Un hommage à l’auteur de « Comprendre l’incroyable écologie »

Une écologie devenue idolâtrie

Avec Bertrand Alliot, nous avons compris assez tôt que l’écologie, telle qu’elle est déclamée aujourd’hui, n’est ni une science, ni une politique, ni même une véritable religion. Elle s’apparente plutôt à une idolâtrie : une vénération aveugle d’une Nature idéalisée, un rejet viscéral de l’homme, une sanctification de la planète où le réel n’a plus sa place.

Ceux qui tombent dans ses rets ne sont pas les plus humbles ni les plus proches de la terre. Ils sont souvent urbains, ou néo-ruraux récemment convertis, déconnectés du vivant autant que fascinés par lui. Leur méconnaissance de la nature est flagrante : ils ignorent ses excès, ses cycles, sa brutalité parfois. Ils l’imaginent douce, ordonnée, généreuse — un jardin d’Éden où il suffirait de cueillir des fruits. Ils croient à un monde merveilleux où le vent et le soleil seraient « gratuits », sans comprendre qu’exploiter ces ressources demande de ravager des terres, de tuer des oiseaux, de couvrir les paysages de béton et de pales géantes. Bref, de détruire la biodiversité qu’ils portent au pinacle.

Une écologie contre les solutions

Cette écologie idolâtre utilise la science… à condition qu’elle serve le récit. On invoque les modèles climatiques, mais on écarte les solutions. On glorifie le GIEC, mais on oublie le protocole de Montréal, qui avait pourtant réglé — par la technologie et le consensus — le problème de la couche d’ozone. On applaudit les alertes, on rejette les remèdes. Car ce que veulent certains écologistes, ce n’est pas résoudre le problème du climat : c’est pouvoir continuer à dire que l’homme est le problème.

Le règne des contradictions

Mais le plus frappant, sans doute, c’est que cette écologie — à force de manier les concepts comme des slogans — en devient profondément contradictoire. Les monstres d’hier, comme le nucléaire ou les OGM, redeviennent aujourd’hui des solutions acceptables, voire recommandées. À l’inverse, les recettes que l’on nous imposait hier comme des évidences — éoliennes, panneaux photovoltaïques, voitures électriques — apparaissent de plus en plus pour ce qu’elles sont : des générateurs de nouvelles pollutions, de nouvelles dépendances industrielles, de nouveaux dégâts environnementaux.

Quand la technique ne suffit plus, il ne reste alors que la fuite en avant idéologique : la décroissance, la dénatalité, de nouvelles formes d’égoïsmes présentés comme des vertus. Une vision du monde difficile à faire passer pour un humanisme. On glisse vers autre chose : une politique de renoncement, un ascétisme imposé, une haine de soi — bien loin du progrès partagé, de la responsabilité individuelle et de la transmission.

Et voilà que l’écologie se dilue dans la convergence des luttes, l’intersectionnalité, les combats sociétaux les plus éloignés du sol, du vivant, du réel. Là encore, on change de registre : il ne s’agit plus de nature, mais de structure. Plus de climat, mais de domination. Ce glissement sémantique est une fuite hors du débat écologique, et parfois même contre l’écologie réelle.

Retrouver la liberté de penser

Le livre de Bertrand Alliot, *Comprendre l’incroyable écologie*, démonte méthodiquement cette construction mentale. Il révèle ce que d’autres pressentent sans oser le dire : cette écologie là est devenue un système clos, dogmatique, culpabilisant. Elle ne cherche pas des solutions, elle cherche des coupables. Elle ne veut pas bâtir l’avenir, elle veut expier le passé.

Bertrand Alliot nous redonne les clés du discernement. Il invite à une écologie réconciliée avec l’intelligence, avec la technique, avec l’humanité. Une écologie du réel, et non du fantasme.

Une lecture salutaire

Je recommande vivement la lecture de ce livre, au plus grand nombre — et en premier lieu à ceux qui, pris dans les filets d’une pensée écologiste enfermante, ont perdu le goût de vivre, le plaisir de débattre, et la joie de penser. Qu’ils y retrouvent le courage de poser les problèmes avec lucidité, et de chercher ensemble des solutions concrètes, dans tous les domaines.

Car il y a tant à faire, tant à construire, lorsque l’on retrouve cette liberté essentielle : celle de réfléchir.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *