Les résultats des élections municipales sont désormais connus et nous respectons pleinement la décision des électeurs de Sauveterre-de-Guyenne.
Nous souhaitons remercier chaleureusement les électrices et électeurs qui ont accordé leur confiance à la liste J’aime Sauveterre que j’ai eu l’honneur de conduire. Votre soutien, vos encouragements et les nombreux échanges que nous avons eus tout au long de cette campagne ont été précieux.
Nous remercions également toutes les personnes qui se sont engagées à nos côtés. Tous ceux qui, par leurs conseils et leur présence, ont contribué à concevoir et à porter notre projet pour Sauveterre-de-Guyenne.
Le résultat de ce soir n’est pas celui que nous espérions, notre attachement à Sauveterre-de-Guyenne et à ses habitants reste intact.
Nous continuerons à rester attentifs et engagés pour l’avenir de notre commune.
Merci à toutes et à tous pour votre confiance et pour cette campagne riche en rencontres et en échanges.

Qui est Christophe Miqueu, le maire « divers gauche » reconduit de Sauveterre-de-Guyenne ?
La démocratie locale souffre parfois d’un mal silencieux : l’amnésie. On oublie les mots prononcés hier, les postures adoptées avant, les votes émis dans l’opposition. On ne retient plus qu’un instant figé : « il est maire« . Comme si l’élection effaçait le passé, comme si le pouvoir avait le don d’absoudre les contradictions.
Pourtant, la politique est une affaire de continuité bien plus que de rupture. Les idées précèdent les mandats. Les convictions façonnent les comportements. Et les circonstances, parfois, pèsent plus lourd que les volontés.

« Le pouvoir ne change pas les hommes, il révèle ce qu’ils sont. » Georges Bernanos
À Sauveterre-de-Guyenne, le parcours de Christophe Miqueu mérite d’être regardé à la lumière du temps long, des faits établis et des actes posés. Non pour juger l’homme. Mais pour éclairer les citoyens.
Un engagement idéologique ancien, structuré, assumé
Christophe Miqueu n’est pas entré en politique par la voie classique des élus ruraux, faite de gestion patiente, de compromis silencieux et d’enracinement progressif. Il vient d’un autre monde : celui des idées, de la philosophie politique, de la doctrine.
Avant d’être maire, il fut militant. Cadre du Parti de Gauche, engagé aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, puis candidat de La France insoumise aux élections législatives de 2017, il s’inscrit clairement dans une tradition politique de rupture : critique radicale des institutions représentatives, dénonciation permanente des « élites », exaltation d’un « peuple » érigé en sujet unique de l’histoire. Ce socle idéologique n’est ni clandestin ni honteux. Il est revendiqué. Il structure un rapport au pouvoir fondé sur l’affrontement plus que sur la médiation. En 2024, il soutiendra, dès le 1er tour des élections législatives la candidate d’extrême gauche Mathilde Feld.
La Lanterne : quand la Révolution s’invite dans une bastide
Peu après son installation à Sauveterre-de-Guyenne, Christophe Miqueu publie un journal local intitulé La Lanterne.
Dès la couverture et le premier éditorial, le ton est donné. Le titre de l’édito inaugural — « Ah ! ça ira… » — renvoie explicitement à l’un des chants les plus violents de la Révolution française, associé au sinistre cri : « À la lanterne ! », synonyme d’exécution sommaire des ennemis désignés du peuple.
Les mots ne sont jamais neutres. Comme le rappelait Hannah Arendt, la violence commence lorsque le langage politique cesse de distinguer l’adversaire de l’ennemi.
Cette publication, diffusée à grande échelle , fustigeait les pratiques de notre curé, critiquait l’élevage d’un cochon par la municipalité avec les restes des restaurants scolaires, les indemnités du maire et des adjoints , etc. Il contenait de nombreuses affirmations erronées ou orientées sur la situation financière de la commune. J’y avais répondu publiquement, chiffres à l’appui, dans un article intitulé La Lanterne : année d’élection, année de désinformation¹. Le conseil municipal, dans un esprit de débat républicain, avait lui-même apporté une réponse officielle et argumentée à une lettre ouverte signée La Lanterne, lors de la séance du 9 septembre 2013².
Il est important de le rappeler : la municipalité de l’époque n’a jamais refusé le débat. Elle y a répondu avec des faits, des documents publics, des délibérations, loin des postures et des slogans.
« Place au Peuple » : le slogan avant la commune
Dans le prolongement direct de La Lanterne, Christophe Miqueu crée une association locale baptisée Place au Peuple.
Là encore, les mots sont lourds de sens. Ce slogan n’a rien de local ou de spontané : il appartient au lexique stratégique du Parti de Gauche et sera ensuite repris, martelé, popularisé par Jean-Luc Mélenchon jusqu’à devenir l’un des marqueurs centraux de La France insoumise.
Antonio Gramsci parlait de conquête culturelle : installer les mots avant de conquérir les institutions. Sauveterre-de-Guyenne devenait ainsi, non un simple lieu de vie, mais un terrain d’implantation idéologique.
La « marche des gueux » : la lutte des classes mise en scène
Vient ensuite l’épisode le plus emblématique : l’organisation de la « marche des gueux » vers le Château d’Yquem, fleuron mondial du vignoble français.
Ce moment est abondamment documenté, tant par la presse nationale que sur mon blog³.
Tout, dans cette action, relève de la mise en scène idéologique : le terme « gueux », historiquement chargé, la désignation d’un grand cru comme adversaire symbolique, la transposition mécanique de la lutte des classes dans un territoire rural et viticole.
Il ne s’agissait ni d’une mobilisation agricole, ni d’une revendication professionnelle. C’était une démonstration politique, étrangère à la culture locale du vignoble, vécue par beaucoup comme une provocation inutile et dangereuse pour l’image et l’économie d’un territoire vivant du vin.
Le débat sur les équipements : opposition de principe et réalité des projets
Cette posture idéologique s’est retrouvée dans les débats municipaux, notamment autour de projets structurants. Le projet de salle municipale à vocation culturelle et sportive, aujourd’hui Salle Simone Veil, situé sur la zone de Bonard, en est un exemple éclairant.
Ce projet figurait clairement dans le programme municipal de 2008. Il avait été travaillé, financé, subventionné, et conçu pour répondre à un besoin réel de la population : une salle de spectacle adossé au gymnase, une école de musique et un studio d’enregistrement. Face aux critiques, j’avais publié une lettre ouverte détaillant les objectifs, le coût maîtrisé, les financements obtenus et la cohérence de l’ensemble⁴. Je me souviens que Madame Beaupied-Queyraud, Secrétaire Générale de la Sous-Préfecture de Langon, m’avait personnellement félicité pour ce dossier aux coûts maîtrisés.
Là encore, l’opposition portée par La Lanterne et ses animateurs relevait moins d’une analyse technique que d’une posture politique de rejet.
De l’opposition municipale à la victoire de 2020
Lors de mon second mandat, le passage au scrutin proportionnel et la fin du panachage permettent à Christophe Miqueu d’entrer au conseil municipal comme élu d’opposition. Il vote contre l’extension de la maison de santé, s’abstient sur la rénovation de l’école élémentaire, notamment de l’ancien réfectoire — futur musée — et critique plusieurs projets structurants.
En 2020, dans un contexte totalement inédit, marqué par la crise du Covid-19, il est élu maire. La veille du scrutin, le Premier ministre Édouard Philippe annonce la gravité de la situation sanitaire, la fermeture imminente de nombreux établissements, des la Résidence pour Personnes Agées, de la maison de Retraite, dresse la liste des personnes « à risque », puis conclut : demain, allez voter.
À Sauveterre-de-Guyenne, près de 300 électeurs choisissent de ne pas se déplacer. La liste menée par mon adjointe et amie Sylvie Panchout, est battue avec 32 voix d’écart.
Il ne s’agit plus de contester la légalité du scrutin. Elle a été validé par le tribunal administratif de Bordeaux. Mais de rappeler que les circonstances ont pesé lourdement sur la participation — et donc sur l’issue.
Une fois maire : la continuité sans la mémoire
Une fois élu, Christophe Miqueu hérite d’une réalité têtue : les grands projets de la commune sont déjà engagés.
Extension de la maison de santé (phase 3 : il a voté contre ou s’est abstenu sur les 3 phases) . Musée dans l’ancien réfectoire. Résidence multigénérationnelle à Pringis. Tous avaient été pensés et lancés avant 2020 — malgré ses votes contre ou ses abstentions.
Nous nous étions même mis d’accord avec le propriétaire du CASINO (aujourd’hui VIVAL), Monsieur Giry, pour acheter l’immeuble après le départ du gérant avec l’objectif de le rénover de fond en comble comme nous le fîmes en son temps pour l’immeuble de La Poste. Celui-ci reprendra contact avec la mairie une fois le problème résolu de son occupation. Le maire avait changé, mais le projet resta, et c’est heureux.
Tous ces projets sont menés à terme. Puis inaugurés. Et la communication municipale met en avant le nouveau maire, en grands caractères, sur les plaques d’inauguration, comme si l’histoire commençait avec lui. Pour ma part, je n’ai jamais inscrit mon nom sur une quelconque plaque d’inauguration – j’en ai fait poser de très nombreuses- estimant que j’étais le gestionnaire temporaire d’une commune qui appartenait à ses habitants, passés, présents et futurs, et qu’il n’y avait pas assez de place, sur les plaques, pour écrire leur noms à tous. Lorsque Christophe Miqueu a fait fabriquer ces plaques, le slogan qu’il l’avait fait connaître, « Place au Peuple » , a dû être oublié.
L’idéologie contre les « élites » s’efface alors devant les usages mêmes du pouvoir qu’elle dénonçait. Bernanos l’avait écrit : on ne combat pas les abus de pouvoir en les reproduisant.
L’élection municipale, juge souverain
Ce texte n’est ni un règlement de comptes, ni une attaque personnelle. C’est un exercice de mémoire démocratique. « Rien n’est plus capable que la mémoire de féconder et nourrir l’esprit. » écrivait Plutarque. L’histoire éclaire le présent.
Christophe Miqueu s’est construit politiquement contre des projets qu’il a ensuite inaugurés, contre une équipe dont il a repris l’héritage, contre une conception du pouvoir qu’il exerce désormais pleinement.
Charles Péguy écrivait : il est plus difficile de faire que de dire.
À Sauveterre-de-Guyenne, les choses ont été faites. Parmi les réalisations dont le maire actuel revendique la paternité, nombreuses ont été pensées, imaginées, lancées, avant 2020. Et elles continuent, malgré les idéologies.
Car en politique locale, plus encore qu’ailleurs, le réel finit toujours par s’imposer.
Le maire de Sauveterre aime citer Jean-Jacques Rousseau. Mais Rousseau rappelait que “la souveraineté ne peut être représentée ; elle consiste dans la volonté générale”. Or depuis six ans, les décisions se prennent moins avec le peuple qu’à sa place. Rousseau aurait sans doute souri devant ce paradoxe : invoquer la volonté générale… tout en gouvernant seul.
Hier soir, Christophe Miqueu a été réélu dans un fauteuil. Plébiscité par le Peuple de Sauveterre, dont il aura finalement pris la place.
Retrouver sur ce blog :
- La Lanterne : année d’élection, année de désinformation
https://yves-damecourt.com/la-lanterne-annee-delection-annee-de-desinformation/ - Le 9 septembre 2013, le conseil municipal répond à la lettre ouverte de La Lanterne
https://yves-damecourt.com/le-9-septembre-le-conseil-municipal-de-sauveterre-de-guyenne-a-apporte-une-reponse-a-la-lettre-ouverte-de-la-lanterne/ - Le Front de Gauche à l’assaut du château Yquem
https://yves-damecourt.com/le-front-de-gauche-a-lassaut-du-chateau-yquem/ - Salle municipale à vocation culturelle et sportive
https://yves-damecourt.com/salle-municipale-a-vocation-culturelle-et-sportive/







Je te trouve bien soft !
Le chant révolutionnaire La Lanterne appel clairement à la pendaison des aristocrates.
« Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira ! Les aristocrates à la Lanterne.
Ah ça ira, ça ira, ça ira ! Les aristocrates on les pendra ! »
Tu portes un nom aristocrate, dans ce contexte la publication de l’époque de Christophe Miqueu est une incitation évidente à la haine et à la violence. Elle en dit long sur la personnalité de Miqueu : fourbe et mesquin.
En espérant que la carrière politique de ce gauchiste extrémiste se fracasse contre les portes de la Bastide et n’aille jamais au delà !
Quel dommage, lui qui porterait si bien la particule !
Merci Yves de cet éclairage !