
Il est des décisions qui méritent d’être expliquées simplement.
Lors du dernier conseil municipal, il nous a été proposé d’adhérer à l’Agence France Locale, un organisme de financement des collectivités. Cette adhésion s’accompagne d’une prise de participation (24 000 €) et surtout d’un engagement que l’on appelle une « garantie à première demande ».
J’ai voté contre. Non par principe, mais par prudence.
L’idée, au départ, est séduisante. Après la disparition de Dexia, les collectivités ont cherché à reprendre la main sur leur financement. L’Agence France Locale est née de cette volonté : emprunter ensemble, en s’appuyant sur la solidité collective. Mais derrière cette idée simple se cache un mécanisme plus exigeant.
Car adhérer à ce système, ce n’est pas seulement emprunter autrement. C’est aussi accepter que, si une autre collectivité ne peut pas rembourser, la nôtre puisse être appelée à payer à sa place. Et cela rapidement, sans délai. Tout repose donc sur une solidarité. Une solidarité réelle, mais qui engage.
Dès lors, une question s’impose, presque évidente : notre commune a-t-elle les moyens de faire face à un tel engagement ?
Notre situation financière est connue. Notre commune porte déjà une dette importante. Elle a décidé, hier soir, d’accroitre encore sa dette dans les années qui viennent. Ses marges de manœuvre, comme je l’ai expliqué hier soir, sont limitées. Cela appelle à la prudence.
Car si, demain, un appel en garantie devait intervenir, il faudrait trouver les fonds. Rapidement. Peut-être en empruntant. Peut-être en différant certains projets. Peut-être autrement. Ce risque est sans doute faible. Mais il existe. Et surtout, il ne dépend pas de nous.
On nous explique que l’Agence France Locale permet d’obtenir de meilleures conditions d’emprunt. C’était sans doute vrai à une époque. Cela l’est beaucoup moins aujourd’hui, où les banques financent les collectivités à des taux très compétitif Autrement dit, le bénéfice attendu est incertain. Le risque, lui, est bien réel.
Je ne conteste pas l’intérêt de ce modèle pour certaines collectivités, plus solides, mieux dotées en ressources, capables d’absorber un aléa. Mais chaque décision doit être appréciée à l’aune de la situation concrète de la commune. La nôtre appelle, compte tenu de la dérive observée ces dernière années, à une gestion mesurée.
Mon vote est donc un vote de prudence.
Il ne s’agit pas de refuser l’innovation. Il s’agit simplement de ne pas ajouter un engagement supplémentaire à une situation déjà contrainte. En matière de finances publiques, la responsabilité commence par une question simple : serons-nous en mesure de faire face à nos engagements ? Dans le cas de Sauveterre, la réponse est non.
C’est pourquoi j’ai voté contre.
