27 septembre grève dans l’éducation nationale : François Hollande promet la création de 60 000 postes !

« Hollande l’opportuniste », selon Claude Allègre, a promis de créer 60000 postes de fonctionnaires dans l’Education Nationale en cinq ans !
Cette promesse va certainement plaire aux syndicats d’enseignants, qui n’ont qu’un seul critère pour juger de la politique Nationale de l’Education : « le nombre d’enseignants, le nombre de poste, … ». Malheureusement, le nombre de poste, le nombre d’enseignant, n’est pas synonyme d’efficience, ni même d’efficacité.

Ainsi, entre 1981 et 2007, le nombre d’enseignant n’a cessé d’augmenter, tandis que le niveau de notre enseignement, lui, ne cessait de se dégrader…

Selon l’INSEE, sur 20 ans, le nombre d’enseignant est passé de 882640 en 1990 (pour 14828000 d’élèves), à 944497 (pour 14955000 élèves) en 2010. Le rapport (élève/enseignant) est passé en 20 ans de 16,8 à 15,8. Dans le secondaire, il est aujourd’hui de 12 élèves pour 1 enseignant ; 24 au collège ; 22,6 en école primaire. C’est l’un des plus bas d’Europe… Il est beaucoup plus bas que celui des pays du Nord, pourtant donnés en exemple pour la qualité de leur enseignement.

Selon l’OCDE, le 2ème meilleur système scolaire au monde est la Corée du Sud. C’est aussi un pays où le rapport (élève/enseignant) est l’un des plus élevés.

Avec un rapport (élève/enseignant) aussi bas, comment se fait-il qu’en France l’on ait des classes surchargées ?

Cela est dû à plusieurs choix qui peuvent être remis en cause : le nombre de matières enseignées, la multiplication des options, le nombre des professeurs « sans classe » affectés à d’autre missions, la spécialisation des enseignants, les difficultés de gestion des emplois du temps dans un « temps scolaire » réduit…

Cela est dû, aussi, aux résistances syndicales qui empêchent de moduler le nombre d’élèves par classe en fonction des difficultés et notamment selon la situation de l’établissement.
Cela est dû, enfin, au « statut des enseignants »… N’est-ce pas Ségolène Royale, qui, en 2007, avait proposé courageusement, à l’occasion d’un déplacement à Angers, que les enseignants passent aux 35 heures annualisées ? N’est-ce pas Manuel Valls, aujourd’hui, qui propose de réduire les vacances et d’augmenter la durée d’ouverture des établissements ? L’objectif de ces réformes est de donner de la souplesse aux équipes de direction dans la confection des emplois du temps, que les enseignants soient plus présent dans les établissements en dehors des heures de cours, pour les élèves, pour les parents, pour les réflexions collectives.

Le temps de présence des enseignants dans les établissements, « cette réforme là est vitale » souligne un ami proviseur ! La contrepartie de cette évolution pourrait-être de s’engager sur une augmentation des salaires des enseignants dans le cadre d’une négociation globale. Il ajoute : « Aujourd’hui, on ne peut faire aucune réunion de travail sur quoi que ce soit dans les établissements à cause de l’émiettement des emplois du temps qui empêchent d’avoir des plages communes pour toute la communauté éducative ». C’est comme si une équipe de football ne venait au stade que pour les matchs et refusait les séances d’entrainement, les séances de briefing et de débriefing !

Sur ce sujet les syndicats ont un discours ambigu : ils préconisent la concentration dans les emplois du temps … pour les professeurs, et des heures banalisées pour les travaux collectifs, c’est-à-dire des heures en moins pour l’enseignement ! Puis, sans aucun scrupule, ils parlent d’égalité des chances et de la force de l’école républicaine !

Je me souviens très bien d’un Conseil d’Administration au Collège de Sauveterre il y a quelques années. Tout le monde était d’accord pour que l’on fasse des demi-classes pour organiser des travaux mieux encadrés par les enseignants… Jusqu’au moment où le principal du collège a expliqué que pour faire cela, « il fallait que le collège ouvre ½ heure plus tôt ». Les enseignants ont voté contre ! Leur représentant a expliqué qu’ils étaient d’accord pour faire des ½ classes, mais sans toucher aux heures d’ouverture du collège…

La réforme de l’éducation nationale est plus que jamais d’actualité.

  • Poursuivre la décentralisation de la décision, entreprise par Lionel Jospin qui a permis de confier à chaque académie le processus de mutation des professeurs, autrefois décidé à Paris, et confier aux établissement une certaine autonomie dans le recrutement des professeurs. Les objectifs doivent être partagés entre les enseignants et les équipes de direction. Pour cela, le « sélectionneur » doit être dans l’établissement !
  • Renforcer l’enseignement des socles communs, mis en place par François Fillon et Xavier Darcos. La réforme du Lycée va dans ce sens.
  • Donner plus d’autonomie aux enseignants dans leur enseignement, pour arriver au résultat souhaité pour les enfants; promouvoir les enseignants sur leur mérite bien plus que sur leur ancienneté ou leur diplôme ; Bref, développer une politique basée sur la qualité. Permettre aux profs qui ont en marre de trouver des passerelles pour changer de métier, au sein de l’éducation nationale, ou à l’extérieur. Permettre dans le sens inverse à des personnes de rejoindre l’éducation nationale après une expérience dans le privé ou dans l’administration.
  • Rétablir l’examen d’entrée en sixième fondé sur la lecture et le calcul ; Identifier à cette occasion les élèves qui ont décroché, et concevoir, pour chacun d’eux, un parcours adapté. Que les liaisons entre les collèges et les lycées et entre les lycées et l’enseignement-supérieur existent enfin, dans une notion de filière… L’avenir d’un enfant n’est pas scellé à la sortie d’un établissement.
  • Diminuer le nombre des fonctionnaires dans l’administration centrale de l’Education Nationale (120000 aujourd’hui).

Promettre une augmentation de 60000 enseignants dans l’Education Nationale, c’est une promesse qui n’engage que ceux qui l’écoutent… « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » ! Cette maxime est souvent attribuée à Jacques Chirac… mais elle sera peut-être un jour dans celles attribuées à François Hollande… A mois que le monde enseignant ne soit pas dupe ! Ce qui est plus probable…Du moins l’espère-je !

Réponse le 9 octobre !


A voir sur internet, le message décapant de « SOS éducation », un autre point de vue que la pensée unique et dominante sur le sempiternel « manque de moyen »

1 commentaire pour “27 septembre grève dans l’éducation nationale : François Hollande promet la création de 60 000 postes !”

  1. Bien sûr que si , la masse salariale augmentera si l’on crée 60 000 emplois dans l’enseignement . Mais il faut s’en réjouir et non le condamner après ces cinq années où l’on a supprimé des postes nécessaires ainsi que la formation la plus adéquate qui s’y rattachait .Créer des emplois pour nos enfants serait une mauvaise chose ? Je préfère , et de loin , cette politique à celle exclusivement économique et à court terme que le gouvernement en place a mené jusqu’à présent . Appeler à la rescousse des retraités de l’enseignement , comme voulu par l’équipe en place c’est gérer l’enseignement ou bien s’en débarrasser ? Qui est le plus responsable dans cette histoire ? .

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.