La place de la mairie devient Place du Lieutenant Antoine d’Amécourt

Avoise

Hommage à l’ancien maire tué au combat

La cérémonie de l’Armistice du 8 mai 1945 a pris une autre dimension samedi à Avoise. La municipalité a tenu à rendre hommage à Antoine d’Amécourt qui fut maire d’Avoise en 1955. Il devait décéder une année plus tard au cours de la guerre d’Algérie. Désormais la place de la mairie se nomme « Place du Lieutenant Antoine d’Amécourt ».

Ce 9 août 1956 la campagne d’Avoise sous un lourd soleil d’été sent bon le blé fraîchement coupé. Au loin sur la route qui longe la Sarthe un télégraphiste pédale du plus vite qu’il peut pour rejoindre la mairie. Dans sa sacoche un papier bleu porteur de mauvaise nouvelle : « Le lieutenant Antoine de Ponton d’Amécourt est mort sous les balles ennemies dans la montagne du Békar hier 8 août », tel devait être en substance le contenu de ce télégramme. La nouvelle sème la consternation dans la commune qui vient de perdre un de ses enfants et aussi son maire. Antoine d’Amécourt avait été élu premier magistrat le 1er avril 1955 au décès de son prédécesseur M. de Fraguier. Il était entré au conseil municipal au cours de l’élection complémentaire de 1954. À 27 ans c’était le plus jeune maire du département.

Antoine d’Amécourt exploitait les terres de Pescheseul avant d’être affecté au 2ème Bataillon du 17ème R.I. au camp de Mendon le 16 avril 1956. Le 2 mai le régiment quitte la France pour l’Algérie. Arrivés à Alger le 5, les militaires sous les ordres du chef Bouchard se rendent au camp de transit de l’Armée de l’Air au Caroubier puis sur le secteur d’Aumale où ils arrivent le 7. Le 2ème bataillon s’implante sur cinq sites. La 2ème compagnie où sert le maire d’Avoise rejoint le poste de Bekar sous les ordres du lieutenant Botherel.

Un monument sera érigé au Mans en l’honneur des 223 militaires morts en Algérie.

Au matin du 8 août, le sous-lieutenant d’Amécourt doit assurer avec ses hommes la sécurité des convois qui se rendent de Tablat aux points des forces armées stationnées plus en avant dans la montagne du Békar. La région est particulièrement dangereuse de par son site très escarpé. À 8h30 la 4ème section, composée de 15 hommes et ayant à sa tête le jeune sous-lieutenant, essuie des rafales de l’ennemi en nombre supérieur. Blessé à la jambe Antoine d’Amécourt couvre de son arme l’un de ses hommes afin qu’il puisse s’échapper de ce traquenard et aller chercher des renforts au camp de base situé à 3 kilomètres. Les hommes de la 2ème compagnie, qui arriveront rapidement, ne trouveront qu’un seul survivant. Ces faits sont rapportés par un témoin, André Gilsoul, qui était à Avoise samedi soir. Le corps du jeune avoisien ne sera rapatrié que le 28 mars de l’année suivante. « Il était d’une race où le sens du devoir, de l’honneur l’ont amené à abandonner ses projets pour défendre la France sur le sol algérien » déclarait M. Bellanti, successeur d’Antoine d’Amécourt à la mairie lors de l’oraison funèbre. Quelques jours auparavant le lieutenant de Ponton d’Amécourt était fait chevalier de la Légion d’honneur et décoré de la Valeur militaire avec palme.

Son nom sera gravé avec les 222 autres soldats morts en Algérie sur le mémorial qui sera élevé en leur honneur au Mans d’ici un an (*).

La plaque a été dévoilée en présence de nombreux Avoisiens avec à leur tête, Jean-Claude Bazeau, le maire et la famille d’Amécourt, dont Bruno le frère d’Antoine.

Bernard Lebrec

(*) L’ASEMACA (Association Sarthoise pour l’Érection d’un Mémorial des Anciens Combattants d’Algérie) dont le président, Daniel Tuffier, était présent à Avoise, recherche des documents sur les 223 Sarthois morts en Algérie afin d’établir un livret. Informations au 02.43.85.61.91.

Les Nouvelles – L’Écho, 11 mai 2000.

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