Philippe Madrelle se prend les pieds dans le tapis…

« Budget 2008, vers une pause fiscale ». Après avoir expliqué depuis des mois que « l’Etat se désengage », que « les charges transférées ne sont pas compensées », que « le compte décidément n’y est pas »… Philippe Madrelle admet aujourd’hui dans Sud-Ouest (et hier soir sur TV7), que finalement on n’aura pas besoin d’augmenter les impôts des Girondins… Alors elle coûte ou elle ne coûte pas cette décentralisation ? Allez comprendre ?

La vérité, c’est que les dépenses sont exactement compensées :

  • par les compensations prévues dans la loi de décentralisation.
  • par l’augmentation mécanique des « droits de mutation » qui est un impôt indirect sur le marché immobilier, décidé par l’Etat et déjà perçu par le Conseil Général.

En admettant hier soir qu’en 2008 on n’augmentera pas les impôts (ou si peu), Philippe Madrelle admet du même coup que les charges décentralisées ne génèreront pas d’impôts supplémentaires pour les Girondins…

C’est exactement le sens de mon intervention le 27 mars dernier.

Le lendemain de mon intervention, le texte m’en avait été demandé par le Cabinet du Président… Un signe qui ne trompe pas !

CQFD !

1 commentaire pour “Philippe Madrelle se prend les pieds dans le tapis…”

  1. Dans leur principe les lois de décentralisation nées il y a plus de 25 ans avec Gaston DEFERRE étaient sensées apporter un réel et salutaire bouleversement dans notre système Jacobin.

    J’avoue que, bien qu’en total désaccord avec les évènements de 1981, auxquels Certain de nos chefs n’a pas été étranger, j’y ai espéré une réelle reprise en main des intérêts économiques locaux, et plus tard régionaux, contre une concentration dévastatrice.

    Sauf qu’il a manqué tout le temps de la gauche les moyens d’y faire face. Je ne parle pas des moyens en hommes, car ces dispositions ont générés un boom -au mauvais sens du terme- absolument extraordinaire de la fonction publique territoriale, créée dans la foulée.

    Déjà particulièrement implantée dans la fonction publique d’État, les élus socialistes y ont immédiatement vu un extraordinaire moyen de propagande en attribuant des postes à tour de bras.

    Le Conseil Général s’est très vite doté d’une superpuissance fonctionnaire, dans laquelle les "administrateurs territoriaux" équivalent des administrateurs civils…sauf pour leur formation (mais ce n’est peut-être pas une bonne référence), ont poussé comme les cèpes en bonne saison. Cet envahissement, qui, au fil du temps, s’est engrossé, des curieuses manipulations génétiques, des Région, des communautés de communes et autres entités superfétatoires, n’a fait qu’empirer la situation.

    Tout l’art de ces experts de la confusion a consisté à appeler des transferts de compétences…dont on voit aujourd’hui ce qu’ils donnent avec l’obligation de revoir la carte judiciaire, de l’enseignement, des unités administratives (fiscales, sociales) de tous bords, pour y placer tous leurs copains, et de s’asseoir ensuite au bord du marais pour faire comme les grenouilles et appeler un roi au geste munificent.

    J’aurais cru, naïvement je l’avoue, que la décentralisation serait un formidable tremplin pour relancer la France. Pas du tout ! Il y a d’un côté les "décentralisés" et leurs nouveaux maîtres, et la France, dont on voudrait tout attendre sans rien lui donner.

    JP RAFFARIN, comme ton rapport le souligne, et ses successeurs, ont considérablement redressé les hérésies, et réajusté les financements ; mais faut-il vraiment s’étonner de la dialectique de ces sectaires qui, à leur encontre, modulent leurs discours au gré du besoin électoraliste du moment. Quoi qui soit fait, rien ne sera bon si leurs propres errements n’en sont pas les géniteurs dopés à l’amphétamine des urnes.

    Certes on ne peut pas tenir ce discours lorsqu’on est un élu responsable, sinon rien ne serait possible et malgré tout, au nom de la "légitimité" du suffrage universel, il faut bien essayer de travailler ensemble ! Mais bravo pour tes interventions bien documentées et ton art d’opposer le bon sens à la démagogie de nos adversaires politiques.

    Bien à toi

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