
Intervention au nom du groupe J’aime Sauveterre.
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Nous sommes appelés à nous prononcer aujourd’hui sur les comptes financiers de l’année 2025 édités les 11, 13 et 17 mars 2026 et sur les budgets 2026 de la commune de Sauveterre-de-Guyenne : le budget principal, le budget du service d’assainissement, et le budget de l’immeuble Vival situé place de la République.
Je souhaite expliquer simplement, clairement, et de manière accessible à tous, pourquoi nous voterons contre ces comptes et ces budgets.
1. Une situation qui paraît satisfaisante… mais qui ne l’est qu’en apparence
Si l’on regarde les chiffres rapidement, on pourrait croire que tout va bien :
- la commune dégage un excédent de fonctionnement,
- elle conserve une capacité d’épargne,
- et le résultat global des trois budgets apparaît positif.
Mais cette vision est trompeuse.
Car lorsqu’on regarde les budgets un par un, une autre réalité apparaît :
- le budget principal est en déséquilibre,
- le budget de l’immeuble VIVAL est lui aussi déficitaire,
- et l’équilibre global repose essentiellement sur le budget du service d’assainissement.
2. Mais le budget principal ne finance pas ses investissements
Le budget principal, qui traduit la santé réelle de la commune, présente une situation très claire :
- il dégage un excédent de fonctionnement d’environ 534 000 euros,
- mais il affiche un déficit d’investissement proche de 600 000 euros,
- et au final un résultat global légèrement négatif.
Cela signifie une chose simple : la commune ne finance pas ses investissements avec ses ressources propres.
Elle fonctionne encore correctement au quotidien, mais elle n’arrive plus à équilibrer ses projets d’investissement.
3. Des dépenses déjà engagées pour demain
Ce déséquilibre se voit très concrètement dans les dépenses déjà engagées. Près d’un million d’euros de travaux restent à payer, alors que les recettes prévues en face sont inférieures.
Cela signifie qu’ une partie des dépenses de demain est déjà engagée aujourd’hui sans être totalement financée.
4. Le budget 2026 prolonge cette situation au lieu de la corriger
Face à cette situation, on pourrait s’attendre à un budget 2026 plus prudent, plus sélectif, plus hiérarchisé. Ce n’est pas le choix qui est fait.
La commune prévoit :
- près de 2,5 millions d’euros d’investissements, des travaux d’aménagement en forte augmentation ; + 240 000 € pour la phase III de la convention d’aménagement de bourg ! Comment l’explique-t-on ?
- dont plus de 1,1 million d’euros financés par l’emprunt,
- soit environ 44% des investissements financé par la dette.
Dans le même temps, l’épargne mobilisée reste limitée.
Cela signifie que la commune continue d’investir au-delà de ses capacités propres, en s’appuyant sur l’endettement.
Une prioriété dans ce budget est clairement donnée à l’aménagement des rues, “ce qui se voit” selon vos propres termes, Monsieur le Maire, quand nous avions privilégié, je l’avoue, ce qui ne se voit pas : la maison de santé, le logement, l’école de musique, la médiathèque, le local des resto du coeur, le grand gîte rural, la salle Simone Veil, l’école élémentaire , …
A propos d’école, lors du dernier conseil d’école de l’école maternelle, les parents d’élèves se sont inquiétés de constater que le préau n’était toujours pas inscrit au budget alors qu’il était déjà dans votre programme il y a six ans. Il avait même été présenté comme un “projet phare”, et, ils s’en souviennent, largement mis en avant par vos équipes lors des visites en porte-à-porte … Votre adjointe a expliqué lors de ce conseil d’école que le projet verrait le jour dans 5 ans dans le cadre d’une restructuration complète et qu’en attendant vous étudiiez la possibilité d’implanter un voile d’ombrage … et qu’en attendant on cesserait de tailler l’arbre de la cour pour faire un peu d’ombre. C’est écrit noir sur blanc dans le compte-rendu.
+240 000 € d’augmentation du coût des travaux d’aménagement des rues d’un coté. Recul du projet de préau dans cinq ans. Une école maternelle qui n’est plus entretenue, sous prétexte qu’un jour, on fera un grand projet.
C’est sûr que nous n’avions pas le même sens des prioriétés.
5. Le recours à des emprunts sur 40 ans : un signal d’alerte
Pour financer certains projets récents, notamment la rénovation de la rue Saubotte et de la rue de Saint-Léger, la commune a eu recours à des emprunts sur 40 ans. Ce choix n’est pas anodin.
Il signifie très concrètement que la commune ne peut pas rembourser ces investissements sur des durées plus courtes, avec ses ressources actuelles.
Autrement dit on allège la charge aujourd’hui… mais on la reporte sur plusieurs générations.
C’est un signal de fragilité, pas de solidité.
6. Le budget de l’assainissement : un excédent qui n’est pas une réserve
Le budget du service d’assainissement affiche un excédent important.
Mais cet excédent ne correspond pas à une richesse disponible. Il s’explique principalement par un décalage dans le temps :
- des subventions importantes ont été attribuées, pour financer 2 millions d’investissement ; notamment la “filière temps de pluie” une solution technique coûteuse dont nous n’avions pas besoin ; C’est en tout cas notre avis et le fruits des études que nous avions menées sur ce sujet durant nos deux mandats ;
- au 31 décembre 2025 des emprunts ont été mobilisés pour 1,089 million d’€uros ;
En réalité cet excédent n’est pas une réserve financière : c’est un décalage entre des recettes déjà encaissées et des travaux qui restent à payer. Ce décalage augmente le “fond de roulement”.
7. Des charges qui commencent déjà à augmenter
Cette stratégie a déjà un coût concret. Le recours à l’emprunt, parfois avant même la réalisation complète des travaux, entraîne une hausse des intérêts à payer.
Dans le budget principal, les charges financières atteignent désormais environ 68 000 euros / an, en forte augmentation.
Cela signifie que la dette commence à peser sur le fonctionnement courant de la commune.
Autrement dit, une partie des ressources de demain est déjà consommée aujourd’hui.
8. Le budget de l’immeuble VIVAL reste fragile
Le budget de l’immeuble situé place de la République est lui aussi en difficulté :
- il est déficitaire,
- il repose sur des loyers limités,
- et il doit continuer à rembourser sa dette.
Il ne constitue pas une réserve pour la commune. Il représente au contraire un point de fragilité supplémentaire.
9. Le vrai sujet : la soutenabilité dans le temps
Il faut donc revenir à une question simple : la commune peut-elle durablement financer ce niveau d’investissement ?
Aujourd’hui, la réponse est clairement non. Car une collectivité ne peut pas durablement :
- dépenser plus qu’elle ne produit,
- investir au-delà de ses capacités,
- et s’endetter sans limite.
À un moment donné, la réalité s’impose.
10. Des choix inévitables à venir
Lorsque cette réalité s’impose, il n’y a qu’une solution : il faut réduire les dépenses de fonctionnement, retrouver des capacités d’investissement, il s’agit donc de maitriser la masse salariale, qui représente 46% du budget de fonctionnement ; maitriser nos achats, trouver des mutualisations possible avec d’autres communes ou la communauté des communes comme nous le faisions auparavent ;
Nous le disons sans polémique, mais avec responsabilité : au vu des comptes 2025 et des budgets 2026, la commune de Sauveterre-de-Guyenne s’approche d’une situation où ces choix deviendront inévitables.
Si vous ne le faites pas,
- il faudra renoncer à une partie de l’entretien du patrimoine, et c’est une dette en nature pour les générations futures qui n’est pas souhaitable ;
- augmenter la fiscalité, dans une période de crise viticole et après l’augmentation de la CFE pour nos entreprises, ce n’est pas le moment d’augmenter la fiscalité sur le foncier bâti et non bâti ;
- baisser les aides aux associations, ce serait une erreur manifeste tant elles sont au coeur de l’animation de notre commune ;
11. Les raisons de notre vote
C’est pour cette raison que nous voterons contre :
- les comptes financiers de l’année 2025,
- et les budgets 2026.
Non pas par opposition systématique, mais parce que nous estimons que ces documents :
- pour ce qui est des CFU, masquent une situation préoccupante de la situation,
- reposent sur des équilibres fragiles,
- et pour ces qui est des budgets, prolongent une trajectoire financière qui n’est pas soutenable à moyen terme et pèsera lourdement sur les générations futures ;
Conclusion
Je conclurai simplement au nom de groupe J’aime Sauveterre.
La santé financière d’une commune ne se résume pas à un excédent comptable, ni à la publication d’un fond de roulement.
Elle se mesure à sa capacité à maitriser son fonctionnement, financer ses investissements, à entretenir son patrimoine, et à préparer l’avenir sans faire peser un poids excessif sur les générations suivantes.
Aujourd’hui, ce n’est pas la trajectoire qui nous est proposée.
Un excédent financé par l’emprunt n’est pas un signe de richesse.
C’est une dette reportée sur l’avenir. Vos investissement se voient, les difficultés financières se verront bientôt !
C’est pourquoi nous voterons contre.



