Victor Hugo écrivait en 1849, « Un jour viendra en Europe, où le seul champ de bataille sera l’ouverture des marchés sur des idées, viendra en Europe le jour où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes ». Soyons fiers d’y être parvenus aujourd’hui.

Chers amis,

Soixante années se sont écoulées depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Se souvenir du 8 mai 1945, date de la capitulation du IIIe Reich, est une ardente obligation. Elle est surtout ardente pour ceux qui sont nés après la Deuxième Guerre mondiale, les plus jeunes, comme moi.

Et lorsque nous nous souvenons du 8 mai 1945, de la capitulation de la démocratie allemande en 1933, et de la période terrible qui sépare ces deux dates, nous devons le faire, nous les plus jeunes, avec beaucoup de retenue.

Les plus jeunes doivent se souvenir avec retenue parce qu’ils n’ont pas été les témoins directs de la tragédie qui s’était abattue sur le continent européen.

Nous n’avons pas vu, comme l’ont vu ceux qui nous ont précédés, les camps de concentration et les prisons où furent tués, torturés et humiliés les hommes, jusqu’à leur abaissement le plus total.

Nous n’avons pas vu, comme eux, les champs de bataille.

Nous n’avons pas pu ni dû observer, comme eux ont pu et dû le faire, les longs cortèges de prisonniers de toutes les nations qui traversaient l’Europe.

Nous n’avons pas été confrontés à des choix dramatiques, individuels ou collectifs.

Nous les plus jeunes n’avons pas eu à dire non, ou à dire oui…comme les anciens l’ont fait. Tous les choix dramatiques qu’ils ont fait nous ont été épargnés.

Cette confrontation au choix, JJ Goldman l’exprime bien dans sa chanson : « Si j’étais né en 1917 à Leidenstadt, sur les ruines d’un champs de bataille, aurais je été meilleur ou pire que ces gens, si j’avais été Allemand ? »

Se souvenir du 8 mai 1945 est un acte qui alimente la mémoire collective. C’est très important au moment où les témoins directs de cette époque terrible de l’histoire continentale sont en train de disparaître.

L’obligation de se souvenir est une obligation ardente.

Se souvenir, pour les hommes et les femmes de ma génération, veut dire également que nous devons nous souvenir avec beaucoup de reconnaissance.

La reconnaissance pour la génération de nos pères et de nos grands-parents qui, revenus des champs de bataille, revenus des camps de concentration, libérés des prisons, avaient tant de raisons de baisser les bras, de ne rien faire, de pleurer sur leur sort.

Mais ils ont reconstruit l’Europe et ils ont fait de l’Europe le plus beau continent qui soit.

Soyons reconnaissants devant l’extraordinaire performance de la génération de ceux qui ont dû faire la guerre et qui ont voulu faire la paix!

Lorsqu’on se souvient, lorsqu’on éprouve cette ardente obligation du souvenir, il faut aussi dire la vérité : Le 8 mai 1945 fut pour l’Europe une journée de libération !

Victor Hugo écrivait en 1849, « Un jour viendra en Europe, où le seul champ de bataille sera l’ouverture des marchés sur des idées, viendra en Europe le jour où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes ».

Soyons fiers d’y être parvenus aujourd’hui.

Soyons fiers de l’Europe que ceux qui étaient là avant nous ont construite et comportons nous en dignes héritiers.

Vive l’Europe, Vive la France !

note = pour écrire ce texte je me suis inspiré du discours prononcé par Jean-CLaude JUNCKER, Premier Ministre du Luxembourg, devant le parlement Européen, lors du 60 ème anniversaire du 8 mai 1945, en mai 2005. Je vous recommande en cliquant ici la lecture complète de ce discours.

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