Pour sauver l’agriculture : la TVA SOCIALE !

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Au micro de LCI, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a expliqué que la crise de l’élevage concernait principalement le porc, la viande bovine et le lait… Il a affirmé que le gouvernement se mobilisait pour aider les exploitations, notamment avec « des allègements de charge ». Mais les paysans crient à qui veut bien les entendre qu’ils veulent « vivre de leur travail, qu’ils ne veulent pas des aides » et ils ont raison ! Le système actuel ne fonctionne pas !

De 2002 à 2006 nous avons tenté de lutter par tous les moyens contre la baisse des prix du vin, jusqu’à organiser un « blocus » pour toutes les ventes inférieures à 1000€/tonneau. Notre slogan était « notre SMIC c’est 1000 € »… Les négociants nous disaient « tenez votre blocus et on suivra », et ils ajoutaient « vous ne le tiendrez pas !». Et ils avaient raison. Si le blocus a été l’occasion d’une action collective de grande ampleur pour rappeler à tous les viticulteurs que nous étions aussi syndicalistes, il a fallu pour restaurer les prix de vente passer par la diminution de l’offre (arrachages, distillation, baisse du rendement à l’hectare).

Mais diminuer l’offre pour le lait, la viande, les céréales est-elle la meilleure solution ?

Le problème c’est qu’en diminuant l’offre on perd de la compétitivité, on perd de la capacité à conquérir les marchés… Le France est un leader mondial de l’agroalimentaire. Ce n’est pas le moment de baisser la voilure car nous avons besoin de ce chiffre d’affaire pour équilibrer notre balance commerciale déjà très déficitaire. Et puis, une exploitation agricole ne s’arrête pas comme une chaine de production avec un bouton poussoir. Enfin, il y a une planète à nourrir. Ce serait tout de même incroyable de baisser notre production de viande, de céréales, de lait, alors que des bouches crient famines ici ou là…

Pourtant, il faut se rendre à l’évidence : Le prix de vente ne se décrète pas, le prix de vente est comme la météo, on le subit !

Le vin, le lait, la viande, … souffrent du même handicap. La filière a beau être locale, le prix des matières premières est, le plus souvent, national, continental, voire mondial… On ne change pas le marché, on s’adapte.

Comme faire dans ces conditions ?

Si l’on ne peut pas agir sur l’offre, il faut agir sur le prix de revient ! Laisser le marché faire son prix et permettre aux agriculteurs d’être compétitifs sur le marché ;

C’est ce qu’a fait l’Allemagne en 2007 avec la TVA Sociale : moins de charges sur les salaires compensé par une TVA plus forte sur les productions agricoles.

  • 1ère conséquence : Le résultat fut immédiat : aujourd’hui, Allemagne exporte des produits agricoles dans toute l’Europe… En Aquitaine, 80% de la viande consommée est Allemande ! La France achète désormais du lait et du fromage en Allemagne quand nos paysans crient famine !
  • 2ème conséquence : la France peine à exporter en Allemagne. L’Allemagne est pourtant notre 1er client. En effet, les agriculteurs Français sont soumis à la double-peine : ils payent les charges sociales en France sur les salaires, ils payent les charges sociales sur la consommation en Allemagne !
  • 3ème conséquence les produits d’importation participent au financement du système social du pays où ils sont importés et la concurrence entre production locale et importation est « libre et non faussée » … L’effet sur les marchés du dumping social est évité. Le circuit court est encouragé.

Dernier avantage de la TVA Sociale, elle s’impose à tous : agriculteurs, transformateurs et distributeurs. Elle est facile et rapide à mettre en œuvre, efficace de suite et répond à l’urgence de la crise actuelle.

Promise par Nicolas Sarkozy, flinguée par Laurent Fabius, proposée par Manuel Valls (Pouvoir) et par François Fillon (Les Français peuvent supporter la Vérité), souhaitée par la FNSEA, la TVA « sociale » n’a finalement jamais été vraiment appliquée…

Une fois sortis de la crise de court terme sur la rentabilité des exploitations agricoles, une fois que les agriculteurs pourront se payer un salaire, alors on pourra prendre le temps d’agir sur les filières de qualité (AOC, IGP, Label) et sur les contrats d’approvisionnement locaux pour multiplier les occasions de mettre en place un commerce équitable pour une agriculture durable (comme je le suggérai dans tribune libre parue dans Sud-Ouest en 2004… ) en sortant du marché mondialisé, filière après filière, chaque fois que c’est possible…

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