Le 26 septembre, Henry partit de bonne heure avec Martinot. Ils allèrent loin dans les lignes allemandes à leur habitude et repérèrent plusieurs batteries, dont Martinot envoya la position par T. S. F, vers 8 heures, ils survolaient Moislains. A 8h. 1/4 ils revenaient vers nos lignes, passant au-dessus du bois de Saint-Pierre-Vaast. Ils étaient à 1600 mètres d’altitude environ. A ce moment on aperçoit, cinq avions allemands qui les survolaient, du type Wallfisch probablement, avions de chasse nouveaux alors et, très redoutables. Soudain l’un d’eux se détache du groupe et pique sur le Farman qu’il attaque par derrière : on entend la mitrailleuse. L’avion français gravement atteint se met en vrille et, tombe. Vers 7 à 800 mètres, on le voit se redresser, il essaye de tenir tête. Cette fois, il est attaqué par plusieurs avions, trois, d’après la plupart des témoins. Le comhat est court; très rapidement, le Farman désempare se met en vrille pour la seconde fois. On le voit encore tenter un suprême effort pour se redresser, puis la chute recommence plus rapide, l’avion n’est plus gouverné : peut être le pilote est-il déjà mort… Tout à coup, une grande flamme, c’est l’appareil qui prend feu, Quelques secondes encore, on le voit tourbillonner, puis il s’écrase sur le sol, à l’est de Rancourt, à quelques centaines de mêtres des lignes françaises.
En deux ans de guerre, Henry avait fait plus de 500 heures de vol, avait, exécuté 15 bombardements, livré 31 combats, abattu ou gravement touché 3 avions ennemis. Son avion avait été atteint de 49 balles et de 147 éclats d’obus, cinq pilotes où observateurs avaient été blessés au cours de vols qu’ils exécutaient avec lui. Ces chiffres disent bien peu de chose. Ils ne peuvent exprimer le principal : les services qu’il a rendus, l’influence qu’il a eue par son exemple, par sa connaissance du métier par son sens tactique et, surtout, la profonde douleur qu’ont ressenti, à l’annonce de sa mort, tous ceux qui le connaissaient et, par conséquent, qui l’aimaient.
C’est le 26 septembre, vers huit heures, que Henry et Martinot, sont tombés luttant, contre plusieurs avions allemands (type Roland); la chute a eu lieu à cinq cents mètres environ au sud-est de Rancourt, entre la grande route Péronne-Bapaume et le bois Saint-Pierre-Wast. Ils revenaient d’une reconnaissance au-dessus de Moislains et allaient rentrer dans nos lignes, quand ils furent attaqués par trois ou quatre avions rapides. Henry pilotait son appareil Farman. La chute a été vue à environ deux kilomètres par un aviateur de l’escadrille d’Henri, le lieutenant Kahn, qui dit avoir aperçu un appareil français descendu, à huit cents mètres de hauteur environ par des avions ennemis, l’appareil semblait en flammes en atterrissant, deux corps parurent tomber de l’appareil ou au moins un. Kahn ne savait pas à ce moment que c’étaient Henry et Martinot, qui étaient dans cet, appareil.
* Citation n° 160 à l’ordre de la 4ème armée du Slt Henry du Ponton d’Amécourt, observateur à l’escadrille C 21, en date du 7 janvier 1915 : « Observateur en aéroplane chargé du secteur de l’Argonne; a pris part à de nombreuses reconnaissances, rapportant des renseignements précis et exacts même par des temps particulièrement défavorables, sur une région boisée, d’observation difficile et malgré le feu de l’artillerie ennemie. »
* Citation n° 293 à l’ordre de la 4ème armée du Slt Henry du Ponton d’Amécourt, observateur (du service aéronautique), en date du 24 juin 1915 :« Officier de grande valeur a rendu, depuis le mois de septembre, les plus grands services cornme observateur ; a pris part à de nombreuses reconnaissances et, missions de bombardement, en particulier le 3 juin 1915 (Q. G. du Kronprinz) et le 15 juin 1915 (Karlsruhe). »
* Citation n° 384 à l’ordre de la 4ème armée du Slt Henry du Ponton d’Amécourt, observateur de l’escadrille V 21, en date du 7 octobre 1915 : « A huit fois, en vingt jours, au cours de missions diverses, livré des combats aériens acharnés. Le 22 septembre 1915, ayant épuisé les munitions de sa mitrailleuse sur un avion ennemi à deux mitrailleuses, est revenu à la charge avec une simple carabine et a déterminé son adversaire à fuir. A eu son appareil atteint de sept balles, toutes à proximité de lui. »
* Chevalier de la Légion d’Honneur et citation n° 1889 à l’ordre de l’armée du Ltt Henry du Ponton d’Amécourt, observateur de l’escadrille V 21, en date du 28 octobre 1915 : « Observateur des plus remarquables, joignant aux plus rares qualités professionnelles un allant, un courage, une énergie, hors de pair. A livré combat très fréquemment à des avions ennemis et leur a toujours imposé sa supériorité; au cours des opérations s’est dépensé jusqu’à l’extrême limite et a apporté à l’artillerie, au prix des plus grands dangers, un concours particulièrement efficace. »
* Citation n° 406 à l’ordre de la 4ème armée de l’escadrille V 21, en date du 7 octobre 1915 : « A rendu, pendant les opérations, des services tout à fait exceptionnels, grâce à la compétence et à l’énergique impulsion de son chef, le capitaine Guichard, a courage, à l’ardeur et au dévouement absolu de tout son personnel. »
* Citation n° 138 à l’ordre de la 7ème armée du service aéronautique du 7ème corps d’armée, en date du 7 septembre 1916 : « Sous les ordres de leur chef, le capitaine Pastier, ayant pour adjoint le capitaine Charpentier, les aviateurs et aérostiers du 7ème Corps d’Armée (Escadrille C.43, M.F.72, F.211 et 215, et les 21ème, 29ème, 46ème et 62ème compagnies d’Aérostiers), ne craignant ni le mauvais temps, ni l’ennemi, mettant toute leur ardeur dans la lutte, ont toujours su voir vite et bien, renseigner rapidement, et ont ainsi largement contribué au succès du Corps d’Armée dans la bataille de la Somme. »
* Citation n° 44 à l’ordre de l’artillerie lourde du 7ème corps d’armée du Ltt Henry de Ponton d’Amécourt, commandant la 1/2 escadrille 211, en date du 17 septembre 1916 : « Chef de la 1/2 escadrille 211 adjointe à l’Escadrille 215 pour la collaboration avec l’A.L. 7, en août et, septembre 1916, a, par ses qualités d’initiative, de hardiesse et d’endurance, et par sa haute valeur professionnelle, largement contribué à l’efficace rendement, du travail des avions en union avec l’A.L. 7. »
* Citation n° 407 à l’ordre de l’armée, à titre posthume, du Ltt Henry De Ponton d’Amécourt, de la section AL F 211, en date du 28 octobre 1916 : « Officier de tout premier ordre, pilote hors ligne, joignant à une grande habileté une valeur professionnelle et une grande bravoure. Commandant l’Escadrille 211, a toujours montré l’exemple en accomplissant lui-même les missions les plus périlleuses. A trouvé, le 26 septembre 1916, une mort glorieuse au cours d’un combat contre trois avions ennemis. »

