Ces deux derniers jours étaient consacrés aux commissions, afin de préparer la commission permanente de Lundi. Autant dire que ce sont des commissions sans pouvoir, puisque qu’elles n’ont pas le pouvoir de corriger quoi que ce soit avant la commission permanente ! C’est sans doute la raison du manque de participation des conseillers généraux de la majorité comme de l’opposition…On y lit les délibérations, on pose des questions, mais on ne peut changer quoi que ce soit ! Voici toutefois, le récit de quelques débats animés qui seront j’en suis certain, source de progrès pour l’avenir !

  • Jeudi matin, commissions « Petite enfance », « Famille », « Personnes agées », …

Salle Jean Raymond Guyon, autrement appelée « l’aquarium ».

La responsable du service concerné nous parle des maisons de retraite : « Notre doctrine (sic !) est de financer les maisons de retraite « à but non lucratif » (re-sic !) ». Je sais bien que c’est là, le mode opératoire du Conseil Général de la Gironde, mais je m’en étonne : « Précisez votre pensée, Madame. Que se cache-t-il derrière ce vocabulaire exécrable ? ». Bernard Garandeau : « Nous ne voulons pas que nos subventions soient reversées sous forme de dividendes à des actionnaires »… On frôle la caricature ! YD : « Vous préférez parfois donner des subventions à des associations mal gérées qu’à des entreprises privées. En fait, vous n’aimez pas les entreprises. Pour vous l’entreprise est honteuse ! ». Michèle Delaunay : «Il faut que nous puissions donner, un jour, une composante sociale aux entreprises ». YD : « cela, Madame, c’est de l’idéologie. Comment pouvez-vous dire que les entreprises n’ont pas de composantes sociales ? Par nature, l’entreprise est une construction sociale ! ». « L’idéologie, c’est quand la réponse arrive avant la question » disait Jean Pierre Raffarin, et bien là nous sommes en pleine idéologie : d’un coté, les associations qui forcément sont honnêtes, de l’autre les entreprises qui forcément sont malhonnêtes, et comble de l’horreur «distribuent des dividendes aux actionnaires» !

Le problème est que le Conseil Général, s’ il veut augmenter le nombre de places en Gironde pour les personnes âgées, ne pourra pas indéfiniment s’appuyer sur le seul tissu associatif. Il faudra bien, un jour ou l’autre, encourager les entreprises, ou à minima, cesser de leur mettre des bâtons dans les roues !

Nous parlons ensuite des projets de construction envisagés.

Voilà que Madame le chef de service nous présente un projet d’investissement d’une maison de retraite associative de 78 chambres, pour un montant de 8 000 000 d’€, sans le terrain !!! Ce qui fait 102 000 € par chambre ! Je m’exclame : « C’est énorme ! ». La chef de service me répond : «100 000 € par chambre, c’est le prix !». A ce rythme là, on n’est pas prêt de rattraper notre retard ! En somme, le Conseil Général de la Gironde préfère payer très cher des maisons de retraites associatives, que d’aider le privé à construire des maisons de retraites ! Car jamais une entreprise privée n’accepterait de construire à de tels prix ! 102 000 € c’est le prix d’une petite maison !

Je propose que nous changions notre façon de réaliser nos appels à projets. J’expose, en quelques minutes, ce qu’apporterait dans ces consultations une méthodologie de type « Analyse de la Valeur », éprouvée sur de nombreux projets, tant privés que collectifs, qui consiste à consulter sur la base des besoins, plutôt que sur la base des solutions. Une chef de service s’exclame: «Mais c’est une révolution que vous souhaitez». Je me retourne vers mes collègues socialistes: « Oui. Et la révolution vous fait peur ? ».

Je demande alors à la responsable du dossier de nous exposer comment on consulte pour la construction d’une maison de retraite : «Nous mettons quelques contraintes, comme par exemple une surface par résident minimum de 50 m2… ». Je l’interromps : « Ca commence mal ! Comment voulez vous qu’un architecte trouve des solutions moins chères, si vous commencer par lui imposer des surfaces ! ». Et de pousuivre : «Je sais comment vous procédez : vous exprimez des contraintes au lieu d’exposer des besoins. Vous n’associez pas les utilisateurs à l’expression des besoins. Puis, vient le temps du premier dessin. Là ça commence à coûter. Puis l’architecte est payé au pourcentage du coût global. Les objectifs divergent. Enfin, la solution est proposée aux utilisateurs et comme ils n’ont pas été associés au départ, cela génère de « nouveaux besoins » donc des plus-values »… Et voilà comment on arrive à des prix aussi exorbitants ! Je cite au passage Francis Blanche -chacun ses sources- : « Dans un monde en évolution, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement »… Michèle Delaunay : « Cher collègue, si vous me faites un rapport sur ce sujet, je l’étudierai honnêtement ». Bernard Garandeau : « C’est vrai que nous devrions peut être revoir nos procédures d’appels d’offre »…

Sur un autre projet, on nous annonce une plus-value de 1 300 000 €. La chef de service argumente : « c’est parce que le terrain est en pente ! ». Je songe : « Sans doute une contrainte que l’on avait pas vu avant : le terrain a dû glisser !!!! » J’interviens : « Vous voyez Madame, cette plus-value vient confirmer ma démonstration précédente, les coûts augmentent au cours du projet ». Bernard Garandeau souligne que nous restons en dessous de l’enveloppe initiale.

Conclusion

Je reste persuadé que si nous faisions des progrès au Conseil Général sur l’achat de ces grands projets, nous pourrions construire : plus, mieux et moins cher ! Et que pourrions mieux utiliser l’argent du contribuable ! A l’issue de cette commission, un chef de service me demande une note sur le sujet.

  • Vendredi matin. Commissions « Economie, Agriculture, … »

Nous proposons de verser 1 000 000 € à la SNPE et 300 000 € à LECTRA SYSTEME, pour les encourager dans la recherche et le développement. Comme quoi les entreprises ont le droit de cité dans cette institution ! Seules les entreprises qui agissent dans les services à la personne n’ont pas le droit aux subventions du Conseil Général de la Gironde et n’ont pas le droit d’avoir des actionnaires !

  • Vendredi matin. Commission « Insertion, Développement social, » …Anecdote.

Jean-Jacques PARIS (PC) est surpris que le dossier d’une association de Bègles ne soit pas présenté à cette commission. J’interviens : « Tu dois être dans le file d’attente, ton canton n’est pas prioritaire ». Gilles SAVARY (PS) s’étonne : « de quoi parles tu ? ». « Gilles, tu n’es pas au courant ? Toi, tu vis dans le palais. Mais les communistes et nous, nous sommes dans les oubliettes ! Et nos dossiers ne sont pas prioritaires. Je pense que tu es au courant qu’avant chaque commission permanente un tri est fait parmi les dossiers… Les services ne sont pas en cause. Ils instruisent les dossiers. Mais les dossiers attendent dans l’entonnoir. Pour ma part, j’ai un dossier qui est repoussé à chaque commission permanente depuis 18 mois ! ». Gilles SAVARY n’a pas l’air au courant. J’ajoute : « Quant à Jean-Jacques PARIS, il a beau être dans la majorité, l’autre jour,il a découvert un dossier d’infrastructure en commission permanente, le rond point de la Winerie RAOUX -1 000 000 €, une paille ! -. Alors que c’est lui le VICE-PRÉSIDENT aux infrastructures !!! » Jean-Jacques PARIS acquiesce.

7 commentaires sur “Irascible !”

  1. Merci Yves pour tous ces commentaires, si un temps j’avais de l’intérêt pour la politique, je crois que maintenant,je ne supporterai plus les discussions qui ne mènent nulle part, et l’illogisme permanent des décisions prises ! Je t’admire et t’encourage à continuer…

  2. Merci Yves de si bien défendre les causes de nos aieuls, je trouve cela lamentable et ce n’est pas demain que nous aurons des places
    pour nos personnes âgées. Courage et continuez à défendre les justes causes

  3. Bravo Yves !La suite n’est pas très originale comme commentaires, l’essentiel ayant été dit par ceux qui m’ont précédé, mais j’avoue que ton rôle au Conseil Général doit géner pas mal de "roses" qui doivent se piquer avec tes épines dont la pertinence doit leur rappeler que l’argent du contribuable est plus facile à dépenser quand ce n’est pas le sien. Ils ont bonne mine les donneurs de leçons!! Courage Yves et continue MICHEL

  4. Je n’ai jamais compris pourquoi les collectivités locales ne sont presque jamais capables de gérer leur budget "comme un père de famille" selon l’expression consacrée. Pourquoi, alors qu’il s’agit de l’argent des contribuables, ne se sentent-elles pas obligées d’en faire une gestion plus saine et logique, viendrait-il à l’idée des "décideurs" de gérer leur propre budget familial de la même façon ? A l’inverse, ne devrait-on pas plutôt imaginer de nouvelles méthodes de gestion des fonds publics à l’image de la gestion des budgets personnels et familiaux ?

  5. Je sais bien qu’une collectivité locale n’est pas une famille, cela ne devrait pas empêcher les décideurs d’être intelligents, logiques, économes et honnêtes il me semble ! Je ne comprends pas pourquoi, dès qu’il s’agit de fonds publics, on se croit obligé de se comporter comme un "panier percé", cette "qualité" de "panier percé" est vérifiable dans nombre d’activités des collectivités locales, les solutions les plus dispendieuses sont souvent choisies, les décisions les plus "loufoques" apparaissent (j’ai des exemples incroyables dans la ville où je vis).
    Pourquoi le simple BON SENS est-il si souvent absent ?

  6. C’est simple, une collectivité locale n’est pas une famille. Imaginons une décentralisation -Raffarin- des services publics sans moyen et ce sont les impôts locaux qui augmentent puisqu’il faut bien chercher l’argent quelque part…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.