Hommage au Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame à Sauveterre-de-Guyenne mercredi.

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Madame, Monsieur,

A la suite des évènements de Trèbes et de Carcassonne, Monsieur le Curé de Sauveterre-de-Guyenne nous invite à participer à la messe qu’il dira, ce mercredi 28 mars 2018 à 17H30 à l’église Notre-Dame de Sauveterre pour rendre hommage aux policiers, gendarmes et militaires morts pour la France dans les attentats perpétrés par l’Etat Islamique et notamment au lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame, assassiné ce vendredi 23 mars à Trèbes (Aude), après avoir échangé sa vie contre celle d’une otage.

A la suite de l’hommage national qui sera rendu au Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame le mercredi 28 mars 2018 aux Invalides (Paris), Monsieur le Maire et le Conseil Municipal de Sauveterre-de-Guyenne, vous invitent à participer, à 18h30, en présence de représentants de la Communauté de brigade Sauveterre-Targon (Gendarmerie), des Maires de la Communauté des Communes Rurales de l’Entre-deux-Mers, des porte-drapeaux des associations d’anciens combattants du secteur et des autorités civiles et militaires, à un dépôt de gerbe, dans le silence, au monument aux morts de Sauveterre-de-Guyenne place René Caténa en l’honneur du Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame et des policiers, gendarmes, militaires et civils « morts pour la France » lors des attentats revendiqués par l’EI.

Il n’y aura pas de prise de parole. La cérémonie se clôturera en entonnant « Le Chant des Partisans »et « La Marseillaise ».

3 commentaires sur “Hommage au Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame à Sauveterre-de-Guyenne mercredi.”

  1. Bonjour Monsieur,

    Je ne vois pas ce que vient faire l’annonce d’une cérémonie religieuse dans un message officiel de la municipalité. Ignorez-vous que nous vivons dans un état laïque?

    A l’heure où les extrémismes religieux refont surfaces, il me parait urgent de réaffirmer les valeurs de la république française, dont la laïcité fait partie.

    De plus vous vous servez des adresses mails répertoriées par l’école de musique. J’ai l’impression que vous confondez un peu tous les domaines et prérogatives. Je vous prie dorénavant de ne m’envoyer que des messages émanent de l’école de musique et de vous abstenir de m’envoyer votre propagande religieuse.

    Veuillez, monsieur d’Amécourt, agréer l’expression de mes sentiments distingués.

    Mme Broche

  2. Yves d'Amécourt

    Bonjour Madame,

    Comme vous aurez pu le constater l’information est très claire et ne mélange pas l’invitation de Monsieur le Curé et celle de la commune. Nous en avons pris soin en la rédigeant afin qu’elle ne porte pas à confusion. Il m’aurait été difficile de ne pas faire part de l’initiative de Monsieur le Curé le jour même de l’hommage national décidé par Monsieur le Président de la République.

    Cela n’entache en rien la loi de 1905 et la séparation de l’église et de l’état. Vous confondez dans votre email laïcité et anticléricalisme. Je vous rappelle à toute fin utile, que le Président de la République Française est aussi Chanoine de Latran. Cela ne l’empêche pas d’être le garant des valeurs de la République, notamment la laïcité.

    Je trouve personnellement consternant que vous puissiez considérer une information concernant l’invitation de Monsieur le Curé à rendre hommage au Lieutenant-Colonel Beltrame dans notre église comme de la « propagande religieuse ».

    Je vous rappelle à toute fin utile la devise de notre république : liberté, égalité et fraternité. N’oublions pas la fraternité chère Madame.

    Par ailleurs, le Lieutenant-Colonel Beltrame était Chrétien. Son épouse, dans le journal « La Vie », a expliqué que son geste était autant le geste d’un gendarme que le geste d’un chrétien. Lui rendre hommage dans une église comme le propose Monsieur le Curé ne me semble pas enfreindre nos valeurs ni celles de la République. Chaque année, les gendarmes de la compagnie de Langon se réunissent à l’église le jour de la Sainte Géneviève, leur Sainte Patronne. Les Pompiers se réunissent, eux, le jour de la Sainte Barbe.

    La laïcité ne saurait être la négation de l’histoire. François Mitterrand lui-même estimait que le baptême de Clovis occupait dans l’histoire de France, dans l’édification de notre civilisation, une place plus importante que la prise de la Bastille.

    Nous devons entretenir nos racines, toutes nos racines. Les ignorer, les nier, nous emmènerait tout droit vers le fanatisme. Une civilisation se construit au fil des siècles. Chacun apporte sa pierre à l’édifice.

    J’ajoute à cela que l’église catholique n’a pas de problème avec la laïcité puisqu’elle était transcrite noir sur blanc dans les évangiles, et cela bien avant que la République n’en face une de ses valeurs cardinales.

    Elevons le débat chère Madame. Ne rentrons pas dans le jeu de ceux qui veulent faire de la religion ou de sa négation une arme politique.

    D’autre part nous prenons note de votre souhait de ne plus recevoir les messages de la municipalité et nous vous retirons de notre liste de diffusion.

    Très cordialement.

    Yves d’Amécourt
    Maire de Sauveterre-de-Guyenne

  3. Monsieur d’Amécourt,

    Je tiens tout d’abord à vous remercier pour votre réponse, ce qui montre que vous vous préoccupez des questionnements de vos concitoyens.
    Toutefois, permettez-moi, à mon tour, d’exprimer mon point de vue et de répondre à certaines de vos affirmations.

    Vous dites que » l’information est très claire et ne mélange pas l’invitation de Monsieur le Curé et celle de la commune ». Pour ma part je constate que l’information religieuse placée en premier point et à côté de la photographie attire immédiatement le regard. L’annonce du dépôt de gerbe au monument aux morts en écho à la cérémonie d’hommage national à Paris ne vient qu’en deuxième position.

    D’autre part, si Monsieur Macron a choisi d’accepter officiellement le titre de chanoine de Latran, ce titre était tombé en désuétude et nombre de ses prédécesseurs (G. Pompidou, F. Miterrand, F. Hollande), l’avait ignoré.
    La première phrase de l’article premier de la constitution française de 1956 affirme « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » Si la France était la fille ainée de la religion catholique, la république française, elle, se doit d’être neutre.
    La République n’a pas à endosser les héritages qui entrent en contradiction avec son principe d’organisation politique et sociale que représente la laïcité.
    Ce qui ne veut pas dire non plus qu’elle doive oublier son passé.
    Vous dites: »Nous devons entretenir nos racines, toutes nos racines. Les ignorer, les nier, nous emmènerait tout droit vers le fanatisme ».
    Je ne peux qu’être d’accord avec vous sur ce point, mais nous n’entendons pas la même chose par l’expression « héritage historique ». L’héritage historique me parait être la connaissance des événements du passé et des œuvres (artistiques, culturelles) réalisées par le passé, et nous avons le devoir d’entretenir les traces matérielles de cet héritage (par exemple œuvres d’arts, architectures religieuses…). Mais avoir la connaissance d’un héritage historique ne veut pas dire adhérer à ses valeurs. Il ne faut pas confondre la sauvegarde d’un patrimoine avec le prosélytisme religieux.

    Vous dites: »l’église catholique n’a pas de problème avec la laïcité puisqu’elle était transcrite noir sur blanc dans les évangiles ». Vous n’êtes pas sans ignorer les combats permanents au fil des siècle, et notamment depuis le 19 eme siècle, entre l’église et l’état, entre catholiques et républicains. La loi de 1905 est très mal accueillie par l’église, le pape la condamne. Il faut attendre les années 60 pour que la laïcité soit enfin acceptée de tous.

    Je trouve pour ma part étonnant que vous me m’accusiez de manquer de fraternité » N’oublions pas la fraternité chère Madame ». En fait, je ne vois vraiment pas le rapport entre le fait de contester la présence d’une annonce religieuse dans un bulletin communal et un manque de fraternité. La religion aurait-elle le monopole de la fraternité? Le mot fraternité dans la devise républicaine affirme que tous les hommes sont des frères et qu’ils appartiennent à l’espèce humaine quelques soient leurs origines, leur religion ou leur sexe.

    Enfin vous dites « Elevons le débat chère Madame. Ne rentrons pas dans le jeu de ceux qui veulent faire de la religion ou de sa négation une arme politique ». Votre phrase amène plusieurs réflexions. Vous semblez ici dénigrer la politique. Or vous, en tant que maire, vous faites de la politique, dans son sens large (organiser la vie d’une commune) mais aussi dans une sens plus restrictif ( » au sens de Politikè ou d’art politique, se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir », référence: <a href= »https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique » title= »https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique »>https://fr.wikipedia.org/wiki/Polit…</a>). Les « armes du pouvoir », tout élu y a recours. Ce peut-être la force de persuasion d’un discours, ou la défense d’ idées ou de valeurs. Ce n’est pas quelque chose de bas ou d’immoral. Cela peut le devenir si le langage utilisé dans un discours confine au sophisme, si les vérités énoncées dans un discours sont tronquées, les faits déformés…Bref la malhonnêteté qui peut être intellectuelle, ne saurait être l’apanage de la politique, elle n’en est que la caricature, ou la perversion.
    D’autre part, dans cette même phrase vous semblez renvoyer dos à dos « ceux qui veulent faire de la religion » et ceux qui veulent nier la religion. Or la laïcité ne nie pas la religion, elle permet l’expression de toutes les religions, y compris l’absence de religion, dans la sphère privée, mais elle interdit la diffusion d’une doctrine religieuse par un organisme public.

    Pour conclure, je vais citer cette phrase extraite de La charte de principe de l’Observatoire de la laïcité, organisme d’état :  » Les élus de la République ont la charge de faire respecter la laïcité. Elle suppose un engagement fort et constant de la puissance publique pour assurer sa pédagogie et sa promotion. »
    Je ne doute pas que telle est votre ambition. Pour ma part je persiste à penser que les annonces religieuses devraient se faire un peu plus discrètes dans les bulletins communaux, en particulier lorsque ceux-ci arborent un caractère officiel ( liseré tricolore et annonce d’un hommage national).

    Veuillez agréer, Monsieur le maire, l’expression de mes sentiments distingués.

    Mme Broche

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