Inaugurations aujourd’hui à Blasimon.

A une époque où chacun se demande ce que l’autre peut bien faire pour lui, on a raison d’honorer ceux qui ont donné aux autres sans se poser de question. Ceux qui ont donné une part d’eux même à la collectivité, qui ont donné jusqu’à leur vie à la nation.

Le 8 août 1956 mon Oncle Antoine est mort au combat à Tablat, dans une embuscade tendue par les Fellagha. Mon frère et mon fils porte son prénom. Je me rendrai chaque fois que je le pourrai à l’invitation de ceux qui entretiennent le souvenir des anciens combattants d’Afrique du Nord.

  • En souvenir de ceux qui sont morts aux combats. Hier, à Blasimon, nous avions une pensée toute particulière pour les enfants de Blasimon et du Canton de Sauveterre, pour Jean-Louis Salafranque mort au champ d’honneur le 9 novembre 1958, dont une rue à Blasimon, porte désormais le nom.
  • En souvenir des harkis abandonnés à leur destin tragique, et auxquels la République doit encore beaucoup, et je suis particulièrement fier que Jeannette Bougrab, petite fille de Harkis ait été nommée à la Présidence de la Halde succédant ainsi à Louis Schweizer,
  • Par amitié avec tous ceux, Africains et Pieds Noirs, qu’on a arrachés à leurs racines,
  • Par amitié avec ceux qui ont combattu et qui sont revenus. Ils étaient nombreux, hier, à Blasimon.

Se souvenir ce n’est pas pardonner…Mais le souvenir permet le pardon, car on ne peut pas pardonner ce qu’on a oublié. L’entretien du souvenir c’est ce qui a guidé Daniel Barbe et son conseil municipal lorsqu’ils ont décidé d’honorer les anciens : anciens combattants, ancien Maires; après l’école « Saint-Jean », nous inaugurions hier la rue « Pierre Girard ».

A une époque où chacun se demande ce que l’autre peut bien faire pour lui, on a raison d’honorer ceux qui ont donné aux autres sans se poser de question. Ceux qui ont donné une part d’eux même à la collectivité, qui ont donné jusqu’à leur vie à la nation.


Discours prononcé par Yves d’Amécourt.

Monsieur le Président du Conseil Général,
Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Daniel Paludetto, le Président de la FNACA, a remercié tout le monde, il me reste donc à remercier Daniel Paludetto. Il se donne beaucoup de mal, chaque année pour organiser ces rendez-vous cantonaux. Il mérite qu’on l’applaudisse.

Avant de démarrer mon propos, permettez-moi aussi de remercier et de saluer Daniel Barbe, mon collègue Maire de Blasimon, Vice-Président de la Communauté des Communes chargé des affaires sociales, de la petite enfance et de la jeunesse. Un élu avec lequel j’ai plaisir à travailler et à construire l’avenir.

Je suis très heureux d’être ici, avec vous aujourd’hui pour honorer la mémoire de nos frères mort pour la France en Afrique du Nord avant et après le 19 mars 1962, date du Cessez le feu en Algérie.

Je remercie Daniel Paludetto et la FNACA d’avoir accepté que le texte imaginé en 2008 à l’occasion de la pose de cette plaque à Sauveterre soit désormais le texte habituel des nouvelles plaques posées ici et ailleurs.

Cette phrase « en souvenir de ceux qui sont morts avant et après cette date », signifie que le 19 mars 1962, date du cessez le feu, ne fut malheureusement pas la fin de la guerre, et qu’après le cessez le feu de nombreux hommes, Français ou Africains, sont morts pour la France.

  • Le nombre de morts ou de disparus français après cette date se monte à plusieurs dizaines, parce que le cessez le feu n’a pas été respecté toujours et partout,
  • Les dispositions administratives prises par la France, au titre de l’Algérie, s’échelonnèrent jusqu’au 1er juillet 1964.

Se souvenir du 19 mars 1962, c’est se souvenir, aussi, de l’interdiction faite aux autorités militaires, après cette date, de ramener en France les harkis et leur famille, avec les conséquences que l’on sait.

Je remercie la FNACA d’avoir accepté ce texte à Sauveterre et de l’avoir choisi pour les plaques qui suivent. Je vous remercie toutes et tous du fonds du cœur.

Nous souhaitons que cette plaque permette à ceux qui connaissent l’histoire, de la raconter à ceux, de plus en plus nombreux, qui ne la connaissent pas : raconter la guerre l’Algérie, les combats d’Afrique du Nord, d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, raconter le processus qui a aboutit aux accords d’Evian le 18 mars, raconter le cessez le feu le 19 mars qui n’a pas été respecté également des deux cotés, raconter la déchirure du départ pour les pieds noirs et raconter l’abandon des harkis par la France.

Merci à toutes et à tous.

Vive Blasimon !
Vive la France !

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