Lettre ouverte à Jean-François Copé, Secrétaire Général de l’UMP

Monsieur le Secrétaire Général, je vous en conjure, il y va de l’unité de notre parti. Que vous soyez notre Président, ou notre Secrétaire Général, vous êtes de toute façon responsable de cette situation, car depuis 3 ans, c’est vous le patron ! Quand un scrutin connaît des irrégularités, on se retourne vers celui qui l’a organisé… Quand celui-ci était aussi candidat, le doute s’installe.

Monsieur le Secrétaire Général,

Le dimanche 18 novembre 2012 avait lieu au sein de notre mouvement un vote pour la Présidence de l’UMP.

A ce jour, les résultats de ce vote sont incertains. Les deux candidats à la candidature sont séparés de quelques voix seulement.

Nous sommes à 4 jours du vote, et personne ne peut affirmer haut et fort, le nom du nouveau Président de notre parti politique. C’est un immense gâchis.
La COCOE a proclamé les résultats Lundi soir : « Jean-François Copé élu ». Mardi elle s’est aperçu qu’elle avait oublié 3 bureaux de vote. Si elle les prend en compte, c’est François Fillon qui est élu. Mercredi elle annonce qu’elle n’en tiendra pas compte. L’équipe du candidat Copé, qui avait pourtant validé les résultats de la COCOE lundi soir, annonce qui si ont ajoute les 3 bureaux de votes manquant, il attaquera les résultats qu’il avait acceptés…

Le but de cette élection était d’adopter la charte de nos valeurs, de choisir une ligne politique, et de choisir un Président.

Force est de constater que depuis 4 jours :

  • nos dirigeants font le contraire de la charte des valeurs adoptées par les militants : fracture morale.
  • Il n’y a plus, au sein de l’UMP de ligne politique forte, quand la France en a justement besoin ;
  • Les deux candidats à la Présidence sont ex-æquo, nous n’avons donc plus de Président !

Monsieur le Secrétaire Général, vous étiez chargé de l’organisation de ces élections. Les militants de l’UMP attendent de votre part, des réponses aux questions, des excuses et des explications :

  • Pourquoi dans la 1ère phase de cette élection, le processus de recherche des parrainages, seul 1 candidat disposait de la liste des adhérents, quand les autres ramaient pour trouver des parrains ?
  • Pourquoi, notre Secrétaire Général, dans la mesure où il était lui-même candidat, n’a-t-il pas accepté, comme cela lui était proposé le 27 août, de prendre du recul par rapport au parti, et d’en confier la direction temporaire à Michèle Alliot-Marie ? Nous nous apercevons aujourd’hui, combien il serait plus simple que la direction du partie soit impartiale …Quand un scrutin connaît des irrégularités, on se retourne vers celui qui l’a organisé… Quand celui-ci était aussi candidat, le doute s’installe.
  • Pourquoi a-t-il fallu attendre une lettre d’Alain Juppé et de Bernard Accoyer, le 5 septembre, pour que l’ensemble des militants soit informés de la possibilité qu’ils avaient de parrainer un candidat, et que les parrainages affluent d’un peu partout ?
  • Pourquoi Bruno Le Maire et Nathalie Kokiusko-Morizet ont-ils été, par cette méthode peu démocratique, empêchés de se présentés ? Pourquoi n’a –t-on pas accepté de prolonger les délais de recueil des parrainages de quelques jours, comme ils le demandaient ?
  • Pourquoi n’avons-nous pas voté par Internet, comme cela s’est toujours fait à l’UMP, empêchant ainsi de très nombreux militants de s’exprimer sur le choix du Président de notre mouvement et sur les motions ?
  • Une fois le mode de vote choisi, pourquoi le nombre de bureaux de vote a-t-il été aussi ridiculement bas, générant des files d’attente énormes et une ambiance peu propice à la sérénité lors des opérations de vote ?
  • Pourquoi l’UMP n’a-t-elle pas assumé le coût de la campagne des 2 candidats ? D’où venait les moyens financiers de notre Secrétaire Général (invitations par courrier, email en masse, SMS de « bon anniversaire », messages vocaux, affrètement de bus…), quand notre ancien 1er Ministre ne disposait que de maigre dons ? Dans ce même ordre d’idées, est-il prévu la publication des comptes de campagne des deux candidats ?
  • Listes électorales : comment se fait-il enfin que les listes électorales aient été réalisées depuis Paris, sans validation des Fédérations ? La COCOE a-t-elle validé les listes électorales ? Si elle ne l’a pas fait, qui l’a fait ? Comment se fait-il que certains militants ayant pourtant adhéré avant le 30 juin n’ait pas été pris en compte ? Comment se fait-il que des personnes qui avaient fait un don pour la campagne de l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République, ait été inscrite en tant que militant sans l’avoir demandé ?
  • Comment se fait-il enfin qu’après les errements de la COCOE et les déclarations de son Président, sur je cite « l’inadéquation des statuts de notre mouvement à l’exercice de la démocratie », le Secrétaire Général du Parti n’ait pas présenté des excuses à l’ensemble des militants ?
  • Pourquoi avez-vous annoncé dès Dimanche soir, que vous étiez élu avec 1000 voix d’avance ? Le faisiez vous en tant que Secrétaire Général ou en tant que candidat ?

Monsieur le Secrétaire Général, je vous en conjure, il y va de l’unité de notre parti.

Au nom de l’UMP, présentez vos excuses aux militants pour tous les défauts de cette organisation.

Prenons du recul quelques temps pour laisser la place à une direction collégiale sous la responsabilité d’Alain Juppé.

  • Préservons l’unité de notre parti.
  • Respectons la charte des valeurs que nous avons adoptée ensemble.
  • Reconnaissons collectivement nos erreurs et annulons l’élection du Président, tout simplement.
  • Dans les jours et les semaines qui viennent, révisons nos statuts, notre organisation, en s’appuyant sur les représentants des différentes motions.

La France est plus grande que l’UMP, l’UMP est plus grande que chacun de nous !

Les militants ont droit au respect, et depuis quelques jours, on ne les respecte pas !

Que vous soyez notre Président, ou notre Secrétaire Général, vous êtes de toute façon responsable de cette situation, car depuis 3 ans, c’est vous le patron !
Alors, assumez vos responsabilités !

Yves d’Amécourt

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16 commentaires sur “Lettre ouverte à Jean-François Copé, Secrétaire Général de l’UMP”

  1. Oui Yves, il serait tant de respecter tous les militants adhérents qui se sont déplacés pour écouter les discours puis pour voter en faisant pour certains des heures de queue, bref sans lesquels l’U.M.P n’existerait pas ! Tous ceux qui ont applaudi avec enthousiasme leur candidat et qui en sont pour leur frais et se demandent comment va finir ce mauvais feuilleton. Par pitié, STOP !

  2. Cher Yves,

    Nous sentons ta profonde déception… Moi j’ai voté Copé. Fillon nous a fait un discours de Président. Mais nous on voulait un roquet…alors on a voté Copé.

    On ne savait pas tout ça.

    Amicalement.

    André.

  3. Vous poser effectivement les bonnes questions. Autre pb posé par les listes : dans le bureau que je co-présidait, des adhérents depuis plusieurs années à l’UMP, ont renouvelé par couple (35€) en cours d’année. Quand ils se sont présentés dans le bureau de vote, un seul était présent sur les listes et pouvait voter.

  4. Cette lettre traduit exactement la pensée de milliers de militants. Le vote de Dimanche a été organisé en dépit du bon sens , et sans aucun souci de l’équité. Que le « Président »auto-proclamé commence par s’en excuser, avant de se retirer et d’attendre les conclusions de la Commission JUPPE. Je souhaite pour ma part de nouvelles élections, et de nouvelles candidatures.

  5. Le problème n’est pas là. S’il y a des erreurs de comptage des voix, il faut recompter. Que le résultat ait été approuvé par qui que ce soit, on s’en moque…

    Le suffrage doit être le seul à décider de qui sera le président. Ne pas tenir compte des suffrages serait bafouer une des règles de la république.

    Finalement, gauche ou droite, c’est pareil. Pas un pour rattraper l’autre.

  6. Il faut absolument revoter;ce qui permettra de rebattre les cartes et de prendre toutes les précautions afin de mettre en place des élections dont les résultats seront INCONTESTABLES
    Bernard SETRIN

  7. @ bosco,
    Recompter ? Non, c’est incomptable.
    Tout est par terre et, au vu des conditions dans lesquelles s’est déroulé le scrutin, entaché de nullité .

    Ceux qui disent accepter la médiation et le rôle à venir de M. Juppé et qui considèrent dans le même temps que seule la commission de recours peut rendre des conclusions juridiquement recevables ne veulent au fond en rien revenir sur leur position. En fait, ils n’acceptent rien du tout.
    Cette commission de recours n’a en réalité, depuis le début, que peu d’autorité du fait de la partialité des membres qui la composent. La neutralité de ceux-ci s’imposait obligatoirement comme condition sine qua none.

    Les derniers propos proférés : « je n’accepterai jamais qu’on truande un vote », qu’on « me vole ma victoire », sont à la limite de l’insulte.

  8. Et bien bravo M. D’Amecourt ! Dès l’instant que Fillon a été déclaré perdant, vous souhaitez que les 2 candidats se retirent … C’est facile, quel courage !
    Maintenant vous posez de nombreuses questions, vous êtes un visionnaire à posteriori …
    Relisez votre discours démagogique de Gradignan, que j’ai subi en direct, et vous comprendrez comment on en est arrivé à un point de non retour. Vous tenez des propos populistes en voulant faire croire que vous représenter les citoyens.
    J’espère que M. Juppé sauvera l’UMP ou ce qu’il en reste car les 2 candidats à la présidence sont « cramés » comme l’a justement dit B. Apparu.
    Arrêtez d’idéaliser béatement F. Fillon qui ne parvient pas à représenter nos valeurs, et quant à vous, ultra minoritaire en Gironde, faîtes preuve d’un peu plus d’humilité SVP, plutôt que de vouloir donner des leçons à JF Copé dans votre lettre ouverte.
    Restez un peu à votre place au lieu de lancer de si médiocres propositions et de faire des procès à votre propre famille politique.
    Respectueusement.

  9. Cher Yves
    Les élections ont été organisées et réalisées en amateur ou dirigées et ça donne le résultat présent. Il nous semble qu’aucun candidat ne peut se prévaloir de la victoire. Il faut que les statuts soient modifiés pour permettre une plus grande facilité d’accession à la candidature, que de nouvelles élections soient organisées et que, pendant la période transitoire, une personnalité indépendante et n’ayant pris parti pour aucun des deux, ne prétendant pas à la candidature pour la présidence de l’UMP, soit installée comme secrétaire général pour organiser ces nouvelles élections, ce ne peut être quà ce prix que l’UMP pourra redevenir crédible si c’est encore possible. Faute de telles dispositions beaucoup de militants UMP partiront à l’UDI, nous les premiers.
    Amicalement

  10. Avec tous les commentaires et analyses que l’on entend ici ou là, depuis Lundi, je crois que la seule solution est de « passer » par un autre président (désigné temporairement ou nouveau vote sur un autre candidat), mais les 2 prétendants sont grillés…pour l’instant…ou à défaut définitivement dans l’esprit des Français (parce que tout le monde pense au candidat 2017….).
    Cdlt

  11. Charles Baudelaire

    Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
    Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
    Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
    Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

    Quand la terre est changée en un cachot humide,
    Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
    S’en va battant les murs de son aile timide
    Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

    Quand la pluie étalant ses immenses traînées
    D’une vaste prison imite les barreaux,
    Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
    Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

    Des cloches tout à coup sautent avec furie
    Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
    Ainsi que des esprits errants et sans patrie
    Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

    – Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
    Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,
    Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
    Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

    (Spleen : Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle)

  12. J’ai été élu Trésorier de l’Ump par le Bureau Politique en Septembre 2010 en totale confiance avec le Président et le Secrétaire Général de l’époque.
    Les conditions ont malheureusement changé.
    J’ai donc l’honneur de présenter ma démission de cette charge.

    Pour m’en tenir à la seule Campagne interne qui vient de se dérouler, dans laquelle j’ai d’abord été candidat avant de rejoindre François Fillon, j’ai eu, depuis le mois de Juillet, de nombreuses occasions de faire entendre mes objections sur la manière dont les moyens du Parti ont été mobilisés dans cette Campagne et dont la Cocoe arbitrait les débats.

    Le malheur veut que l’issue très incertaine du scrutin qui vient de se dérouler donne une portée décisive à ces objections.

    L’égalité de traitement entre candidats aurait dû être absolument garantie. Cela n’a pas été le cas.

    Plusieurs d’entre nous avaient demandé à Jean-François Copé de se mettre en retrait du Secrétariat Général le temps de la Campagne pour éviter toute suspicion. Il l’a refusé.

    Son équipe de collaborateurs salariés de l’Ump, largement rémunérée, pas moins d’une dizaine de cadres autour de Jérôme Lavrilleux, n’a cessé, sans le moindre scrupule, de jouer un rôle très actif et ostensible pendant les 3 mois de la Campagne: représentant par exemple, tout à fait officiellement Jean-François Copé à la Cocoe, dans un mélange des genres effarant, participant à l’antenne à des débats radiodiffusés, mentionné comme référent de Jean-François sur des documents officiels de campagne,…
    On peut évaluer à plus de 200k€ l’avantage représenté sur quatre mois, par la prise en charge de cette équipe salariée par le Mouvement.

    Je ne reviendrai pas sur le triste épisode Boutin avec cette dette de 160 k€ exhumée fort opportunément au lendemain même du ralliement de Christine à Jean-François Copé alors que ce dernier avait choisi de l’enterrer au lendemain des Présidentielles.

    Le siège social de la rue de Vaugirard lui même a été utilisé sans discontinuer comme siège de Campagne et jusqu’au soir de l’élection devant les caméras de France et de Navarre! (300 k€ sur 4 mois?).

    Les moyens de communication du parti ont été mobilisés au seul profit de Jean-François Copé. Le site internet a compté en moyenne 4 photos de lui en Une chaque jour depuis le mois de Juillet.

    La redoutable machine à SMS et mails a marché à plein régime auprès de milliers de militants: j’ai moi-même reçu un SMS pour mon anniversaire le 1er Septembre…tellement peu personnalisé que Jean-François m’y vouvoyait…

    Que dire de choses plus anodines mais tellement révélatrices comme les notes de frais des collaborateurs, ou l’achat par l’ump du livre de
    Campagne de Jean-François pour plus de 3000€…

    Deux Cadres de la rue de Vaugirard ont eu le malheur de faire connaitre leurs scrupules ou leurs objections. Ils ont été sermonnés par Eric Césari et ne sont plus dans la Maison aujourd’hui.
    David Biroste, directeur des affaires juridiques, secrétaire de la Cocoe et de la Commission des recours (…) a été mis à pieds du jour au lendemain, puis licencié à quelques semaines du scrutin pour faute grave. En réalité, pour avoir osé rappeler à haute voix à la cocoe qui tentait de s’en  » accomoder » que le Bureau Politique avait expressemment interdit la mention du nom de Nicolas Sarkozy dans l’intitulé des motions.
    Il traine aujourd’hui l’ump devant les Prud’hommes pour licenciement abusif.
    Christophe Laroche, directeur informatique, ayant la haute main sur les fichiers a préféré partir.
    Il a démissionné 2 jours avant l’élection, écoeuré par l’usage inéquitable du fichier du Mouvement qu’on lui demandait de mettre en oeuvre.

    Soyons clairs, dans n’importe quelle élection avec un résultat aussi serré, le juge électoral annulerait le scrutin au motif de l’utilisation abusive des moyens collectifs par l’un des candidats. Dans un contexte où le Mouvement est exsangue (J’ai à maintes reprises tiré la sonnette d’alarme sur le fait que le déficit de trésorerie atteindra plus de 50 millions d’euros en Juin prochain) et devra faire face à un plan de redressement douloureux sur lequel nous nous sommes engagés auprès des banques mais dont les décisions tardent à être mises en oeuvre, ces abus revêtent à l’évidence un aspect moralement inacceptable.

    Les 50 000€ de dédommagement proposés à chacun des 2 candidats prennent quant à eux des allures d’alibi.

    Dans le cas d’un résultat très serré, et
    par ailleurs contestable et contesté, on voit comme tous ces exemples prennent une portée qui entache la moralité, la sincérité, et au final la légitimité du scrutin et de celui qui s’en proclame vainqueur.

    Sur toutes ces questions, nous avons besoin d’un sursaut autant moral que statutaire.

  13. Cher Monsieur,

    Merci pour votre courrier, je suis tout à fait d’accord avec vous mais il y a tellement de personnes qui

    ne comprennent rien à ce qui se passe.

    S’il le faut nous aurons un autre mouvement mais l’effet JFC est désastreux

    Bien amicalement

    L.

  14. Non, l’UMP n’est pas LAMENTABLE !
    Oui, certains à l’UMP le sont !

    François Fillon le travailleur discret, après tant d’années de vie politique sans aucun scandale, est bien courageux de s’être lancé dans ce feuilleton à rebondissements, pour l’honneur de l’UMP.

    L’UMP est FORMIDABLE !
    Sauvons l’UMP !

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