Interdire la chasse le week-end est une mauvaise idée !

Par Yves d’Amécourt, viticulteur, ancien conseiller général et maire de Sauveterre-de-Guyenne, porte-parole national du Mouvement de la Ruralité pour Le Drenche
En 20 ans, la tendance globale des accidents de chasse est à la baisse[1]. Le nombre d’accidents a diminué de 41 % comparé à 1999. La saison 2019-2020 a déploré 141 victimes et 11 accidents mortels. Le nombre d’accidents mortels a chuté de 71% comparé à 1999. Ajoutons à cela que les premières victimes sont les chasseurs eux-mêmes. Les accidents mortels touchant des non-chasseurs comme récemment restent très rares.

Des efforts considérables ont déjà été accomplis grâce à la formation des chasseurs, à leur équipement et à l’équipement des zones de chasse. Il reste encore des progrès à faire. Les accidents sont toujours déplorables et tout doit être mis en œuvre pour les éviter. Les auteurs d’accident ne respectant pas les règles doivent être punis. C’est le cas.

Interdire la chasse le week-end de manière unilatérale et autoritaire n’est pas la bonne solution. La chasse est un loisir et se pratique surtout le week-end. L’interdire le week-end serait l’interdire tout court.

Il faut privilégier au contraire la communication et le bien vivre ensemble. Chasse aux perdreaux en plaine, chasse aux lièvres dans les vignes, chasse au lapin dans les talus, chasse au canard au bord des étangs, chasse aux grives à la passée, … chaque chasse est spécifique.

Les décisions doivent être locales

Il est possible, ici ou là, d’interdire la chasse tel ou tel jour de la semaine pour permettre le vivre ensemble. C’est d’ailleurs ce qui est déjà pratiqué dans un certain nombre d’endroits, à la demande des propriétaires, des ACCA, ou de l’ONF dans les forêts domaniales (9% des forêts françaises) qui sont aussi des lieux de promenade.

Les décisions doivent s’adapter au contexte et aux lieux

La chasse à courre, par exemple, ne pose aucun problème de sécurité pour les promeneurs qui sont d’ailleurs très nombreux à suivre ces chasses notamment le week-end à pied ou en vélo. Il en est de même de la vénerie sous terre qui consiste à chasser à la main et sans arme à feu. C’est le cas aussi des chasses traditionnelles à la matole ou au filet. Le chasse à la tonne est pratiquée sur des périmètres identifiés. La chasse à la palombe se pratique en tirant vers le ciel depuis des cabanes ou du haut des cimes des arbres. Les interdire le week-end serait pour le moins incongru ! D’autant que la palombière ou la tonne sont des lieux de convivialité où le dimanche, on se retrouve en famille autour d’une bonne table.

Les battues au grand gibier sont très règlementées

Les battues sont très encadrées et on y utilise des armes à feu. Selon la région et le gibier, le Préfet autorise le tir au plomb ou le tir à balle. Il convient de s’assurer alors qu’il n’y a pas de promeneurs ou de cyclistes dans les zones chassées à l’aide de panneaux de signalisation. Cela ne peut se faire qu’à travers une réglementation au cas par cas, selon que le lieu est public ou privé, que le droit de chasse est personnel ou collectif et la promenade interdite ou autorisée comme c’est le cas dans les forêts domaniales.

Il y a en France 11 à 12 millions d’accidents de la vie courante[2] qui provoquent chaque année plus de 21000 décès : 9600 chutes mortelles, 3000 morts par étouffement ou suffocation, 2040 morts par intoxication, 971 morts par noyade, 419 morts par le feu … et l’on voudrait interdire la chasse pratiquée par 1 million de chasseurs passionnés, avec 141 victimes et 11 accidents mortels ?


[1] Source OFB

[2] Etude publiée le 10 janvier 2017 dans le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire »

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