Une brève histoire de l’avenir

Jacques Attali raconte ici l’incroyable histoire des cinquante prochaines années telle qu’on peut l’imaginer à partir de tout ce que l’on sait de l’histoire et de la science. Il envisage la façon dont évolueront les rapports entre les nations et comment les bouleversements démographiques, les mouvements de population, les mutations du travail, les nouvelles formes du marché, le terrorisme, la violence, les changements climatiques, l’emprise croissante du religieux viendront, selon lui, chahuter notre quotidien.

Il imagine aussi comment des progrès techniques stupéfiants bouleverseront le travail, le loisir, l’éducation, la santé, les cultures et les systèmes politiques ; comment des moeurs aujourd’hui considérées comme scandaleuses pourraient être un jour admises.

Il essaye de démontrer, enfin qu’il serait possible d’aller vers l’abondance, d’éliminer la pauvreté, de faire profiter chacun équitablement des bienfaits de la technologie et de l’imagination marchande, de préserver la liberté de ses propres excès comme de ses ennemis, de laisser aux générations à venir un environnement mieux protégé, de faire naître, à partir de toutes les sagesses du monde, de nouvelles façons de vivre et de créer ensemble.

Extrait du livre :

« Pour comprendre ce que peut être l’avenir, il me faut raconter à grands traits l’histoire du passé. On verra qu’il est traversé par des invariants et qu’il existe comme une structure de l’Histoire permettant de prévoir l’organisation des décennies à venir.
Depuis les temps les plus reculés, tout groupe humain s’est organisé autour d’une richesse, d’une langue, d’un territoire, d’une philosophie, d’un chef. Trois pouvoirs ont toujours coexisté : le religieux, qui fixe le temps des prières, rythme la vie agricole et détermine l’accès à la vie future ; le militaire, qui organise la chasse, la défense et la conquête ; le marchand qui produit, finance et commercialise les fruits du travail. Chacun de ces pouvoirs maîtrise le temps en contrôlant les instruments de sa mesure : observatoires astronomiques, sabliers, horloges pointeuses.
Dans toutes les cosmogonies, trois dieux dominent tous les autres et mettent en scène cette trinité du pouvoir : les Latins les nomment Jupiter, Mars et Quirinus – dieux des dieux, de la guerre et de l’argent. En dessous, le royaume des hommes ordinaires. En dessous encore, un pouvoir différent traverse tous les autres et en prendra peut-être un jour la place : le féminin, qui maîtrise la reproduction des générations et la transmission du savoir.
Tour à tour, chacun des trois pouvoirs dominants (religieux, militaire et marchand) a contrôlé les richesses. On peut alors raconter l’histoire de l’humanité comme la succession de trois grands ordres politiques : l’Ordre rituel, où l’autorité est essentiellement religieuse ; l’Ordre impérial, où le pouvoir est avant tout militaire ; l’Ordre marchand, où le groupe dominant est celui qui contrôle l’économie. L’idéal du premier est théologique ; celui du second, territorial ; celui du troisième, individualiste. »

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