.

Quant aux projets qui étaient prêts il y a six ans, ils sont aujourd’hui à l’arrêt : construction d’un gymnase à Targon, création de la ZAE de Bellebat, extension de la ZAE de Sauveterre.

Dans le même temps, le personnel de notre communauté de communes souffre. Les arrêts de travail, notamment de longue maladie, se multiplient. C’est le signe d’un malaise réel et profond. C’est un immense gâchis humain et financier.

Je souhaite m’impliquer pleinement dans la gestion de notre communauté de communes pour permettre aux élus de reprendre la main sur notre avenir commun. Ce sera mon seul mandat, entièrement consacré à cette mission.

Face à la paupérisation de notre économie et à la perte d’emplois liée à la crise viticole, il est urgent d’agir. À chaque fois que l’on arrache 10 hectares de vignes, c’est un emploi qui disparaît. Or, 5 000 hectares sont déjà arrachés ou en cours d’arrachage sur notre territoire.

Je souhaite, avec vous tous et avec les agents de notre communauté, retrouver une sérénité humaine, une ambiance de travail apaisée et une rigueur budgétaire qui nous permettront de retrouver des marges de manœuvre.

Nous devons rouvrir les centres de loisirs fermés, rétablir un budget d’entretien des routes digne de ce nom, relancer les projets d’investissement en concertation avec les communes qui les accueillent : le gymnase de Targon, la ZAE de Baraillot, l’extension de la ZAE La Font de Médouc.

Nous devons également revenir à une fiscalité cohérente avec notre territoire rural, en allégeant notamment la taxe foncière et la CFE qui pèsent sur notre économie locale.

Nous devons utiliser avec rigueur et discernement l’argent public qui nous est confié. Moins d’études inutiles, plus d’actions concrètes et efficaces.

Je propose, dès à présent, de réduire le budget consacré aux indemnités des élus. Nous sommes au pied du mur et nous devons montrer l’exemple.

– Le Président perçoit aujourd’hui une indemnité de 1 850 € brut (45 % de l’indice). Je propose de la réduire de 20 %, soit à 1 480 € brut (36 % de l’indice).

– Nos dix vice-présidents perçoivent 740 € brut (18 % de l’indice). Je propose de maintenir ce niveau d’indemnisation mais de passer de 10 à 6 Vice-Présidents.

– Enfin, je propose de supprimer les indemnités des conseillers délégués.

Cette mesure permettra une économie de 37 % sur ce poste, soit environ 50 000 € par an. Cette somme pourra être réaffectée au fonds intercommunal d’aide à l’équipement des communes, qui passerait de 50 000 € à 100 000 € par an.

Je vous propose six vice-présidences :

  • Vice-président(e) en charge des finances, du budget et des ressources humaines ;
  • Vice-président(e) en charge du développement économique et développement durable ;
  • Vice-président(e) en charge de la petite enfance et de la jeunesse ;
  • Vice-président(e) en charge de la voirie, des réseaux et des chemins de randonnée ;
  • Vice-président(e) en charge des associations et des services à la population ;
  • Vice-président(e) en charge des bâtiments et du patrimoine intercommunal.

Chaque vice-président(e) animera une ou plusieurs commissions, avec un souci constant de représentation équilibrée des communes.

Je propose également que le bureau soit constitué du Président et d’un représentant par commune — le maire ou son représentant — comme c’était le cas avant 2020. Cette organisation améliorera la circulation de l’information, la formation des nouveaux élus (19 nouveaux maires), la cohésion entre nos communes et la convivialité entre les maires.

Enfin, je propose de revoir notre communication interne et externe. Nous devons renouer le dialogue avec les entreprises du territoire et adapter notre communication aux réalités locales, en nous appuyant notamment sur les canaux utilisés par les communes.

La communauté de communes est une communauté de projets. Elle a été conçue pour mutualiser ce qui pouvait l’être et pour nous permettre de faire ensemble ce que nous ne pouvions pas faire seuls. Gardons cet esprit.

Mardi, nous devons prendre nos responsabilités. Soit nous continuons à subir une dérive qui fragilise notre territoire. Soit nous reprenons la main pour retrouver une ambiance de travail avec nos agents, redresser nos finances, restaurer la confiance et préparer l’avenir.

Je vous propose de choisir l’action, la responsabilité et l’avenir.

Bien sincèrement, et avec mes remerciements pour votre écoute.

Yves d’Amécourt


Evolution des recettes et des dépenses depuis 2017 d’après l’analyse des comptes de gestion (base 100 en 2017)

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