Le Conseil Général de la Gironde opte -enfin- pour la décentralisation vers les territoires Girondins.

Le programme « Solidarité 2013 » – qui repense l’ensemble des modalités d’organisation de la DGAS (Direction Général Adjointe à la Solidarité) – est effectif depuis ce début mai.

Le groupe Gironde Avenir appelle de ses voeux cette décentralisation des services du Conseil Général vers les territoires depuis de longues années. A quand une véritable décentralisation de l’ensemble des services du Conseil Général ? Affaire à suivre …

En attendant, voici la présentation de la nouvelle logique de travail par Pascal GOULFIER, DGA Solidarité (interview disponible sur le site du Conseil Général).

Bonjour Pascal Goulfier. Et merci d’avoir pris le temps de cet entretien alors que, parallèlement, vous assurez l’intérim du Directeur Général des Services depuis le départ de Gérard Marty.

Pascal GOULFIER : Je suis avant tout DGA Solidarité. Et la réussite dans la mise en œuvre de Solidarité 2013 constitue évidement pour moi une priorité absolue… La DGAS travaille sur ce projet depuis tant d’années ! Il a même été initié par mon prédécesseur, Jean-Louis Grelier. Dès 2007…

Mais, justement, pourquoi la DGAS a-t-elle mis en branle un changement d’une telle importance ? On a pu calculer que 600 agents auront déménagé ce premier semestre 2014…

Pascal GOULFIER : Le chiffre est même supérieur. Et d’autres déménagements auront lieu dans les semaines qui viennent pour s’inscrire dans la nouvelle organisation. Avec Solidarité 2013, la DGAS redéfinit en effet radicalement les modalités de ses interventions, notamment sur les territoires. Cela se traduit par deux volets. Le premier est ce vaste programme immobilier que le Conseil général a développé pour se doter de locaux mieux adaptés à la réalité des missions de solidarité sur l’ensemble du territoire girondin.

Par exemple, 11 nouveaux bâtiments vont être livrés durant cette seule année 2014 (programme conclu en « PPP »). C’est un programme de construction/rénovation sans précédent pour notre collectivité. Mais tout ceci est porté par l’autre volet de Solidarité 2013 : une restructuration complète de l’organisation de la DGAS avec, en particulier, la création des 9 «Pôles Territoriaux de Solidarité».

Des «Pôles Territoriaux de Solidarité» qui vont constituer un élément central dans la nouvelle organisation…

Pascal GOULFIER : Ces Pôles vont en effet impulser un changement majeur dans notre mode de fonctionnement, permettant en particulier de donner une nouvelle place aux territoires, dans une démarche de transversalité accrue. La dernière restructuration de la DGAS remonte à 2001. Depuis cette date, le contexte de nos interventions a profondément évolué et, nécessairement, l’organisation n’était plus vraiment adaptée.

Pouvez-vous préciser ?

Pascal GOULFIER : Cette organisation – datant donc de plus de 10 ans ! – ne permettait pas une lisibilité suffisante de nos actions sur les territoires. Elle ne favorisait pas la transversalité entre les équipes… alors que c’est un impératif pour assurer la cohérence de nos interventions et apporter des réponses globales, à nos usagers et à nos partenaires. Il a donc été décidé d’introduire un nouveau niveau de découpage territorial.

L’échelon des MDSI est naturellement conservé : ces «Maisons Départementales de la Solidarité et de l’Insertion» jouent en effet un rôle essentiel pour garantir la présence de solidarité du Département au plus près des besoins.

Ces 9 Pôles seront désormais les référents pour l’ensemble des missions de la DGAS sur le territoire correspondant ; un territoire englobant les circonscriptions de plusieurs MDSI.

Et un acte fort est d’avoir constitué ces «Pôles Territoriaux de Solidarité» en Directions à part entière. On notera qu’il s’agit des premières Directions «territorialisées» du Conseil général.

Je n’ai toujours pas exactement compris ce que sont ces «Pôles Territoriaux de Solidarité».

Pascal GOULFIER : La création des «Pôles Territoriaux de Solidarité» vise à donner de nouveaux moyens à l’action territoriale. Les équipes ont montré leur savoir-faire dans la mise en œuvre d’actions collectives ou de développement social local. Un des objectifs est de poursuivre dans cette voie grâce à un ancrage territorial accru… et grâce à ce qu’on pourrait appeler une logique de décision en «circuit court».

«Circuit court» ?

Pascal GOULFIER : Le Directeur du Pôle Territorial aura sous sa responsabilité directe l’essentiel des professionnels présents sur les différentes circonscriptions de MDSI constituant le territoire du pôle. C’est une évolution majeure par rapport aux rattachements hiérarchiques plus complexes qu’avaient jusqu’à présent à vivre les équipes de terrain. Sous l’autorité du DGA, ce Directeur sera le représentant du Conseil général en matière d’actions de solidarité sur le territoire du Pôle, notamment dans le cadre de l’animation du réseau des partenaires.

A l’échelle de ce territoire, il devra mettre en œuvre l’ensemble des politiques publiques relevant de la DGA Solidarité, dans le respect des orientations départementales mais, aussi, dans la prise en compte des identités locales. Dans cet esprit, il aura à élaborer avec ses équipes un véritable «projet de territoire», en prise directe avec les besoins et les ressources spécifiques du terrain. Et seront également du ressort du Pôle une partie des décisions individuelles et des décisions relatives aux aides financières. Très concrètement, les Pôles seront implantés au cœur de leur territoire, dans les mêmes locaux qu’une des MDSI de ce territoire. Pour prendre l’exemple d’un des derniers bâtiments livrés, l’équipe du Pôle de Solidarité du Libournais (incluant les circonscriptions des MDSI de Libourne, Coutras et Sainte-Foy-la-Grande) sera dans les mêmes locaux que la MDSI de Libourne, partageant notamment le même secrétariat-accueil.

Revenons à la nouvelle organisation. A vous entendre, on peut s’interroger sur les attributions qui continueront à relever du siège de Mériadeck ?

Pascal GOULFIER : Qu’on se rassure. Le siège de Mériadeck ne manquera pas de travail pour continuer à assurer – aujourd’hui comme hier – la définition des politiques départementales, impulser une cohérence des méthodes d’intervention sur les différents territoires, élaborer les schémas à mettre en œuvre sur ces territoires, etc…

Relèvera par ailleurs du siège de Mériadeck un ensemble d’interventions qu’il n’aurait pas été possible ou pertinent de «territorialiser». Et je crois que le siège sera également restructuré en pôles…

Pascal GOULFIER : C’est le même principe. Comme sur les territoires, il s’agit de favoriser la transversalité et la construction d’actions communes pour éviter l’écueil d’une gestion «en silos» des dispositifs. Le siège sera ainsi structuré en 3 pôles :

  • le pôle «Solidarité / Vie sociale» qui contribuera à la définition et à la mise en œuvre de la politique départementale relative à la petite enfance, à l’enfance, à la famille, à l’insertion, à la santé et au développement social ;
  • le pôle «Solidarité / Autonomie» qui contribuera à la définition et à la mise en œuvre de la politique départementale relative aux pertes d’autonomies liées à l’âge ou au handicap ;
  • le pôle «Ressources de la Solidarité»qui – en interface avec les Directions supports de la collectivité – aura à assurer un rôle d’appui vis-à-vis de l’ensemble des autres pôles du siège et des territoires contribuant par ailleurs à la définition des orientations stratégiques quant aux moyens de la solidarité.

Bref, la DGAS est en ordre de marche pour un nouveau départ, au service de l’ensemble des Girondins, tout particulièrement les plus fragiles.

Un dernier mot ?

Pascal GOULFIER : On comprendra que, aujourd’hui, mes pensées vont d’abord à l’ensemble des équipes de la DGAS. Je sais le travail – souvent si difficile – que chacun accomplit jour après jour. Et je mesure l’implication supplémentaire dont il a fallu faire preuve pour assumer les conséquences d’une restructuration aussi importante ; une restructuration qui – je le sais – a parfois été source d’inquiétudes, malgré tous nos efforts de concertation et de communication. Mais nous n’avions pas le choix. Et, avec une profonde sincérité, je tiens à remercier chacun de son attachement aux valeurs du Service public et à nos missions si complexes de solidarité au quotidien.

Notre capacité à impulser un tel changement témoigne de la vitalité de la collectivité ; une collectivité départementale forte de tant de professionnels, au sein de la DGAS mais aussi des différentes Directions qui nous ont accompagnés, en particulier la Direction du Patrimoine ou la Direction des Ressources Humaines pour n’en citer nommément que deux.

Nous pouvons être collectivement fiers du travail accompli pour pouvoir ainsi, toujours mieux, accompagner nos concitoyens dans le concret de leurs difficultés.


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