60 ème anniversaire des « faits de résistance » de 1944 dans le canton de Sauveterre

Ce jour, en compagnie de Michel Leclerc, le fils du Maréchal, nous avons fait le tour de tous les monuments érigés sur le canton, en souvenir des actes de résistance de 1944, des arrestations, des assassinats : Blasimon, Mauriac, St Martin du Puy,… puis Pénic à St Léger-de-Vignague et Sauveterre de Guyenne. « Il faut se souvenir et pardonner. Le pardon n’efface pas le souvenir : il le porte… »


Le fils du Maréchal Leclerc a accepté, à mon invitation, de revenir dans l’Entre-Deux-Mers, cette région où lui et sa famille furent réfugiés pendant la seconde guerre mondiale, alors qu’il était enfant.

Toute la journée Michel Leclerc nous a accompagné sur les routes du canton. L’émotion était vive a chaque endroit…

Avec Guy Mercadier, président de l’Association des Anciens Combattants de la Résistance, en fin de journée, nous l’avons emmené au Château de Lèves. Ce fut un grand moment démotion. C’est la première fois qu’il revenait à cet endroit. C’est là, de la terrasse du Château, qu’en 1940 il a vu arriver son père, en vélo, avec sa culotte de golf et son pansement sur la tête, après de multiples évasions. « 48 heures plus tard il repartait de la même manière pour rejoindre le Général de Gaulle à Londres par l’Espagne et le Portugal. »


Discours à Pénic

Mesdames, Messieurs, Monsieur Leclerc,

Octobre 1943 : le réseau Bukmaster est démantelé. Le parachutage prévu à Saint Léger sur les terres de la famille Bry ne pourra se réaliser que plus tard.

1944, il y a tout juste 60 ans, Marc Bry qui est à coté de moi avait 24 ans. Il fut le témoin des évènements que je vais relater et dont nous évoquons aujourd’hui à la fois le souvenir et le 60ème anniversaire.

Après les embuscades meurtrières du Puy et de Saint Martin du Puy, le groupe Grand-Pierre s’installe à Mauriac. Les autorités d’occupation restent en état d’alerte. Elles chargent deux de leurs agents, Ferdinand Vincent et Louis Tourier d’infiltrer le Maquis. Les deux hommes entrent alors en contact avec Robert H… Ils le soupçonnent d’être impliqué dans un sabotage commis à la fin du mois de mars dans la région de Sauveterre.

Croyant avoir affaire à des membres de la Résistance, le jeune maquisard leur fournit de bonne foi des renseignements sur le groupe et sur son chef.

Ainsi viennent l’arrestation de Robert Ducasse (dit Honoré) à la Sauve le 22 juin et les aveux de Ginette D… Les Allemands perquisitionnent le PC d’Honoré, situé rue Millières à Bordeaux. Ils y découvrent de nombreux documents. Ils apprennent notamment qu’un parachutage est prévu à St Léger–de-Vignague pour le début du mois de Juillet.

Dans la nuit du 10 au 11 juillet 1944, vers minuit, Grand-Pierre et ses hommes ne se doutent pas des dangers qu’ils encourent. Dès l’annonce du message « le tapedur fait peur – je répète – le tapedur fait peur» sur la BBC, ils se rassemblent ici sur le terrain de St Léger de Vignague, à proximité de la ferme d’Auguste Bry , au bord de la départementale 672.

Arrivé sur le terrain Maxime Lafourcade, un des lieutenants de Grand-Pierre, envoie plusieurs hommes en surveillance le long de la route.

Vers une heure du matin, deux avions larguent 32 containers de 200 kilos chacun. Ils contiennent des armes et des vivres. On s’affaire. On regroupe le matériel. Puis on s’inquiète : le véhicule de transport de la cargaison n’est pas là. Grand Pierre et Olive se rendent alors à Pujols pour réquisitionner une camionnette…

Deux heures se sont écoulées. C’est alors que Maquis est attaqué par une colonne Allemande aidée de quelques policiers et de plusieurs membres du corps des volontaires français.

Après deux heures de combat les hommes de Grand Pierre parviennent à filer mais quatre d’entre eux sont faits prisonniers : Maxime Lafourcade, Elie Juzanx, Roger Mahieu et René J…

Torturé, René J… fini par céder et à faire plusieurs révélations. Forte de ces renseignements la colonne Allemande se dirige vers Mauriac où, après avoir perquisitionné les propriétés de Winder et de Roques, elle se heurte de nouveau au Maquis de Grand Pierre, renforcé par quelques hommes du bataillon de Duras.

Cette nuit là, les Allemands envahissent Monségur.

De retour à Saint Léger de Vignague, les troupes d’occupation fusillent les trois maquisards arrêtés la nuit. Ils brutalisent Auguste Bry, son épouse Marguerite et sa fille Simone, puis incendie leur ferme. Mais contrairement au désir des miliciens, un officier SS leur laisse la vie sauve.

C’était ici, il y a exactement soixante ans. Marc Bry en fut le premier témoin. Souvenons nous ensemble de cette nuit du 10 au 11 juillet 1944.

Il faut se souvenir et pardonner. Le pardon n’efface pas le souvenir : il le porte…


Ensuite nous allions à Sauveterre avec Michel Leclerc, le fils du Maréchal, pour déposer un gerbe au monument au morts, puis inaugurer avec Monsieur le Maire la rue des martyrs et des déportés… Nous chantions alors le Chant des Partisans

1 commentaire pour “60 ème anniversaire des « faits de résistance » de 1944 dans le canton de Sauveterre”

  1. Jean-Denis SALVERT

    Bonjour,

    Je vous adresse ce message concernant votre article très intéressant .

    Ma maman 91 ans cette année est la veuve de Pierre Vincent dit « Grand pierre » . Elle même ancienne résistante malgré son jeune âge.

    Merci encore de transmettre a nos jeunes générations ces faits.

    Sincères salutations.

    Jean-Denis SALVERT

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