Entre 2007 et 2012, la dette s’est aggravée de 510 milliards d’euros. Quel est le part de la crise dans ce montant, quel est la part de la politique du gouvernement ? C’est la question que s’est posée l’IFRAP.

Les chiffres les plus fantaisistes circulent ces dernières semaines sur l’aggravation de la dette, les cadeaux aux riches, le déficit… La Fondation iFRAP a souhaité chercher derrière les chiffres et modéliser dépenses et recettes afin de faire apparaître à la fois le vrai coût du déficit « historique » et le vrai coût de la crise.

Entre 2007 et 2012, la dette s’est aggravée de 510 milliards d’euros.

« Au final, le bilan des 510 milliards de dette supplémentaire ne peuvent pas être imputés au gouvernement mais en partie, comme le démontre notre chiffrage, à la crise et en partie au manque de rigueur structurel qui régit nos finances publiques depuis 30 ans »

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Lire l’article de l’IFRAP

1 commentaire pour “Entre 2007 et 2012, la dette s’est aggravée de 510 milliards d’euros. Quel est le part de la crise dans ce montant, quel est la part de la politique du gouvernement ? C’est la question que s’est posée l’IFRAP.”

  1. tronquer un texte est repugnant:priere d’inserer entre la partie std & italique la partie censurée:
    Au sein de ces 510 milliards d’euros, 298 milliards sont imputables au déficit « structurel cumulé » de la France (entendu comme déficit sans crise [1] que l’on pourrait appeler « déficit résiduel » afin d’éviter toute confusion). En effet, en 2007, le déficit « résiduel » de la France était déjà de 52 milliards. Ce déficit s’est mécaniquement consolidé sans crise entre 2007 et 2011, passant à 66 milliards en 2011. Soit de 2,7% du PIB à 2,93% du PIB. Dans le même temps, le poids de la crise est isolable sur le déficit puisqu’à partir de 2009 où il constitue un pic (58% du déficit total constaté), il décroît progressivement jusqu’en 2011 (42%). Entre 2008 et 2011, la crise a donc coûté 212 milliards d’euros de déficits cumulés à la France.
    La question qui se pose reste donc l’impact de la politique que le gouvernement a menée sur l’aggravation de la dette.
    Une partie de la réponse est apportée par le rapport du rapporteur général du budget au Sénat, Nicole Bricq (PS) : « Le Gouvernement a pris de 2008 à 2010 un ensemble de mesures de réductions de recettes (loi TEPA, TVA restauration, réforme de la taxe professionnelle) qui ont globalement accru le déficit de 17,6 milliards d’euros, soit 0,9 point de PIB. »
    Ce qui correspondait en réalité à une politique de relance par l’offre dans un climat économique très déprimé. Sur l’ensemble des 510 milliards d’euros de dettes supplémentaires entre 2007 et 2011,
    17,6 milliards au maximum seraient donc imputables à l’action du Gouvernement. Soit seulement 3,4% du total, ne représentant au final que 0,88 point de PIB.
    …Et encore ! En effet, plus loin dans le rapport, le Rapporteur général poursuit : « La politique d’allégements de recettes de début de mandat a dû être plus que compensée par des augmentations nettes de recettes (fiscales et non fiscales), en quasi-totalité concentrées sur les années 2011 et 2012, pour un montant total de 1,9 point de PIB (environ 40 milliards d’euros). » Il y a donc eu rattrapage sur les deux ans qui ont suivi afin de juguler très rapidement la forte dégradation des soldes publics, en attendant de pouvoir pleinement agir sur les dépenses [2].
    En clair, l’action du gouvernement a été au début de la législature marquée par un allègement de recettes et, en fin de législature, suite à la crise, par une augmentation des impôts.
    « Compte tenu de son engagement initial de maîtriser les dépenses, et de la nécessité de financer les baisses de recettes tout en réduisant le déficit, on peut supposer que cet effort de 1,1 point de PIB aurait également eu lieu en l’absence de crise. »
    retablir aprés la partie italique:
     [3] .
    Cela n’exonère pas pour autant les gouvernements qui se sont succédé de la responsabilité pour leur manque de vision à long terme du risque que nous fait courir collectivement déficit chronique et dette accumulée.ce qui permettrait d’éviter les incohérences de choix politiques au sein d’une même législature.
    Ce mécanisme nécessiterait, pour devenir pleinement opérationnel, la mise en place d’un comité budgétaire indépendant. Une disposition qui a d’ailleurs été soutenue dans le dernier rapport de l’OCDE France 2011.
    [1] Ce qui ne correspond pas terme à terme à ce que l’on entend généralement comme déficit structurel qui est en réalité le déficit constaté hors cycle conjoncturel, ce qui est plus précis), pour une prévision de croissance donnée.
    [2] De ce point de vue, le gouvernement de Nicolas Sarkozy n’a pas fondamentalement innové économiquement. Il y a consensus chez les économistes pour penser que les ajustements les plus rapides se font par la fiscalité.
    Tous les gouvernements ont eu d’abord recours à l’arme fiscale (ce qui suppose aussi la limitation des niches, qui est en réalité une augmentation d’impôts).
    Ce qui diverge toutefois, c’est la propension à faire ensuite des économies sur les dépenses.
    Pour certains en période de crise, le mécanisme est pro-cyclique, tout comme l’allègement des prélèvements obligatoires en haut de cycle.
    Cependant, l’ensemble des ajustements budgétaires durables observés sur longue période dans les pays analysés l’ont été par une action résolue sur la dépense.
    [3] Le « classicisme » de la politique budgétaire et fiscale du gouvernement de Nicolas Sarkozy hors crise et hors RGPP est même à souligner en dépit de son approche plus importante par l’offre ainsi que l’évoque d’ailleurs la Cour des comptes  :
    « Comme le souligne l’OCDE dans sa dernière étude sur la France [France 2011], les politiques budgétaires sont assez systématiquement contra cycliques dans les phases de mauvaise conjoncture, avec des mesures de relance de l’activité, et pro cycliques dans les phases de bonne conjoncture, avec des baisses d’impôts et des hausses de dépenses. »

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